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LES EFFETS SECONDAIRES LORS D'UNE CHIMIOTHÉRAPIE

Les produits utilisés en chimiothérapie sont des produits très actifs et de ce fait ont des effets secondaires parfois importants. Cependant, il existe de nombreux moyens pour rendre ces effets secondaires supportables et faire en sorte que la vie quotidienne soit la plus normale possible. Il est très important de poser, au médecin et aux infirmières, toutes les questions qui vous viennent à l'esprit, même si elles vous paraissent idiotes (en fait, elles ne sont jamais idiotes !) A chaque nouveau cycle de traitement, votre médecin devra faire le point avec vous des difficultés rencontrées. Signalez-lui tout ce que vous avez ressenti et qu'il n'aurait pas abordé. 

Il faut se fixer une règle simple : la chimiothérapie doit être raisonnablement supportable. Si ce n'est pas le cas, c'est anormal. Il n'y a pas de " prix à payer " pour le traitement. Si cela ne va pas du tout dans les jours qui suivent un traitement, vous devez le dire et le signaler. Votre médecin traitant peut alors être votre interlocuteur privilégié. Il pourra vous examiner, vous conseiller, et prendre contact avec votre centre de traitement en cas de difficulté. A défaut, il ne faut pas hésiter à téléphoner directement à votre centre si le traitement ne vous paraît pas supportable. Le traitement est fait pour vous guérir et améliorer votre santé, même si passagèrement il vous met en difficultés.

 • Qu'est-ce qui provoque les effets secondaires ?
Les plus fréquents sont liés au fait que des médicaments anti-tumoraux ont une action sur les cellules qui se multiplient rapidement, donc les cellules cancéreuses mais également, celles de la peau, des cheveux, de la muqueuse de la bouche, de la moelle osseuse qui fabrique les globules du sang. Ainsi, explique-t-on la perte possible des cheveux et la baisse des globules blancs que l'on observe assez souvent.

 Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ?
          → Les modifications de la formule sanguine
La moelle osseuse produit les cellules sanguines : plaquettes, globules blancs et rouges qui sont ensuite déversés dans le sang. Il s'agit d'un tissu très actif, car le sang est en renouvellement constant. Ces cellules se multipliant rapidement, elles sont très sensibles à la chimiothérapie. Toutes les molécules anti-tumorales peuvent entraîner une diminution transitoire du nombre de cellules sanguines.
Cette diminution est connue. Elle débute habituellement une à deux semaines après la chimiothérapie. Sa durée est variable, mais habituellement de l'ordre d'une semaine. Cette diminution est habituellement sans traduction clinique et n'est pas remarquée par le patient. La baisse des cellules sanguines est souvent de courte durée, et même, si elle est importante, elle est de ce fait sans danger. Il ne faut donc pas s'affoler inutilement parce que les globules sont bas sur une prise de sang. Si ce n'est pas déjà fait, il faut cependant s'assurer que votre centre de traitement a bien eu communication des résultats et qu'il n'y a pas de mesures particulières à prendre.
Les globules blancs les plus sensibles sont les globules blancs neutrophiles. Ils sont nécessaires à la lutte contre l'infection. Une diminution du nombre de neutrophiles s'appelle une neutropénie. Elle survient temporairement dans les semaines qui suivent le traitement. Si une fièvre survient dans une période où les globules blancs sont bas, il faut prévenir votre médecin qui jugera si vous avez besoin ou non d'un traitement antibiotique. Si la fièvre est accompagnée de frissons, il est nécessaire de prévenir votre médecin ou le service de soins dans les meilleurs délais. Dans certain cas, pour corriger la baisse des globules blancs ou pour empêcher qu'elle ne soit trop importante, votre médecin vous prescrira des facteurs de croissance des neutrophiles. Ces substances qui s'administrent en injection sous-cutanée, à domicile, sont des sortes d'hormones de la moelle osseuse qui la font se reproduire plus vite qu'à l'ordinaire.
La diminution du nombre de globules rouges et de l'hémoglobine (ou anémie) est plus rare. Elle peut survenir à distance du traitement. Cette anémie peut être responsable de pâleur, de fatigue, voire plus rarement de difficultés à respirer ou d'étourdissements. L'anémie nécessite une transfusion de globules rouges si elle est mal supportée. On peut également recevoir de l'E.P.O, qui est l'équivalent pour les globules rouges des facteurs de croissance des neutrophiles.
La diminution du nombre de plaquettes s'appelle une thrombopénie. Les plaquettes sont nécessaires à la coagulation. La thrombopénie peut rarement entraîner des saignements (des gencives, du nez, des petites marques rouges sur la peau…). Elle est plus rare que la neutropénie. Si la thrombopénie est modérée, votre médecin se contente de surveiller le nombre de plaquettes. Parfois, des transfusions de plaquettes peuvent être nécessaires. Les équivalents pour les plaquettes de l'E.P.O ou des facteurs de croissance des neutrophiles ne sont pas encore au point.

