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LE CANCER > LES TYPES DE CANCERS

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CANCER DE L'ENDOMÈTRE

Cette rubrique a pour but de vous informer pour mieux comprendre ce qu'est cette maladie.
Comme chaque cas est unique, seul le dialogue avec votre médecin vous permettra de bien comprendre votre situation.

 Les points essentiels

Environ 5.000 nouveaux cas de cancer de l'endomètre sont diagnostiqués chaque année. Il touche le plus souvent la femme après la ménopause.
Le cancer de l'endomètre est un cancer glandulaire, encore appelé "adénocarcinome".
Le facteur de risque essentiel est une exposition accrue aux estrogènes (règles précoces, ménopause tardive, nulliparité, c'est à dire absence de grossesse). Le cancer de l'endomètre est également observé plus fréquemment en cas de surcharge pondérale.
Le diagnostic repose sur une biopsie de l'endomètre (prélèvement d'un fragment de muqueuse utérine)
Le traitement comporte le plus souvent l'association chirurgie-radiothérapie. 

 Ce qu'il faut savoir sur l'endomètre

L'utérus est un organe, situé dans le petit bassin, dans lequel se développe le fœtus lors d'une grossesse normale. Il comprend deux parties : le corps et le col de l'utérus. Le corps utérin est une cavité, en forme de poire, dont le fond est situé dans la partie supérieure, et qui se prolonge de chaque côté par les trompes à l'extrémité desquelles sont situés chacun les deux ovaires. Le corps utérin est constitué par une épaisse paroi musculaire, appelée le "myomètre" qui est tapissée en dedans par une muqueuse, appelée "l'endomètre".
L'endomètre est soumis aux influences des hormones (estrogènes, progestatifs) du cycle menstruel et à l'origine des règles.

 Existe-t-il différents types de cancer de l'endomètre ?

Le cancer de l'endomètre a, comme point de départ, une cellule de la muqueuse endométriale, qui est une glande : le cancer de l'endomètre est donc un cancer glandulaire, encore appelé "adénocarcinome".

 Les facteurs de risque du cancer de l'endomètre :

Le cancer de l'endomètre est un cancer fréquent chez la femme. Environ 5 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. L'incidence de ce cancer augmente avec l'âge : exceptionnel avant 35 ans, il touche le plus souvent la femme après la ménopause.

Dans la moitié des cas, le cancer de l'endomètre survient chez des femmes présentant des facteurs de risque. Il s'agit de caractéristiques propres à la personne ou de comportements, plus souvent observés chez les femmes ayant eu un cancer de l'endomètre que chez les autres.
Ces facteurs de risque sont multiples et peuvent, comme dans de nombreux cancers, s'associer.
Le rôle favorisant de l'exposition aux estrogènes a été démontré. Toutes les circonstances qui augmentent cette exposition aux estrogènes majorent donc le risque de cancer de l'endomètre, comme le début précoce des règles, la survenue tardive de la ménopause ou le fait de ne pas avoir eu d'enfants. C'est pourquoi la prescription d'estrogènes est systématiquement associée à la prise de progestérone, que ce soit dans le cadre d'une contraception orale ou d'un traitement hormonal substitutif de la ménopause.

Il a été prouvé que la prise de tamoxifène (un anti-estrogène prescrit après un cancer du sein) favorisait le développement du cancer de l'endomètre, mais il faut une très longue durée de ce traitement pour augmenter le risque d'apparition d'un tel cancer. Ce risque reste d'ailleurs faible et bien inférieur aux bénéfices apportés par ce médicament dans le traitement du cancer du sein.

Une surveillance gynécologique régulière est toujours recommandée dans de tels cas.

Le cancer de l'endomètre est observé plus fréquemment en cas de surcharge pondérale.

 Prévention du cancer de l'endomètre :

On ne peut à l'heure actuelle éviter la survenue d'un cancer de l'endomètre. On peut bien entendu conseiller à une femme de diminuer ses facteurs de risque, notamment en évitant de laisser s'installer une surcharge excessive. Mais pour l'essentiel, c'est d'un dépistage précoce que dépend le bon pronostic de ce cancer.

