LES RISQUES GÉNÉTIQUES
Cancers et génétique sont étroitement liés pour une raison bien simple : la vie trouve ses origines dans les gènes, ces petits programmes informatiques qui sont les constituants des chromosomes.
→ Ces gènes dont on hérite en venant au monde
On vient à la vie en héritant d'un double bagage génétique : celui de son père et celui de sa mère. Dans ce bagage, on peut hériter de gènes défectueux, lesquels seront le plus souvent masqués par leur double venant de l'autre parent.
Mais il arrive que le gène défectueux soit dominant, autrement dit qu'il ne soit pas masqué par son homologue et laissant une maladie s'exprimer.
Dans le cadre du cancer, c'est ainsi que des gènes défectueux peuvent être transmis. On peut en citer deux exemples : le gène BRCA1, impliqué dans des cas familiaux de cancer du sein ou de l'ovaire, ou encore le ou les gènes impliqués dans la transmission de la polypose rectocolique familiale, maladie qui se traduit par des milliers de petits polypes qui tapissent la muqueuse du côlon, au moins l'un de ces polypes se transformant en un cancer du côlon, généralement avant l'âge de 20 ans.
Une stratégie de prévention consiste donc à identifier les risques génétiques d'un individu, risques évalués en fonction de ses antécédents familiaux mais aussi (et sans doute cela se fera-t-il de façon systématique dans le futur) de l'étude de son patrimoine génétique. Si risque génétique il y a, on pourra lui proposer des mesures adaptées. C'est par exemple la colectomie totale (ablation chirurgicale de tout le côlon) en cas de polypose rectocolique familiale, ou encore une surveillance accrue par mammographies répétées, dès un âge précoce, en cas de présence du gène BRCA1.
→ Des mutations génétiques acquises
Mais les mutations génétiques peuvent ne pas avoir été transmises. On pense qu'elles peuvent survenir "spontanément" pour la bonne raison qu'à chaque fois qu'une cellule se dédouble (multiplie), la "copie" qu'elle réalise peut comporter une erreur, autrement dit une mutation sur un gène. En fait ce risque d'erreur "naturelle" est très faible : un sur 1 million de copies (c'est-à-dire que parmi un million de cellules qui se multiplient, une seule cellule contenant ce type d'erreur va être fabriquée).
Mais le plus grand risque d'apparition de mutations est imputable à des facteurs "externes" : tabac, alcool, virus, radiations, etc qui font favoriser l'expression d'un oncogène, c'est à dire d'un gène qui va coder pour une multiplication incontrôlée de la cellule.
→ La base d'une recherche
Ces liens entre génétique et cancer ouvrent d'intéressantes pistes de recherche, que ce soit la prévention personnalisée en fonction d'un risque particulier, propre à un individu donné, ou la thérapie génétique dont le fondement est la réparation du ou des gène(s) défaillant(s).
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