PLACE ET IMPACT POUR LE BÉNÉVOLAT DANS LA LUTTE CONTRE LE CANCER ?
Article modifié le
28/02/2011
La sociologue Dan Ferrand-Bechmann et son équipe ont bénéficié entre 2008 et 2009 de l’aide de la Ligue dans le cadre du programme de soutien à la recherche en sciences humaines et sociales.
Leur travail focalisé sur l’impact du bénévolat dans la lutte contre le cancer, se concrétise par un rapport de 164 pages, organisé en neuf chapitres, auxquels sont associées 454 pages de retranscription des entretiens sur lesquels se base cette étude. Intitulé « La société du care face au cancer : les bénévoles dans les associations et les groupes d'entraide », ce rapport doit faire l’objet d’une publication sous la forme d’ouvrage édité par Desclée de Brouwer. La professeure Dan Ferrand-Bechmann a également été sollicitée par des groupes d’entraide canadiens pour présenter les résultats de cette étude au centre hospitalier universitaire de Montréal.
Une synthèse de six pages rédigée par la professeure Dan Ferrand-Bechmann est téléchargeable via le lien ci-contre.
Si le bénévole s’impose comme un acteur incontournable de la lutte contre le cancer, sa pratique et l’impact de celle-ci restent à la fois mal connus du public et peu étudiés par les sociologues. La sociologue Dan Ferrand-Bechmann et son équipe ont exploré ce champ d’étude en analysant notamment les relations des bénévoles avec les professionnels de santé et les malades.
Intégrant une comparaison entre Paris et la province, ses travaux sont fondés sur 119 entretiens réalisés à Avignon, Bordeaux, Grenoble, Rennes, en Ile-de-France et dans la capitale, auprès de ceux que la maladie associe : bénévoles, patients, personnel soignant, personnel associatif, proches... Les données collectées illustrent la pluralité des structures associatives se plaçant « au chevet du cancer ». Elles mettent également en évidence la grande diversité des acteurs du bénévolat et permettent d’appréhender les motivations qui portent leur engagement. Si le bénévole apporte beaucoup aux autres, il retire lui-même énormément de la pratique du bénévolat. Son engagement peut toutefois constituer une épreuve et le confronte à trois rôles : agir dans le souci d’autrui, améliorer la situation des personnes malades, se mobiliser pour changer des manières de faire, des lois et des normes sociétales. L’étude décrit également le parcours des bénévoles et ses étapes : la sélection, la formation, l’engagement actif mais aussi, éventuellement, la sortie et le désengagement. Dans un environnement qui se spécialise, voire se professionnalise, les comportements, les opinions et les réactions des personnels soignants ont fait l’objet d’une analyse dont les résultats soulignent, entre autre, l’utilité du bénévole comme vecteur d’information et intermédiaire humanisant les relations entre les malades et les médecins et le personnel de soins.
Les connaissances tirées de ce travail de recherche devraient contribuer à l’amélioration des structures d’encadrement et de formation des associations et/ou des groupes d’aide au malade. Elles pourraient également permettre de sensibiliser le personnel soignant et le corps médical à la problématique du bénévolat ainsi qu’à son impact. Des questions prégnantes à l’heure où le bénévolat, et plus largement la solidarité, vont jouer un rôle moteur dans l’adaptation de notre société à ses évolutions démographiques et sanitaires.
« La société du care face au cancer : les bénévoles dans les associations et les groupes d'entraide »
Synthèse au format Pdf.
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