LES CANCERS PROFESSIONNELS
Environ 10% des travailleurs sont exposés à des agents chimiques ou physiques susceptibles de provoquer des cancers d’origine professionnelle. La médecine du travail vise à les en protéger par des mesures appropriées.
Environ 4% de l’ensemble des cancers seraient d’origine professionnelle, soit un nombre compris entre 1 500 et 2 000 par an. Suivant la nature des cancérogènes et le mode d’exposition, les organes les plus sensibles sont les voies respiratoires, les sinus de la face, la peau, la vessie ainsi que le sang.
→ Mésothéliome – cancer du poumon et amiante : l’amiante est l’agent physique certainement responsable du plus grand nombre de cancers d’origine professionnelle. La fibre d’amiante utilisée autrefois dans le bâtiment comme substance isolante et ignifuge provoque un cancer de la plèvre, le mésothéliome, ou un cancer du poumon. On estime que l’amiante a déjà provoqué plus de 1 000 décès par mésothéliome et 2 000 décès par cancer du poumon. Mais de nombreuses autres substances peuvent provoquer un cancer du poumon ou accroître le risque d’un tel cancer en cas de tabagisme ; c’est le cas de l’arsenic, des vapeurs d’acide sulfurique, des dérivés du chrome, des goudrons et des suies, des dérivés du nickel, de la silice, des poussières ou des gaz radioactifs…
→ Les cancers du nez ou des sinus de la face sont principalement dus aux poussières de bois (notamment les bois précieux). Ce sont donc les travailleurs du bois qui y sont exposés (travaux de sciage, de ponçage, de rabotage, de perçage). L’inhalation de dérivés du nickel (industrie du nickel, industrie des céramiques, soudage), de dérivés du chrome ou de poussières de cuir expose également à ces cancers.
→ Les leucémies sont favorisées par l’exposition aux rayonnements ionisants (radioactivité, rayons X, alpha, bêta ou gamma) mais aussi par l’exposition au benzène ou à l’oxyde d’éthylène.
→ Les cancers de la peau sont favorisés par l’exposition à l’arsenic, aux goudrons et suies, aux dérivés du pétrole, aux rayonnements ionisants.
→ Le cancer de la vessie est favorisé par l’exposition aux amines aromatiques ainsi qu’aux goudrons et aux suies.
Tous ces cancers, et la liste n’est pas exhaustive, font l’objet de mesures préventives visant à soustraire les travailleurs à de telles expositions, lesquelles ne sont dangereuses qu’à la longue. Ainsi, l’exposition aux fibres et poussières d’amiante peut provoquer un mésothéliome 10, 20 ou 30 ans après l’exposition. La plupart de ces cancers peuvent donner lieu à une prise en charge dans le cadre d’une maladie professionnelle.
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