Avec la prolongation de la durée de la vie, la fréquence du cancer de l'endomètre augmente. C'est dire l'importance de continuer à se faire suivre régulièrement sur le plan gynécologique, et ceci quel que soit l'âge.

 Dépister un cancer de l'endomètre :

Le signe d'alerte essentiel du cancer de l'endomètre est un saignement vaginal, appelé métrorragie. Tout saignement survenant après la ménopause est suspect et doit conduire à consulter son médecin qui pratiquera un certain nombre d'examens. D'autres signes moins fréquents peuvent également attirer l'attention, comme des pertes vaginales troubles ou franchement purulentes, provenant de la surinfection de la tumeur, des douleurs pelviennes, une difficulté à uriner.
Dans tous les cas, ces signes doivent vous conduire à consulter sans retard votre médecin, afin qu'il puisse faire un diagnostic à un stade précoce de la maladie.

Le diagnostic repose sur une biopsie de l'endomètre (prélèvement d'un fragment de muqueuse utérine) qui peut être faite lors d'une consultation, à l'aide d'une canule ou d'une pipette aspirant des éléments contenus dans la cavité utérine.
Cet examen peut également se faire au cours d'une hystéroscopie. Elle consiste à regarder à l'intérieur de la cavité utérine, à l'aide d'un "câble" optique, et à faire des biopsies au niveau des zones anormales.
Parfois, les biopsies sont impossibles à réaliser, soit parce que le col de l'utérus est fermé, soit parce que les saignements sont trop importants. Il faut alors pratiquer un curetage de la muqueuse après dilatation du col. Cet examen se fait sous anesthésie générale.

Une échographie utérine est souvent prescrite car elle permet de mesurer l'épaisseur de l'endomètre et d'apprécier son aspect.

L'IRM (Imagerie par résonance magnétique) peut orienter le diagnostic dans certains cas en montrant un épaississement de l'endomètre, localisé ou diffus.

Le diagnostic posé, d'autres explorations seront effectuées pour préciser la taille et l'extension, tant au niveau de l'utérus qu'aux organes voisins de la tumeur : scanner pelvien ou lymphographie (radiographie des ganglions lymphatiques du petit bassin et de l'abdomen, effectuée après injection dans une veine du membre inférieur d'un produit dit de contraste, c'est à dire visible sur les radiographies).

Pour bien adapter le traitement, il est nécessaire de déterminer le stade du cancer, celui-ci étant le reflet de son degré d'extension. Pour le cancer de l'endomètre, on se sert d'un système mis au point par la FIGO (Fédération Internationale de Gynécologie et d'Obstétrique) qui classe le cancer selon des stades allant de I à IV :
  Stade I  : Le cancer est limité au corps de l'utérus
 - IA - tumeur limitée à l'endomètre
 - IB - tumeur envahissant la moitié intérieure de la paroi musculaire de l'utérus
 - IC - tumeur envahissant la moitié extérieure de la paroi musculaire de l'utérus
Stade II  : Le cancer s'est étendu au col de l'utérus
 - IIA - tumeur touchant uniquement la muqueuse du col de l'utérus
 - IIB - tumeur envahissant le tissu conjonctif ou la paroi sous-jacente du col de l'utérus
  Stade III  : Le cancer s'est propagé à l'extérieur de l'utérus
 - IIIA - tumeur ayant gagné la surface extérieure de l'utérus ou les trompes ou les ovaires, ou présence de cellules cancéreuses dans le liquide de lavage du péritoine
 - IIIB - tumeur ayant gagné le vagin
 - ( IIIC - tumeur ayant envahi les ganglions lymphatiques pelviens inguinaux ou para-aortiques
  Stade IV  : Tumeur avec métastases à distance
 - IVA - atteinte de la vessie ou du rectum
 - IVB - tumeur s'étant propagée au foie, aux poumons ou aux os.

