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LA VIE APRÈS L'ABLATION DE LA PROSTATE

Article modifié le 27/02/2009

Grâce à la sensibilisation auprès des hommes en âge d'être atteints par un cancer de la prostate, c'est de plus en précocement que sont pratiqués les examens de dépistage, notamment par le dosage du PSA ou le toucher rectal.
 
Choix thérapeutiques
En fonction des résultats, une biopsie prostatique, élément clef du diagnostic et aussi en partie du pronostic, et une échographie endoprostatique pourront être pratiquées. En fonction de ce bilan et du contexte clinique (âge du patient, état général et choix personnel), la décision thérapeutique sera discutée.
C'est surtout en cas de découverte de critères pronostics péjoratifs : un taux de PSA supérieur à 50 ng/ml (la normale étant inférieure à 4 ng/ml), ou un score de Gleason élévé (le score de Gleason évalue l'agressivité des cellules tumorales), que les choix thérapeutiques s’avèrent être les plus délicats.
Dès lors et en cas de critères pronostiques a priori défavorables, est-il licite de proposer une intervention relativement lourde comme la prostatectomie ?
 
Étude
La réponse est en partie apportée par l'étude d'une prestigieuse équipe américaine[1] portant sur 234 hommes ayant subi, entre 1987 et 2004, à la clinique Mayo de Rochester, une prostatectomie radicale, pour un cancer localisé de la prostate. Ces 234 patients présentaient tous un taux de PSA au moins égal ou supérieur à 50 ng/ml, dont 178 d’entre eux, un taux compris entre 50 et 100 ng/ml (groupe 50) et 56, un taux supérieur à 100 ng/ml (groupe 100). En dépit de ce taux élevé, il a été décidé de pratiquer une prostatectomie radicale.
Une fois l'intervention pratiquée, ils ont été régulièrement suivis, à raison d’un dosage du PSA et un toucher rectal tous les 3 mois la première année, puis tous les 6 mois, et tous les ans à partir de la quatrième année. Le bilan a été complété par les explorations d'imagerie appropriées.
 
Résultats
Les différentes caractéristiques, autres que le PSA, attestent également du caractère agressif de la tumeur, et ceci quelque soit le taux (50 à 100 ou supérieur à 100 ng/ml).
Si on considère les patients qui, dix ans après la prostatectomie, ont un taux de PSA se maintenant à 0,4 ng/ml ou en dessous, 40 % d’entre eux vivent avec ce taux parfaitement satisfaisant.
En ce qui concerne des patients en vie après dix ans, présentant un taux de PSA élevé, ils sont 75 à 80 % à toujours être en vie. Enfin, ce taux est de 87 % si on élimine les décès non liés au cancer.
Les taux sont comparables quelque soit le taux de PSA au départ, de 50 à 100 ou supérieur à 100.
 
Conclusion
En dépit d'un taux élevé de PSA présageant une évolution défavorable, une prostatectomie radicale assure une durée de vie prolongée. Sans remettre en cause l'intérêt des marqueurs biologiques, cette étude montre bien qu'ils ne sont pas les seuls en cause dans l'espérance de vie, et qu'en l'absence de lésion métastatique évidente, une intervention à visée curative peut être tentée.
 
Dr Françoise May-Levin

[1] Imman B.A. and al. “Long-term outcomes of radical prostatectomy with multimodal adjuvant therapy” in Men with a préoperative serum PSA level>=50ng/ml . Cancer ;2008; 113; 1544-1551
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