LA SURVIE VARIE SUIVANT LES PATHOLOGIES
Article modifié le 04/10/2007
Cancer du sein
Évolution de l’incidence de 29 617 cas en 1990 à 41 845 en 2000
Évolution de la mortalité de 10 059 décès en 1990 à 11 637 en 2000
Survie relative à 1 an : 97 %, à 5 ans : 85 %
Évolution de la survie :
Diagnostic en 1989-91 survie à 5 ans : 82 %
Diagnostic en 1995-97 survie à 5 ans : 86 %
Les cancers du sein, pour la période 1989-1997 se situent parmi les localisations cancéreuses à bon pronostic. La survie progresse légèrement au cours du temps. Cette amélioration peut être attribuée à la fois à la précocité du diagnostic et aux innovations thérapeutiques. Avec l’amélioration des connaissances sur les facteurs du pronostic, les indications thérapeutiques concernant notamment la chimiothérapie ou l’hormonothérapie adjuvante se sont affinées. La pratique du dépistage individuel par mammographie, à laquelle s’ajoute maintenant le dépistage organisé explique lui aussi l’amélioration de la survie, du fait de la découverte de tumeurs à un stade plus précoce, donc à meilleur pronostic.
Cancer de la prostate
Évolution de l’incidence de 19 499 cas en 1990 à 40 309 en 2000
Évolution de la mortalité de 8 790 décès en 1990 à 10 004 en 2000
Survie relative à 1 an : 94 %, à 5 ans : 80 %
Évolution de la survie :
Diagnostic en 1989-91 survie à 5 ans : 73 %
Diagnostic en 1995-97 survie à 5 ans : 83 %
Cette étude démontre que ce cancer présente un bon pronostic, les survies augmentant nettement au cours du temps. Cette amélioration de la survie va de pair avec une augmentation majeure de l’incidence, elle-même indissociable de l’évolution des techniques de diagnostic et de l’utilisation du dosage du PSA comme test de dépistage. Ces pratiques permettent le diagnostic de cas peu évolués avec un bon pronostic, ce qui entraîne automatiquement une augmentation de la survie moyenne. Si le dépistage organisé du cancer de la prostate par dosage du PSA n’est toujours pas recommandé en France, car il n’existe pas de preuve de son efficacité au niveau de la population, son utilisation est de plus en plus courante pour un dépistage individuel. À l’heure actuelle, il est encore difficile de mesurer les effets dus à l’amélioration des traitements.
Cancer du côlon et du rectum
Évolution de l’incidence de 29 617 cas en 1990 à 31 257 en 2000
Évolution de la mortalité de 15 568 décès en 1990 à 15 973 en 2000
Survie relative à 1 an : 79 %, à 5 ans 56 %
Évolution de la survie :
Diagnostic en 1989-91 survie à 5 ans : 54 %
Diagnostic en 1995-97 survie à 5 ans : 57 %
Le pronostic des cancers du côlon et du rectum s'est amélioré de manière importante depuis les années 70. Cette amélioration est liée à une diminution de la mortalité opératoire, associée à une augmentation de l'opérabilité et à une plus grande précocité des diagnostics. Cette étude montre qu’en revanche, entre 1989 et 1997, l’amélioration est mineure. Il est à signaler que le taux d’opérabilité a presque atteint un palier optimal depuis les années 90. Les progrès dans les indications de la chimiothérapie ou de la radio chimiothérapie – pour les cancers du rectum – sont eux trop récents pour pouvoir être évalués. De nouvelles avancées pourraient être obtenues dans les chimiothérapies adjuvantes ou palliatives efficaces et surtout dans la mise en place d'une politique nationale de dépistage.
Cancer du poumon
Évolution de l’incidence de 22 018 cas en 1990 à 27 743 en 2000
Évolution de la mortalité de 21 342 décès en 1990 à 27 164 en 2000
Survie relative à 1 an : 43 %, à 5 ans 14 %
Évolution de la survie :
Diagnostic en 1989-91 survie à 5 ans : 14 %
Diagnostic en 1995-97 survie à 5 ans : 14 %
Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer. Son pronostic reste toujours sombre et aucune amélioration de la survie n’est observée en France entre 1989 et 1997. Seul un diagnostic précoce autorise une chirurgie curatrice de cette forme de cancer. Or, le diagnostic est souvent porté à un stade trop avancé de la maladie. Dans l’attente d’une amélioration des thérapies, la meilleure arme pour lutter contre la mortalité liée à cette pathologie reste la prévention, en agissant en particulier contre le tabagisme.
Cancer du col utérin
Évolution de l’incidence de 3 961 cas en 1990 à 3 387 en 2000
Évolution de la mortalité de 1 353 décès en 1990 à 1 004 en 2000
Survie relative à 1 an : 89 %, à 5 ans 70 %
Évolution de la survie :
Diagnostic en 1989-91 survie à 5 ans : 72 %
Diagnostic en 1995-97 survie à 5 ans : 70 %
Le pronostic de ces cancers du col utérin est relativement bon. Le développement du dépistage par frottis cytologique à partir des années 60 a permis à la fois de traiter des lésions pré-cancéreuses ou de cancer in situ et de diagnostiquer des cancers à un stade précoce. On observe pour ces cancers une diminution de l’incidence et de la mortalité, ainsi qu’une très légère diminution de la survie (cependant pas suffisamment importante pour être statistiquement significative). Cette évolution est principalement due au dépistage qui a permis de diminuer fortement l’incidence et le nombre de cas depuis 20 ans en France, ainsi que l’éradication chirurgicale des lésions pré-cancéreuses. Le dépistage a également contribué à repérer des cancers à un stade plus évolué (chez des femmes non suivies par exemple) ou des cancers de moins bon pronostic (parmi les cas non diagnostiqués).
Lymphomes malins non hodgkiniens
Évolution de l’incidence de 6 269 cas en 1990 à 9 908 en 2000
Évolution de la mortalité de 3 166 décès en 1990 à 5 243 en 2000
Survie relative à 1 an : 74 %, à 5 ans : 55 %
Évolution de la survie :
Diagnostic en 1989-91 survie à 5 ans : 53 %
Diagnostic en 1995-97 survie à 5 ans : 57 %
Les lymphomes malins non hodgkiniens ont un pronostic intermédiaire, ce qui rend d’autant plus alarmante l’augmentation de l’incidence que l’on a pu observer au cours des dernières décennies. Dans ce contexte, il est intéressant de noter une amélioration des survies, qui bien que modeste, est statistiquement significative. Cette amélioration est probablement due aux progrès thérapeutiques apparus au cours des années 90. Rappelons toutefois qu’il s’agit d’un ensemble hétérogène et que ce résultat reflète une évolution moyenne.
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