ALCOOL ET RISQUES D'UN USAGE RÉGULIER EXCESSIF : NOUVELLE CAMPAGNE
Article modifié le
11/03/2011
Le ministère de la santé et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) ont présenté jeudi une nouvelle campagne de communication.Elle a pour but de sensibiliser les hommes de plus 40 ans à leur consommation d'alcool et les alerter sur les risques pour leur santé à long terme d'un usage régulier excessif..
Avec le slogan "Boire un peu trop d'alcool... c'est mettre sa vie en danger", la campagne vise à informer le public du fait que "les problèmes de santé liés à l'alcool ne touchent pas que les personnes dépendantes" mais aussi "celles qui maîtrisent leur consommation".
Le ministère de la santé indique dans son dossier de presse que "plus les hommes consomment régulièrement de l'alcool, plus ils ont tendance à en minimiser les conséquences et à écarter le risque pour eux-mêmes, en définissant la consommation à risque pour la santé à un niveau supérieur à leur propre consommation", selon des données du Baromètre santé de l'Inpes.
La campagne repose sur un film télévisé de 30 secondes diffusé sur les chaînes hertziennes et de la TNT mettant en scène un homme d'une quarantaine d'années et dont la consommation d'alcool, inscrite dans son quotidien, paraît anodine: au déjeuner avec des collègues, en fin de journée avec des amis, en rentrant le soir à son domicile.
Sans avoir "conscience qu'une consommation régulière excessive d'alcool peut avoir des effets sur sa santé à long terme", les effets cumulés sont illustrés par un compte à rebours, de plus en plus audible à chaque verre bu.
Le spot, qui sera diffusé à partir de dimanche jusqu'au 6 avril, renvoie vers le site alcoolinfoservice.fr et sur la ligne téléphonique "écoute alcool" (0 811 91 30 30).
Le Baromètre santé de l'Inpes montre que la consommation quotidienne d'alcool (c'est-à-dire hors ivresses ou consommation ponctuelle importante) est presque inexistante avant 40 ans (3,4% des 15-39 ans) mais concerne 16,6% des 40-75 ans, plus d'un quart des hommes (25,1%) et moins d'une femme sur dix (8,7%).
"Même si cette tendance est à la baisse, du fait d'une génération de buveurs quotidiens plus âgée, la consommation régulière apparaît encore fortement liée au sexe et augmente avec l'âge, en particulier après 40 ans", souligne l'Inpes.
Chez les hommes de plus de 40 ans, 33% ont une consommation à risque ponctuel, 15% ont une consommation régulière excessive, des niveaux supérieurs à ceux des femmes du même âge (respectivement 12,9% et 3,2%).
Les risques pour la santé à long terme d'un usage régulier d'alcool concernent les cancers, les maladies cardiovasculaires et digestives, les troubles psychiques (anxiété, dépression) et les problèmes sociaux (violence, difficultés conjugales).
Depuis les années 2000, l'Inpes axe sa communication sur trois populations spécifiques: les buveurs réguliers excessifs, les jeunes et les femmes enceintes, rappelle-t-on.
Le ministère considère que les buveurs réguliers restent "un public difficile à sensibiliser" car ils ont "une moins bonne connaissance des repères de consommation et ont tendance à minimiser leur consommation et à écarter le risque pour eux-mêmes". Au sein de la population générale, les risques sanitaires d'une consommation régulière excessive restent "largement sous estimés" et "volontiers renvoyés vers les autres, ceux qui boivent vraiment, 'les vrais alcooliques'".
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