SOURCE DES DONNÉES ET MÉTHODES D'ESTIMATION
Article modifié le 04/10/2007
Le réseau Francim regroupe l’ensemble des registres français des cancers. Il a déterminé l’incidence de cette maladie en France et vient de publier une étude sur les chances de survie des patients. En 1980, on avait recensé 170 000 nouveaux cas de cancer en France et 125 000 décès. En 2000, on constate 278 000 nouveaux cas et 150 000 décès. En 20 ans, l’incidence a augmenté de 60 % et la mortalité de 20 %. Comment comprendre et interpréter cette évolution ?
| Les principales localisations |
Le nombre de nouveaux cas (en 2000) |
| Sein |
41 845 |
| Prostate |
40 309 |
| Côlon-rectum |
31 257 |
| Poumon |
27 743 |
| Lèvres - bouches - pharynx |
15 388 |
| Lymphomes malins non hodgkiniens |
9 908 |
| Col utérin |
3 387 |
En février 2007, le réseau Francim publie avec le soutien de la Ligue nationale une estimation de la survie des patients à partir des cas de cancers enregistrés de 1989 à 1997 dans 20 registres départementaux français. Le Service de biostatistique des Hospices civils de Lyon a réalisé l’analyse statistique des différents registres. Cette étude constitue une grande première française et européenne par :
- la population concernée: 205 000 Françaises et Français, âgés de plus de 15 ans. L’intérêt d’une base de données aussi importante est de maintenir une grande puissance statistique dans les sous-groupes (30 933 cancers du sein et 35 627 cancers du côlon enregistrés).
- la période couverte : près de dix années (1989 à 1997) avec le statut vital des patients observé jusqu’en 2002 (cette mesure de la survie relative à 5 ans est la mesure de référence, les risques de rechute diminuant graduellement avec le temps).
- le nombre de cancers étudiés : une quarantaine de localisations ont été analysées.
Les résultats de l’étude sont présentés sous deux formes : survie observée et survie relative. Les personnes atteintes de cancer peuvent mourir d’autres causes que de leur maladie ; le calcul de la survie inclut donc une correction éliminant la part de la mortalité due à d’autres causes que le cancer étudié. Cette probabilité de survie ainsi corrigée s’appelle la survie relative. Affirmer que la survie relative à 5 ans est de 85 % pour les personnes atteintes d’un cancer du sein signifie que 15 % des patientes sont décédées de leur cancer ou de ses conséquences directes au cours des 5 années ayant suivi le diagnostic.
La méthode utilisée dans l’étude permet aussi d’explorer l’évolution du risque de décéder du cancer selon que l’on se situe immédiatement après le diagnostic ou au contraire à distance de celui-ci. Cette mesure « dynamique » montre que ce risque décroît souvent rapidement avec le temps et qu’au-delà de 4 années après le diagnostic, il devient bien inférieur à celui existant durant la première ou la seconde année suivant le diagnostic.
Les résultats pour un cancer donné se rapportent à des patients ayant des facteurs de gravité variables (tels le stade d’extension de la maladie à l’époque du diagnostic) et doivent donc être utilisés avec précaution pour tout pronostic individuel. Ils reflètent une situation « moyenne », utile à une bonne connaissance de l’ampleur et de l’évolution de la mortalité liée au cancer en France.
Les résultats globaux de cette étude sont publiés dans un ouvrage destiné aux spécialistes : « Survie des patients atteints de cancer en France ». Ed. Springer, 406 pages, broché, 30€
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