14E COLLOQUE: LA RECHERCHE FER DE LANCE DU PROGRÈS THÉRAPEUTIQUE
Article modifié le
24/01/2012
La recherche scientifique et medicale est a l'origine de toutes les avancées qui permettront de vaincre les cancers.Premier financeur associatif de la recherche en cancérologie, la Ligue nationale contre le cancer organise à Nantes le 14e colloque consacré à sa politique de recherche. Vingt chercheurs financés grâce à la générosité des Comités Départementaux et des donateurs de la Ligue viendront présenter les résultats et avancées dus à leurs travaux.
L’apport de ces recherches au développement de nouveaux traitements constituera le thème phare de cette manifestation.
- Au cours des deux dernières années les traitements de plusieurs cancers – en particulier le mélanome, des cancers du sein, des hémopathies malignes, le cancer du pancréas, des tumeurs stromales gastro-intestinales – ont connu des avancées majeures attendues de longue date.
- Ces progrès sont fondés sur une compréhension améliorée de la cellule cancéreuse, ils résultent de plusieurs décennies de recherche et de l’intégration de plus en plus poussée des technologies d’étude du vivant (génomique et protéomique, imagerie, bioinformatique, modèles biologiques, etc.) De façon remarquable, plusieurs approches thérapeutiques différentes sont concernées : l’immunothérapie, les thérapies ciblées, ou encore la chimiothérapie, illustrant l’intérêt d’élargir l’arsenal des traitements et d’attaquer la maladie sur de multiples fronts.
Les progrès concrets de l’immunothérapie
Combattre plus efficacement la cellule cancéreuse nécessite de connaître plus précisément son fonctionnement mais également la nature de ses échanges avec son environnement direct : les tissus sains qui l’entourent mais aussi les cellules du système immunitaire. Les apports de ces connaissances sont illustrés par les progrès récents réalisés dans le domaine de l’immunothérapie. Des chercheurs du
Grand Ouest, soutenus par la Ligue dans le cadre de ses programmes nationaux et régionaux, présenteront comment leurs recherches sur les interactions entre les défenses de l’organisme et les cellules cancéreuses pourraient être à l’origine de nouvelles stratégies de traitements et de vaccins thérapeutiques ciblant des cancers comme le mésothéliome pleural malin, le cancer du rein, le cancer du côlon ou encore le cancer du pancréas.
De la recherche fondamentale aux thérapies ciblées
La compréhension sans cesse améliorée des dysfonctionnements de la cellule cancéreuse, des altérations génétiques et épigénétiques contribuant à sa transformation, constitue le socle même des thérapies ciblées. A la différence des traitements « conventionnels », ces thérapies sont dirigées contre un mécanisme spécifique de la cellule malade et leur activité épargne les tissus sains. La présentation detravaux portant sur la protéomique et la génomique (réalisés dans le cadre du programme Cartes d’Identité des Tumeurs®) du cancer colorectal illustreront l’intérêt de ces approches pour mettre en évidence des traits propres à la cellule cancéreuse et susceptibles d’être exploités pour développer de nouveaux outils diagnostiques et/ou thérapeutiques. L’identification de cibles pertinentes n’est toutefois pas suffisante : il faut aussi pouvoir délivrer les médicaments au coeur de cellesci. Une allocution consacrée à la nanomédecine, et plus particulièrement aux nanovecteurs détaillera l’intérêt de ces particules - à l’échelle du milliardième de mètre - dans le traitement du glioblastome.
Evolutions technologiques et arsenal élargi
L’arsenal des thérapies anticancéreuses profite également des progrès technologiques et scientifiques réalisés dans les domaines de l’imagerie et de la radiothérapie. Deux présentations seront consacrées aux possibilités offertes par le couplage de ces techniques, une association qui permet d’envisager à terme un diagnostic amélioré et un ciblage beaucoup plus précis des traitements radiologiques. En parallèle, l’exploration des ressources naturelles, notamment de l’écosystème marin (ressources animales, végétales, microalgues), constitue la source d’une grande diversité de composés et de nutriments d’intérêt pour les traitements. Spécialiste internationalement reconnu pour son expertise des kinases - des enzymes essentielles à diverses fonctions cellulaires et dont la dérégulation est impliquée dans de nombreuses maladies humaines -, Laurent MEIJER (CNRS USR 3151, Roscoff) a isolé plusieurs composés d’intérêt pharmacologiques à partir d’organismes marins. Ces molécules, parmi lesquelles on trouve la Roscovitine aujourd’hui en phase d’essai clinique, ont la capacité d’inhiber spécifiquement des kinases dont les dysfonctionnements sont associés au cancer, certaines d’entre-elles pourraient être à l’origine de nouvelles thérapies ciblées.
Premier financeur associatif, la Ligue s’engage dans la durée
Un soutien efficace à la recherche doit se concevoir dans la durée. Bénéficiant du programme de soutien Equipes Labellisées depuis plus d’une dizaine d’années, Guido KROEMER (Inserm U 848, Villejuif) et Patrick MELHEN (UMR Inserm 1052 - CNRS 5286, Lyon) dirigent des équipes reconnues au niveau mondial pour leur expertise et leur excellence. Leurs recherches ont bousculé des dogmes pourtant bien établis en révélant l’existence de mécanismes particuliers associés au phénomène de mort cellulaire programmée.
- Les recherches de Guido KROEMER ont levé le voile sur les interactions entre le système immunitaire et la mort cellulaire, elles permettent d’appréhender certains facteurs déterminant l’efficacité des chimiothérapies anticancéreuses.
- En découvrant les « récepteurs à dépendance », une famille de récepteurs cellulaires jusque-là inconnus, Patrick MELHEN a mis en évidence un mécanisme impliqué dans la régulation de l’équilibre entre prolifération et disparition des cellules. L’étude de ce mécanisme est aujourd’hui valorisée par le développement de nouveaux candidats médicaments.
Premier financeur associatif, la Ligue s’engage dans la durée
Acteur de santé publique, la Ligue investit également dans des programmes de soutien dédiés à des thématiques de recherche plus appliquées : recherche clinique, épidémiologie, étude des impacts sociaux et psychologiques de la maladie ou encore à des problématiques particulières comme celle de la prise en charge des adolescents et des jeunes adultes atteints par la maladie. Plusieurs projets financés dans ce cadre seront présentés :
- L’évaluation d’une nouvelle stratégie de dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes ne répondant pas à l’invitation au dépistage classique par frottis cervico-utérin.
- Les réalisations découlant du « Projet ADO » développé à Nantes dans le secteur pédiatrique, en particulier l’action pilote « Espaces jeunes » qui doit se concrétiser par la mise en place de lieux de vie spécifiquement dédiés aux jeunes malades (12-25 ans). La prise en compte des particularités des jeunes patients constitue, de fait, une condition sine qua none pour l’amélioration de leur prise en charge dans les établissements de soins.
- Les premiers résultats d’Agrican, une des plus grandes études au niveau mondial, concernant la santé en milieu agricole et plus particulièrement les facteurs impactant le risque de cancers.
- Les premiers résultats d’un programme de recherche épidémiologique et clinique ciblant le cancer de la prostate en Guadeloupe et en Martinique.
- Les résultats d’une étude portant sur les facteurs psychosociaux et anthropoculturelsdéterminants de la qualité de vie au cours des cancers du sein et de la prostate en Guadeloupe.
- Les premiers résultats de Survican, cette étude à la croisée de l’épidémiologie et de la sociologie devraient permettre la mise au point de stratégies de prévention du risque psychosocial lié à la survenue d’un cancer dans l’enfance.
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