 Quels sont les principaux traitements actuellement utilisés ?

Comme pour tout cancer, la stratégie thérapeutique qui vous sera proposée sera fonction des caractéristiques de la tumeur.

Le traitement local va combiner deux méthodes :

• La chirurgie
Elle est plus ou moins étendue suivant l'importance de la lésion et aussi selon l'âge de la patiente. L'acte chirurgical le plus courant consiste en une "hystérectomie totale non conservatrice", c'est-à-dire qu'on enlève l'utérus, le col, les trompes, les ovaires et les ganglions.
Cette intervention se fait parfois par les voies naturelles (sans ouvrir le ventre) ou encore par coelioscopie.

La radiothérapie : soit seule, soit après la chirurgie. Ses modalités dépendent de l'étendue de la tumeur.
- une curiethérapie vaginale peut être proposée pour réduire le risque d'une récidive de la tumeur au niveau du vagin.
- une radiothérapie externe est nécessaire dans certains cas après l'opération. Elle est fonction de l'importance de la tumeur, de ses caractéristiques histologiques et de l'atteinte des ganglions.
De bons résultats peuvent être obtenus avec la radiothérapie seule, en cas de contre-indication à la chirurgie (tumeurs non opérables, patiente très âgée ou présentant des problèmes médicaux graves).

Les traitements médicaux : l'hormonothérapie d'une part, la chimiothérapie d'autre part.
Leurs indications dépendent du stade évolutif de la tumeur.

 Le traitement est-il efficace ? Pourquoi une surveillance après le traitement ?

Plus le cancer est détecté précocement, plus les chances de guérir sont élevées.
Cependant, chaque cas est particulier et les chances de guérison doivent être estimées à partir de l'ensemble des analyses. Les traitements actuels sont généralement efficaces, mais les médecins ne peuvent pas promettre la guérison. Ils peuvent cependant vous dire ce qu'ils proposent pour augmenter encore vos chances de guérison.
Après un traitement du cancer de l'endomètre, une surveillance régulière est nécessaire pour détecter les signes d'une éventuelle rechute et prendre en charge les possibles effets secondaires des différents traitements. La surveillance est évidemment adaptée à chaque malade. Schématiquement, une surveillance médicale est fortement recommandée tous les 3 ou 4 mois au début, puis tous les 6 mois. Après 5 ans, une visite tous les ans est suffisante.
Cette surveillance s'appuie sur l'examen clinique et gynécologique, complété par divers examens (échographie, scanner abdomino-pelvien, IRM).

 Quelles sont les conséquences des traitements ?

L'hystérectomie totale entraîne une stérilité définitive. L'ablation des ovaires se traduit par un arrêt de la sécrétion d'estrogènes et de progestérone. Il faut cependant rappeler que le cancer de l'endomètre survient dans la majorité des cas chez la femme après la ménopause.

Les effets secondaires de la radiothérapie consistent essentiellement en fatigue, troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée), réactions cutanées (rougeur de la peau), inflammation de la vessie (cystite) ou du rectum (rectite).

La détresse psychologique qui accompagne souvent une telle maladie est aujourd'hui mieux comprise et prise en compte. Pour mieux vivre avec sa maladie, il est essentiel d'avoir des explications et des informations pour comprendre. L'équipe soignante, les médecins psychiatres ou les psychologues sont à même d'apporter à la malade une aide morale précieuse. Il est important d'établir une bonne relation avec le médecin, le conjoint et les proches pour conserver un équilibre psychologique. Les associations de patientes sont également très utiles car elles permettent de rencontrer des femmes ayant vécu les mêmes expériences et qui peuvent donc donner des conseils avisés.

 Quels sont les principaux éléments pronostiques ?

Le pronostic dépend essentiellement du stade du cancer, de son volume et de l'atteinte des ganglions.
Quand le diagnostic est suffisamment précoce, les traitements du cancer de l'endomètre permettent d'obtenir des taux élevés de guérison.

 Que se passe-t-il après le traitement ?

