COMITÉ ÉTHIQUE ET CANCER, 1ÈRE SAISINE
Georges B., soigné pour un cancer du poumon dans un établissement de la région parisienne, était âgé de 45 ans lorsque les médecins lui annoncent qu’il est en situation d’échec thérapeutique. Il leur demande alors de n’en rien dire à sa famille. Au sortir de la chambre, ceux-ci sont interpellés par l’épouse du malade, 40 ans, qui exige de connaître la vérité au motif qu’elle a 3 enfants en bas âge (6, 8 et 12 ans) et que cette situation rendrait nécessaire pour elle de reprendre une activité professionnelle interrompue depuis 8 ans.
Le seul désir de Georges suffit-il pour justifier un quelconque mutisme des médecins ? D’un autre côté, a-t-on le droit de passer outre son souhait pour satisfaire celui de son épouse confrontée à des obligations vitales ? Est-ce aux seuls médecins de trancher ? Ont-ils intérêt à informer l’épouse sans en avertir Georges ? Pris en étau entre deux demandes inconciliables, peuvent-ils aider à un rapprochement des points de vue ? Pour y parvenir, la volonté de Georges devra être transgressée. Peut-on enfreindre la loi en ne respectant pas la confidentialité de cette demande ?
Cette saisine pose un réel problème éthique, celui d'une opposition entre deux principes moraux forts : le secret professionnel garant de l'intimité des personnes et base d'une relation de confiance entre le médecin et son malade, d'une part ; l'assistance à une famille en détresse, d'autre part.
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