ESPOIRS DE SURVIE ET DISPARITÉS
Article modifié le 04/10/2007
L’étude Francim confirme que « moins de la moitié des patients décèdent des conséquences directes ou indirectes de leur maladie dans les 5 ans qui suivent le diagnostic ». C’est un formidable espoir de retour à une vie ordinaire pour des malades encore trop souvent confrontés à des injustices sociales et des lourdeurs administratives qui les pénalisent dans leurs droits de citoyens.
On observe cependant de fortes disparités :
→ Selon les pathologies : la survie relative à 5 ans s’élève à 95 % dans les cancers de la thyroïde, du testicule et de la lèvre, mais moins de 10 % pour les mésothéliomes de la plèvre, les cancers du foie et du pancréas. La localisation profonde constitue habituellement un facteur d’agressivité du fait d’une révélation tardive (cancers du poumon, de l’œsophage, du pancréas ou de l’estomac).
→ Entre les hommes et les femmes : la survie à 5 ans se révèle meilleure chez la femme (63 %) que chez l’homme (44 %). Parmi les 35 localisations de cancer communes aux deux sexes, 28 ont une survie plus élevée chez la femme. Cette différence est particulièrement visible pour les cancers de la tête et du cou, où l’on observe une différence de 10 à 17 points. Alcoolisme et tabagisme expliquent en partie cet écart, tant par la gravité des cancers provoqués que par les autres pathologies non cancéreuses induites. Ce constat confirme l’intérêt des actions de prévention dans la lutte contre la maladie, les gains de survie attendus pouvant être considérables.
→ Selon l’âge du patient : la survie relative varie notablement selon l’âge du patient lors du diagnostic (malgré l’élimination, dans l’étude, des décès liés à d’autres causes que le cancer). Ce mauvais pronostic pour les personnes âgées est souvent associé, et parfois totalement dû à une forte mortalité initiale. Très fréquemment, les différences associées à l’âge s’atténuent ou même disparaissent lorsqu’on s’éloigne du diagnostic de la maladie. Ce phénomène est évidemment la résultante de l’interaction de plusieurs phénomènes : la fragilité des sujets âgés, la maladie à un stade plus évolué au moment du diagnostic, une thérapeutique moins agressive et moins efficace. Mais il est aussi parfois lié à la nature des tumeurs qui diffèrent en fonction de l’âge.
Même si un suivi limité à 5 années est trop court pour affirmer la guérison, il apparaît clairement que pour certains cancers, la mortalité devient très faible, inférieure à 1 % après la quatrième année pour les cancers du testicule et de la thyroïde ou la maladie de Hodgkin. Ceci est probablement vrai pour d’autres cancers, s’ils sont diagnostiqués précocement.
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