Au sujet de la vie sexuelle
Bien sûr, tout au long des traitements, il vous sera difficile d'avoir des rapports normaux.
Après le traitement, les éventuels effets secondaires liés à la radiothérapie peuvent entraîner, dans les semaines ou mois suivants, une gêne parfois douloureuse à la reprise des rapports.
Dans tous les cas, parlez-en à votre partenaire et aussi à votre médecin. Il est souhaitable que vous en entreteniez en couple avec votre médecin. Mais, plus ou moins rapidement, les relations peuvent et doivent reprendre, en pleine harmonie.

La réinsertion socio-professionnelle après la maladie
Elle a pour but d'aider la patiente et sa famille dans sa vie quotidienne. L'aide d'une assistante sociale pendant la maladie peut permettre à la patiente d'éviter ou de résoudre certaines difficultés pendant les hospitalisations, mais aussi après les traitements. Un tel suivi facilite la reprise d'une vie normale. A noter que les associations d'anciens patients et de bénévoles peuvent également aider la malade par leur expérience et lui apporter des conseils adaptés et des adresses utiles.
En ce qui concerne la reprise du travail, l'idéal, si l'organisation professionnelle le permet, est de reprendre progressivement le travail, à temps partiel par exemple. La loi prévoit d'ailleurs des aménagements du temps du travail. Là encore, il est conseillé de s'adresser à une assistante sociale, car les dispositions dépendent de nombreux facteurs (situation particulière, employeur, Caisse de Sécurité sociale).

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ABCDEFGHIKLMNOPRSTUV
Ablation : Action d'enlever totalement ou partiellement un organe ou une tumeur.
Adénofibrome : Tumeur solide bénigne développée dans la glande mammaire.
Adénome ou polype : Tumeur bénigne (par opposition à carcinome qui est une tumeur maligne, c'est-à-dire cancéreuse) qui peut être souvent enlevée par voie endoscopique.
Alopécie : Perte totale ou partielle des cheveux.
ALD : Affection de longue durée.
Classement de la sécurité sociale permettant d’individualiser une trentaine d’affections dont tous les frais inhérents aux traitements sont pris en charge à 100%.
Amiante : Fibres minérales connues pour leur propriété ignifuge hautement cancérigène (cancer de la plèvre, du poumon, du péritoine).
Amosite : Amiante dont les fibres, plus rigides, sont plus nocives pour la santé.
Anatomopathologie : Examen au microscope d'un fragment de tissu. Il se différencie de la cytologie, qui ne porte que sur des cellules isolées. L'examen anatomopathologique permet de reconnaître si un tissu est normal ou cancéreux et apporte des informations précieuses, en particulier sur le degré de gravité de la maladie.
Anatomopathologiste : Médecin qui étudie les modifications de structure des organes, des tissus, des cellules, provoquées par une maladie, avec différents appareils d'optique (de la loupe au microscope électronique). Il s'aide de colorations spéciales des cellules et de leur contenu. C'est sur lui que repose la certitude de diagnostic et la classification des tumeurs selon leur gravité.
Anesthésie locale potentialisée : Anesthésie locale associée à une sédation légère.
Antalgique : Traitement contre la douleur.
Antidépresseur : Médicament destiné à lutter contre un état dépressif caractérisé. Associé à un traitement anti-douleur, il peut, dans certains cas bien précis, en renforcer l'action.
Antiémétique : Traitement destiné à combattre les nausées et vomissements.
Anti-inflammatoire : Médicament destiné à lutter contre l'inflammation, souvent associée à des phénomènes majorant la douleur, comme un gonflement ou un épanchement liquidien (par exemple dans la cavité pleurale, qui est autour du poumon ou dans l'abdomen).
Antispasmodique : Médicament destiné à lever un spasme pouvant créer ou augmenter une douleur.
Aorte : Artère qui naît à la base du ventricule gauche du cœur et qui est le tronc commun des artères portant le sang oxygéné dans toutes les parties du corps.
Ascite : Accumulation de liquide dans la cavité abdominale.