PLAISIR ET ÉQUILIBRE ALIMENTAIRE
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09/05/2012
Guillaume Lehéricey, diététicien dans le service de diététique du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris et diététicien coordinateur du réseau de proximité en cancérologie de l’est parisien (OEP).Auteur de l’ouvrage J’ai un cancer, comment bien m’alimenter publié aux éditions Gisserot, Guillaume Lehéricey, partenaire du calendrier de la Ligue contre le cancer, répond à nos questions.
Le plaisir est-il selon vous un élément essentiel de l'équilibre alimentaire ?
Le plaisir est définit comme la satisfaction d’un besoin physique, affectif ou intellectuel ou encore de l’exercice harmonieux d’une fonction vitale, que peut être l’acte de manger.
Or, chaque individu, autonome et volontaire, s’alimente selon son identité de mangeur, satisfaisant ainsi plusieurs besoins : physiologiques, mécaniques, hygiénistes, psychologiques et sociaux. Les habitudes alimentaires en sont la résultante, sans omettre les impacts des contraintes économiques et temporelles.
Autrement dit, comment peut-on aborder l’équilibre alimentaire sans considérer et intégrer cette notion de plaisir ? L’atteinte d’un équilibre alimentaire, proche des recommandations, sera le fruit d’un équilibre entre les besoins du mangeur et les adaptations de son alimentation.
Justement, quels sont vos conseils pour se faire plaisir tout en surveillant son alimentation ?
Pour se faire plaisir, il est essentiel de se réconcilier avec son alimentation. Comment peut-on manger nos aliments plaisirs, généralement gras et sucrés voire salés, tout en faisant attention à notre santé ?
Il est donc souhaitable de rétablir la vérité sur l’alimentation. Pour cela, il est préférable de se reporter sur les recommandations des autorités de santé, fondées sur des études scientifiques et sur le principe de précaution. (www.mangerbouger.fr)
Ensuite, il est nécessaire d’acquérir quelques notions sur l’équilibre alimentaire pour comprendre pourquoi il est préférable de manger équilibré et varié. Cela permettrait de lever les interdits et limiter ainsi les frustrations qui pourraient induire à long terme des troubles de l’alimentation, dont la perte du plaisir de manger ! Pour répondre aux besoins de l’organisme, notre alimentation doit apporter différentes catégories d’aliments dans des quantités définies.
La pyramide alimentaire schématise ces notions de variété et de priorité des familles d’aliments entre-elles. A la base, on retrouve les aliments que l’on doit consommer en plus grande quantité et vers le sommet ceux que l’on doit limiter.
Avec ces connaissances simples et les équivalences alimentaires (1 croissant = 60 g de pain + 10 g de beurre), il existe mille et une manière de s’alimenter, tout en alliant plaisir et santé en toute sérénité. D’ailleurs, le PNNS a rédigé des livrets donnant des conseils simples et respectueux de l’identité de chacun des mangeurs, pour équilibrer son alimentation. Pour se faire plaisir, il est indispensable de raisonner un minimum son alimentation, sur la journée voire sur la semaine. Quelles sont mes habitudes alimentaires et quelles sont les solutions adaptées à préférer pour concilier plaisir et équilibre alimentaire. Il est possible de recourir à l’aide d’un diététicien qui aidera à trouver les propres solutions de chacun.
Bien sûr, toute modification des habitudes alimentaires demande de la méthode et du temps. Des objectifs modérés mais réalisables seront plus faciles à atteindre sans induire de la frustration souvent responsable de l’échec.
Est-ce que manger équilibré peut avoir des effets sur sa santé ?
Aujourd’hui, il est parfaitement établi que l’équilibre nutritionnel permet de préserver un bon état de santé et la qualité de vie. Dans ce contexte, les recommandations nutritionnelles du Programme National Nutrition-Santé (PNNS) conseillent une consommation variée, avec une répartition satisfaisante des quantités ingérées, avec une consommation régulière d’aliments et de plats ciblés et largement disponibles en France :
- Consommer 5 portions de fruits (2 à 3) et légumes (2 à 3)
- Consommer 3 portions/jour de produits laitiers (yaourts, fromages) et/ou de lait pour le calcium
- Garantir les féculents qui sont la principale source d’énergie pour l’organisme
- Consommer de la viande, du poisson et d’autres produits de la pêche ou des oeufs
- Contrôler sa consommation en graisses et en aliments gras
- Limiter sa consommation de sucre et d’aliments riches en sucre
- Limiter la consommation de boissons alcoolisées.
Tendre vers ces objectifs est le meilleur moyen de garantir des apports satisfaisants en nutriments antioxydants (vitamines et minéraux) et en fibres, de réduire également les risques de développer certaines maladies comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, l’ostéoporose, le diabète et l’hypercholestérolémie.
Peut-on concilier plats tout prêts (surgelés, boîtes de conserve, etc.) et équilibre ?
Une fois de plus, il est nécessaire, premièrement de rétablir la vérité sur ces produits industriels qui ont, aujourd’hui, bien changés et deuxièmement, d’apprendre à lire et déchiffrer les étiquettes !
Teneurs en sel, en graisses, en vitamines et minéraux, qu’en est-il ? L’évolution des techniques de conservation et la sensibilisation des industriels aux recommandations nutritionnelles, ont permis de rendre ces produits tout à fait compatibles avec une alimentation équilibrée. En règle générale, ce sont rarement les aliments qui sont à critiquer mais davantage l’utilisation que l’on en fait ! Même un aliment frais, produit dans les règles de l’art et acheté chez le producteur, mais que l’on a laissé trop longtemps dans le réfrigérateur ou à la chaleur et à la lumière, perdra de ses qualités organoleptiques et nutritionnelles. Alors qu’un produit de bonne qualité originelle, surgelé ou mis en conserve dès sa récolte, conservera le maximum de ces intérêts. Il est même à préciser que les modes de conservation (appertisation) ou de transformation (cuisson) peuvent rendre plus disponibles certains nutriments comme le lycopène de la tomate (antioxydant). C’est d’ailleurs pour ces raisons qu’il est recommandé d’alterner la consommation des fruits ou légumes, sous forme crue (conservation de la vitamine C et indisponibilité d’une partie du lycopène de la tomate) et cuite (perte d’une partie de la vitamine C et augmentation de la biodisponibilité du lycopène de la tomate).
En apprenant à déchiffrer les étiquettes (liste des ingrédients et composition nutritionnelle), il devient plus simple de distinguer les préparations et marques plus riches (en sel, graisses ou en sucres, etc.) que d’autres pour constituer et équilibrer son repas. Attention, les glucides (tous les sucres) et les lipides (toutes les graisses) ne sont pas à bannir ! (Cf pyramide alimentaire). Ainsi, nous revenons à notre règle de base : mangeons en variant les aliments et les modes de préparations de ces aliments !
L'exercice physique est-il primordial pour avoir une vie saine ?
Précisons que l’activité physique correspond à tous les mouvements de la vie quotidienne et qu’elle ne se limite pas au sport.
Et, au même titre que l’alimentation, l’activité physique est un des facteurs protecteurs d’un grand nombre de maladies. La pratique d’une activité physique protège la santé, améliore la condition physique et permet de rester en forme (moral, sommeil…).
Les recommandations du PNNS sont de garantir au moins 30 minutes d’activité modérée chaque jour (marche rapide, aquagym d’entretien, vélo loisir, etc.) avec si possible au moins 10 minutes à la fois
Des conseils utiles pour une alimentation équilibrée
(Interview de Guillaume Lehéricey, diététicien à l'hôpital Pitié-Salpêtrière)
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