Au-delà des souffrances morale et physique, on observe que le cancer peut engendrer une grande précarité sociale, et ce, à plusieurs titres : perte d’emploi, diminution des ressources, charges financières connexes (achat de prothèse, soins non remboursés, frais de garde d’enfants, etc.). Fréquemment, des personnes malades sont signalées aux travailleurs sociaux alors qu’elles sont déjà confrontées à des situations de précarité. Par ailleurs, ces inégalités sociales se doublent en France de fortes inégalités régionales. Pourtant dans de nombreux cas, il est possible de limiter, voire d’éviter ces difficultés en accompagnant les personnes dans leurs démarches en amont.
Les chiffres illustrent une situation qu’il convient de juger préoccupante :
• 40 % des bénéficiaires de la CMU complémentaire n’ont pas accès aux spécialistes ;
• le risque de mourir d’un cancer entre 30 et 65 ans est deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les professions libérales.
La preuve par les besoins
Une étude réalisée en 2009 par la Ligue contre le cancer auprès de 55 Comités départementaux montre que l’aide sociale vient au premier rang des besoins exprimés par les malades :
• 50 % des aides attribuées par les Comités départementaux sont affectés aux besoins de la vie quotidienne : alimentation ; paiement des loyers ; factures énergétiques...
• 21 % des aides concernent directement la maladie : achat de prothèses ; paiement de soins non remboursés...
• 19 % portent sur des aides « humaines » : aide ménagère, portage de repas...
• Enfin, les frais liés aux obsèques et l’aide à la construction d’un projet de vie. Les dossiers les plus fréquemment acceptés portent sur l’attribution d’une aide ménagère.
Cette précarité sociale touche majoritairement les catégories des 40-60 ans, largement devant celle des 60 ans et plus, pour qui des dispositifs légaux spécifiques sont mieux encadrés. A noter également qu’en moyenne, les demandeurs d’aides demeurent en grande majorité des femmes.
Les Comités départementaux en première ligne contre les précarités face au cancer
Devant une telle situation d’urgence, la Ligue contre le cancer et ses 103 Comités départementaux se mobilisent pour offrir une aide toujours plus spécifique en fonction des besoins. Ainsi, alors que les durées d’hospitalisation diminuent, les Comités accordent, par exemple, de plus en plus d’heures d’aide ménagère, pourtant difficiles à obtenir. La Ligue contre le cancer accompagne les patients et leurs proches dans leurs démarches : certains Comités départementaux emploient des travailleurs sociaux qui mènent un travail sur le long terme et aident les patients à trouver les bons interlocuteurs.
Par exemple, à Paris, le Comité départemental à mis sur pied une aide spécifique pour le paiement des loyers, et en Alsace, le Comité du Bas-Rhin attribue notamment des bons d’achat alimentaires. Toujours dans le Bas-Rhin, la commission examine 20 à 30 dossiers pour des aides financières qui avoisinent 450 euros par personne.
Pour renforcer son action auprès de populations précarisées, la Ligue contre le cancer s’associe au Comité national de liaison des Régies de quartier.
La précarité sociale liée au cancer traduit un immense besoin de solidarité de la part de tous. La Ligue contre le cancer fait de sa lutte un combat de tous les instantsen se mobilisant au quotidien sur le terrain.