→ APRÈS UN TRAITEMENT CHIRURGICAL
Le cancer et ses traitements peuvent avoir d’importantes conséquences sur la sexualité. Même si elles sont temporaires, il est nécessaire de vous donner des explications et de répondre à vos questions et à vos inquétudes.
• Les troubles de l’érection (jadis appelés « impuissance »)
Des opérations commAprès un traitement chirurgicale l’ablation complète de l’ensemble de la prostate, ou de la vessie étendue à la prostate, ou du rectum, peuvent altérer des nerfs et parfois des artères qui contrôlent l’acte sexuel notamment l’érection.
Elle peut devenir insuffisante ou impossible alors que la sensibilité de la peau de la verge et la sensation d’orgasme peuvent rester normales. L’ablation complète de la prostate peut entraîner l’ablation de nerfs sectionnés lors de l’opération, d’où une insuffisance d’érection dans 60 % à 90 % des cas selon l’âge.
Les patients jeunes conservent plus facilement une érection que les patients âgés.
Vouloir conserver à tout prix des fibres nerveuses, n’évite pas l’insuffisance érectile qui peut atteindre 30 % chez les patients de moins de 60 ans et 70 % chez ceux de plus de 70 ans.
La chirurgie large du cancer de la prostate, du rectum et de la vessie altère rarement le désir. L’orgasme reste souvent possible bien que parfois diminué.
• Les troubles de l’éjaculation
Une opération complète de la prostate provoque aussi l’absence d’évacuation de sperme, les cellules du sperme n’étant plus mélangées avec le liquide produit par la prostate. L’homme peut avoir un orgasme sans émission de sperme, c'est-à-dire qu’il n’aura que les contractions rythmiques et involontaires des muscles. Cela est également le cas après une intervention qui enlève dans le même temps, la vessie et la prostate. D’autres interventions peuvent aboutir à une éjaculation « rétrograde », c’est-à-dire dans la vessie et non vers l’extérieur en raison du mauvais fonctionnement de la valve située entre la vessie et l’urètre qui, en temps normal, se ferme au moment de l’éjaculation. Ainsi, en urinant, l’homme produit une urine mélangée à son sperme.
Celui-ci peut être récupéré en cas de désir de fécondation.
Le phénomène d’éjaculation rétrograde survient parfois après résection (ablation localisée) de la prostate par les voies naturelles (à travers l’urètre), après une résection du rectum ou après l’ablation des ganglions lymphatiques autour de l’aorte dans certains cas de cancer testiculaire. Dans ces trois opérations, des nerfs qui entourent ces organes peuvent être lésés par l’opération. Après ablation des ganglions autour de l’aorte, il peut se passer un à trois ans avant récupération de l’éjaculation par les voies naturelles. Des médicaments peuvent éventuellement aider à combattre l’éjaculation rétrograde.
• La stérilité
En cas d’ablation des deux testicules pour une tumeur bilatérale, un traitement substitutif par testostérone est nécessaire. L’ablation des deux testicules aboutit à une stérilité et non pas à des troubles de l’érection si un traitement substitutif est prescrit. Du sperme peut avoir été conservé préalablement dans une « banque de sperme », appelée CECOS (Centre d’Etude et de Conservation des OEufs et du Sperme humains), présente dans tous les grands hôpitaux.
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