          → Les nausées et vomissements
Ils sont fréquents avec de nombreux médicaments de chimiothérapie. On parle de l'effet émétisant de la chimiothérapie. Ils peuvent survenir au moment même de la perfusion, dans les heures qui suivent, mais aussi les jours suivants, même s'il n'y a pas eu de problème le premier jour : on parle alors de vomissements retardés.Il existe une part psychologique importante dans ces phénomènes de vomissements et de nausées. Parfois, des patients ressentent des nausées avant même d'être arrivés au centre de traitement ! C'est en particulier le cas lorsque des appréhensions, des angoisses, des difficultés n'ont pu être exprimés lors des entretiens avec le médecin ou avec les autres soignants.
Il existe de nombreux traitements efficaces contre la survenue de ces nausées et vomissements. Il faut bien suivre les prescriptions, en particulier en prenant les médicaments anti-vomissements avant la chimiothérapie, de façon préventive. On utilise les médicaments spécialement conçus contre les vomissements de la chimiothérapie (on les appelle les Sétrons et il en existe plusieurs marques), mais aussi des médicaments plus anciens comme le Primpéran®, le Vogalène®. On utilise également les anxiolytiques, parfois un peu de cortisone. Dans tous les cas, il n'est pas normal d'avoir des vomissements ou des nausées importants. Ce n'est pas "un prix à payer" pour le traitement. Il faut donc en parler à votre médecin si cela ne va pas. Par ailleurs, si des vomissements continuent de façon importante après un traitement, en particulier après un traitement comportant des médicaments très émétisants comme le Cisplatine, cela peut poser des problèmes de déshydratation ou de fatigue du rein. Donc, dans tous les cas, une règle : une chimiothérapie doit être supportable. Si cela ne va pas, il faut contacter votre médecin traitant qui prendra contact avec votre centre ou à défaut de votre médecin, téléphoner directement au centre qui vous suit.

          → Diarrhée, constipation
Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des troubles du transit, en général de façon modérée. Là aussi, il ne faut pas hésiter à traiter ces symptômes. La constipation, si elle est fréquente, doit être prévenue par un traitement quotidien. Dans tous les cas, il est important d'observer quelques règles diététiques qui vous seront expliquées par votre médecin ou une diététicienne.Certains médicaments peuvent donner des diarrhées ou des constipations plus fortes. Votre médecin vous en préviendra et vous indiquera la marche à suivre.

          → La chute des cheveux
Ce n'est pas un effet secondaire grave et il est provisoire : les cheveux repoussent normalement dès que le traitement est terminé. Mais c'est un effet secondaire difficile à supporter moralement. Il faut donc essayer de l'éviter. Quand on a un cancer à traiter, on a déjà suffisamment de soucis comme ça sans s'en rajouter !
Cependant, dans certains cas, cette chute de cheveux est inévitable, que ce soit à cause du type de médicament ou en raison des doses employées. Dans ce cas, il faut se résoudre à porter une perruque le temps du traitement. Certains hommes choisiront de rester chauve durant cette période. La perruque est prise en charge en partie par la Sécurité Sociale. Les mutuelles peuvent compléter le remboursement. Vous pouvez aussi faire le choix de porter un turban ou un foulard, qui peuvent être très seyants.

Le casque réfrigérant est la seule méthode préventive contre la chute des cheveux. Son principe d'action consiste à provoquer une contraction sous l'effet du froid des petits vaisseaux du cuir chevelu et ainsi de diminuer la quantité de médicaments venant au contact des racines des cheveux. Il s'agit d'un casque en matière plastique, sorti du congélateur juste avant le traitement, et placé sur la tête avant, pendant, et après la perfusion. Il peut être difficile, voire douloureux à supporter, surtout en début de pose. Son efficacité dépend de sa bonne application tout au long de la perfusion, et sur toute la surface du cuir chevelu. Si la perfusion dépasse les quinze minutes, il faut le changer autant de fois que nécessaire. Si ce casque est difficile à supporter, le jeu en vaut parfois la chandelle, car mis avec obstination, des chimiothérapies réputées très nocives pour les cheveux peuvent être reçues sans perte significative.

          → La fatigue
Elle est pratiquement constante au cours de la chimiothérapie et dans les jours suivants. Elle varie suivant les traitements.
Elle est liée à différentes causes :
 • la maladie elle-même,
 • les effets secondaires des traitements (nausées, vomissements, perte d'appétit, diarrhée, anémie…),
 • l'anxiété et les troubles du sommeil liés aux craintes sur l'évolution de la maladie.
Elle est trop souvent minimisée par les médecins et l'entourage. Vous ne devez pas hésiter à en parler.

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