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La cohorte E3N peut aujourd’hui être considérée comme un véritable « patrimoine scientifique national ». Démarrée il y a maintenant 20 ans, cette cohorte constituée de près de 100 000 femmes, âgées de 40 à 65 ans lors de leur inclusion, s’impose comme un outil remarquable pour la recherche épidémiologique sur les cancers féminins.
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Dès son origine, ce projet porté par Françoise Clavel-Chapelon (Inserm U 1018, Institut Gustave Roussy, Villejuif), a suscité un fort intérêt de la part de la MGEN et de la Ligue Contre le Cancer.
En 1991, la création de la cohorte E3N constituait un projet innovant et inédit en France. Les perspectives ouvertes par E3N, sa thématique, ses objectifs parfaitement identifiés et ses retombées potentielles étaient et sont toujours en pleine adéquation avec les différentes missions de la Ligue. Le soutien apporté à la mise sur pied de la cohorte E3N a d’ailleurs constitué en lui-même un élément fédérateur pour les Comités Départementaux de la Ligue. Depuis le soutien a été ininterrompu.
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Françoise Clavel-Chapelon (E3N)
Photo : © MGEN / Thouroude
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Une cohorte majeure
La cohorte E3N constitue l’une des plus importantes cohortes dédiées à l’étude des cancers de la femme (et d’autres maladies chroniques) au niveau mondial. A ce titre, E3N s’inscrit dans le cadre plus large de l’étude européenne EPIC (European Prospective Investigation into cancer and Nutrition) qui implique 10 pays du Nord au Sud de l’Europe et étudie les relations entre alimentation et cancer grâce à une cohorte de 500 000 hommes et femmes.
Les causes environnementales et comportementales pouvant être associées aux principaux cancers féminins sont, selon les estimations du Centre Internationale de Recherche sur le cancer en 2007 : l’alimentation (dans une fourchette de 15 à 35 %), la tabagie (9,6 %), les agents infectieux (4,4 %), la sédentarité (3,2 %), la consommation d’alcool (3 %), l’obésité/surpoids (2,3 %), la prise de traitements hormonaux (2,2 %) et les facteurs reproductifs (1,1 %). Dans ce contexte la cohorte E3N constitue un outil approprié pour étudier les relations entre, d’une part, la nutrition et l’hormonologie féminine et, d’autre part, un vaste ensemble de pathologies, les cancers, en premier lieu, mais également les maladies cardiovasculaires, l’asthme, le diabète,…
Résultats et évolution
En plus des données épidémiologiques, l’étude E3N peut aussi exploiter des échantillons biologiques. Des échantillons de sang ont été collectés auprès de 25 000 participantes. Une banque de prélèvement de salive est également en cours de constitution, à terme elle permettra aux chercheurs de disposer de l’ADN de presque 50 000 participantes pour lesquelles un échantillon de sang n’était pas disponible. Les travaux de recherche réalisés grâce à l’ensemble de ces ressources ont abouti à la publication de plus de 300 articles scientifiques ayant apporté des éclairages de premier intérêt sur des sujets comme l’influences des traitements hormonaux sur la survenue du cancer du sein, le risque associé à la supplémentation en béta-carotène ou encore l’impact de la consommation de produits riches en acide gras trans d’origine industrielle.
Dans les années qui viennent, les évolutions d’E3N, notamment la mise sur pied d’une cohorte constituée des enfants de ses participantes, E4N, devrait encore renforcer l’intérêt scientifique de ce projet.
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REPERES
La Ligue soutient E3N depuis 1990.
Depuis le démarrage de la cohorte le soutien total de la Ligue s’élève à plus de 4 millions d’euros.
Plus de 300 articles scientifiques ont été publiés par les chercheurs d’E3N seuls ou en collaboration dans le cadre d’EPIC.
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