Présidentielles : 5 histoires pour interpeller les 10 candidats
publié le 04/04/2012
Le cancer, 1re cause de mortalité en France Les candidats à l’élection présidentielle 2012 se croient-ils à l’abri du cancer et des ravages qui l’accompagnent ?
Paris, le 29 mars 2012. Au cœur de la campagne présidentielle 2012 où la santé apparaît comme une question secondaire voire oubliée, la Ligue contre le cancer, association apolitique, demande aux candidats de s’engager concrètement dans la lutte contre le cancer. Alors que les inégalités sociales et le fonctionnement du système de santé apparaissent respectivement en 5ème et en 8ème positions dans les préoccupations des Français, que plus d’1 Français sur 21 se sent personnellement en danger par rapport au cancer, la Ligue déplore l’absence de propositions concrètes par les candidats. 1re cause de mortalité en France, 1000 nouveaux malades par jour, des programmes de dépistages organisés encore peu suivis, discriminations, inégalités, appauvrissement… les ravages du cancer sont encore nombreux. Les 10 candidats à l’élection présidentielle ont donc été interpellés par la Ligue contre le cancer pour connaître leurs engagements sur ce fléau qui touche tous les Français sans aucune distinction de cultures, de situations sociales ou encore de milieux géographiques.
En tant qu’association loi 1901, porte-parole des personnes malades, témoin du vécu des patients, de leurs proches, des professionnels de santé mais aussi des évolutions de la société face à cette maladie qui effraie encore aujourd’hui, la Ligue contre le cancer constate avec une grande inquiétude que la maladie n’a pas seulement des conséquences physiques mais également sociales pour les malades et ses proches.
Aussi, la Ligue sollicite, aujourd’hui tous les candidats à l’élection et leur demande de réagir aux propositions énoncées ci-dessous :
- pour une approche globale de l’organisation des soins :
Pour pallier la désertification médicale, il devient urgent d’impliquer les acteurs de santé de proximité (pharmaciens, infirmiers libéraux) et de faciliter, par exemple, les transports entre le domicile et les lieux de soins éloignés et décentralisés…
- pour une société qui ne stigmatise plus les malades du cancer
Pour rompre les tabous tenaces et blessants portés sur la personne malade, il convient d’agir avec les chefs d’entreprises pour le maintien ou le retour à l’emploi de leurs salariés en rémission ou guéris. La guérison ou la rémission ne doit pas devenir des cancers sociaux. Les pouvoirs publics doivent obliger les assureurs à revoir leurs bases de calculs des surprimes.
- pour garantir un minimum vital financier pour tous les malades
Il est aujourd’hui inacceptable que les dépassements d’honoraires soient de plus en plus fréquents pour les praticiens du secteur 2. Il est indispensable de les encadrer et de les limiter d’une part et d’autre part d’instaurer, sans délai, un seuil du « reste pour vivre » en deçà duquel un malade atteint de cancer ne peut plus vivre décemment.
- pour une valorisation des jeunes chercheurs
Pour maintenir l’attractivité des filières scientifiques françaises et pour capitaliser sur l’avenir, il est désormais urgent d’augmenter le nombre de postes de jeunes chercheurs et de revaloriser leur rémunération et leur image sociale.
- pour un prélèvement solidaire sur les bénéfices de l’industrie du tabac
Afin de lutter concrètement contre la première cause de cancer, la Ligue demande la création d’un fonds prélevé sur les bénéfices de l’industrie du tabac qui permettrait de prendre en charge les désastres causés par ce poison, sur le principe du pollueur-payeur (cf. le site Tueurs Payeurs). Pour éviter l’entrée en tabagie ou encore pour faciliter l’arrêt du tabac, la France doit appliquer les mesures de la Convention-cadre pour la lutte antitabac, traité dont elle est signataire depuis 2004 et qui reste, encore aujourd’hui, sous silence.
« Comment imaginer qu’en 2012, les candidats à l’élection présidentielle puissent ignorer les impacts médicaux et sociaux du cancer ? Ces hommes et femmes volontaires pour le poste de président de la République devraient, par définition, être volontaires pour protéger et aider les concitoyens les plus vulnérables. En partant du vécu des malades, la Ligue contre le cancer énonce différentes préconisations, susceptibles de constituer une feuille de route pour le prochain quinquennat » affirme Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer.
…pour garantir un système de santé égalitaire et solidaire
L’article 25 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948 prévoit que « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »
Ces principes de 1948 sont aujourd’hui mis à mal dans notre système de santé pour les malades en affection longue durée. Il est donc plus qu’urgent que le futur président et le nouveau gouvernement s’emparent de cette problématique et instaurent des mesures pour pérenniser notre système de santé longtemps considéré comme un modèle pour de nombreux pays. Cette campagne présidentielle doit, plus que jamais, replacer la problématique de santé publique au cœur des engagements de nos politiques. Il est du devoir du président de la République d’éviter qu’une personne malade soit laissée dans l’indifférence, l’ignorance et la solitude.
La Ligue contre le cancer assurera la transparence des engagements des candidats
La Ligue contre le cancer délivrera une semaine avant le 1er tour, par voie de presse, sur le site internet de la Ligue et sur les réseaux sociaux, les réponses des candidats qu’elle aura réceptionnées. Elle mettra en lumière les promesses, les déclarations, les silences pour que chaque citoyen puisse connaître l’engagement des candidats en faveur de la lutte contre le cancer et de manière plus large en faveur d’un système de santé solidaire et protecteur.
Lors du prochain quinquennat, la Ligue veillera avec opiniâtreté que les promesses énoncées par le candidat élu soit réalisées avec humanisme et efficacité.
1 Étude de notoriété et d’image grand public de la Ligue contre le cancer, Ipsos, janvier 2012.
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