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Peut-on réduire le risque de cancer du sein ?

modifié le 21/06/2011
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Que penser des recherches récentes ?

Inhiber les facteurs stimulant  la croissance des cellules tumorales du cancer du sein est une des cibles majeures des traitements . En cas de cancer du sein possédant des Récepteurs Hormonaux à la surface des cellules (RH+) ,les divers traitements à visée hormonale ont largement fait leurs preuves et le principe du traitement hormonal adjuvant au traitement curatif fait partie du référentiel thérapeutique.
Ces traitements , adaptés au statut hormonal des patientes, ont largement fait leurs preuves, et, chez la femme ménopausée, les antiaromatases de 3° génération tendent à remplacer le tamoxiféne. Ainsi sont évitées un grand nombre  de récidives ou métastases.
Les effets secondaires des antiaromatases  ne sont certes  pas négligeables ( douleurs osseuses ou musculaires , ostéoporose )  ;  quant au  tamoxiféne , il  peut générer des thromboses , surtout chez les sujets ayant des antécédents vasculaires, ou encore quelques rares cas de carcinome de l'endométre.
Ces traitements, du fait de leur efficacité prouvée, de leur relative tolérance, ont suscité  des essais de traitement préventif chez les personnes sans cancer du sein mais à risque  élevé (BRCA+, antécédents de mastopathie bénigne, antécédents familiaux multlples )
En mars 2010 un groupe d'experts a  publié un consensus au sujet des divers essais de traitement préventif des cancers du sein.
En juin 2011, sont publiés les résultats d'un essai comparant  bénéfice et risques du tamoxiféne et du raloxifene en tant que traitement préventif
Enfin, au dernier congrés de l'ASCO de juin 2011, une présentation fait état des résultats prometteurs de l'exemestane (Aromasine®)  grâce à un essai promu par le National Cancer Institut of Canada et par  Unicancer  .

Peut on tirer une conclusion de ces diverses études?

-  Tout d'abord il faut signaler que toutes ces études  ne concernent que les femmes qui ont un risque particulier de développer un cancer du sein: femmes âgées de plus de 60 ans, ayant des antécédents familiaux multiples de cancer du sein (sont exclues les femmes ayant une mutation génique BRCA ) , ou encore avec antécédents de carcinome in situ, ou de mastopathie hyperplasique atypique )

- Les traitements:

  • Le tamoxiféne: 5 essais  randomisés contre placebo, ont été conduit dont les données combinées montre qu'in traitement d'une durée de 5 ans obtient une réduction du taux de Cancers du sein de 35 à 40% par rapport au placebo.

Les principaux effets indésirables sont des accidents thromboemboliques ainsi que des carcinomes de l'endométre, qui justifient, , en dépit de leur rareté,  une surveillance gynécologique étroite. .

  • Le raloxiféne : un vaste essai clinique américain (essai STAR) portant sur  prés de 20 000 femmes ménopauses considérées comme à risque de cancer du sein ont reçu durant 5 ans, un traitement quotidien par soit du tamoxiféne, soit du raloxiféne (Evista®) ..

Ces deux produits  ont la même efficacité, et permettent de réduire le risque de cancer invasif  du sein de façon égale.
Par contre , si  le risque de  cancer in situ (intracanalaire ou intralobulaire) il est réduit par le tamoxiféne,  le raloxiféne est sans action décelable.
Quant aux risques possibles , le cancer de l'endométre , quoique rare, peut compliquer la prise  de tamoxiféne.
Le risque de thrombose est un peu plus élevé avec le tamoxiféne , quant à l'ostéoporose elle survient à un taux  équivalent avec l'un ou l'autre de ces traitements .

  • En conclusion: ces résultats sont certes prometteurs, d'autant qu'ils se retrouvent après plus de 5 ans de suivi.
  • Un nouveau venu: l'exemestane (Aromasine) émerge du dernier congrés de l'ASCO de juin  2011 : un essai portant sur prés de 4 500 femmes présentant un risque de cancer du sein  (à l'exclsuion des femmes ayant un géne BRCA) dont 50% prenaient de l'exemestane et 50% un placebo, montre , après 3 ans de recul, une réduction du taux de cancer du sein de 65%.

CONCLUSION:  Ces divers résultats sont porteurs d'espoir, mais ne permettent toutefois pas encore de passer à l'étape de l'usage clinique en dehors d'un essai clinique bien encadré. Par manque de recul, les  résultats concernant les effets sur la durée de survie des patientes et suivi à plus long terme, sont indispensables avant de pouvoir tirer des conclusions plus définitives.

Cuzick J. and al: Preventive therapy for breast cancer: a consensus statement . Lancet Oncolgy 2011 ; 22; 496-503

Freedman AN, et al. Benefit/risk assesment fort breast cancer chemoprevention with raloxifene ou ramoxifent for womene age 50 years ou older. J.clin.Oncol. 2011; 29; 2327-2333

Congrés de l'ASCO de jun 2011 à Chicago (USA)

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