CANCER DU SEIN
Cette rubrique a pour but de vous informer pour mieux comprendre ce qu'est cette maladie. Comme chaque cas est unique, seul le dialogue avec votre médecin vous permettra de bien comprendre votre situation
Ce qu'il faut savoir sur le sein
Le sein a deux fonctions importantes : il joue d'une part un grand rôle dans l'image que la femme a de son corps et de sa féminité. C'est d'autre part l'organe de la lactation, c'est-à-dire qu'il produit du lait pour nourrir le nouveau-né.
Le sein est une glande* (on désigne également le sein sous le nom de glande mammaire), composée de compartiments. Chacun de ces compartiments comprend des lobules et des canaux. Les lobules fabriquent du lait en période d'allaitement et les canaux le transportent vers le mamelon où il est tété par le bébé.
Le sein est sous l'influence d'hormones sexuelles, fabriquées par les ovaires, de la puberté à la ménopause :
• Les oestrogènes favorisent le développement des seins au moment de la puberté. Ces hormones sont fabriquées au cours de la première partie du cycle menstruel.
• La progestérone est principalement présente lors de la seconde partie du cycle menstruel. Elle complète l'action des oestrogènes.
• Par ailleurs, la sécrétion de lait (lactation) est sous l'influence de la prolactine, hormone fabriquée au niveau de l'hypophyse*.
Quels sont les différents types de cancer du sein ?
La grande majorité des cancers du sein sont des "adénocarcinomes", c'est-à-dire qu'ils se développent dans la glande mammaire, à partir des cellules des canaux (cancer canalaire) ou des lobules (cancer lobulaire).
On distingue deux types de cancers du sein :
• Les cancers sont dits "infiltrants" lorsque les cellules cancéreuses franchissent la paroi des canaux ou des lobules ; le cancer canalaire infiltrant est la forme la plus fréquente, le cancer lobulaire infiltrant étant beaucoup plus rare.
• Les cancers infiltrants peuvent disséminer vers les ganglions (les plus souvent touchés sont les ganglions axillaires*, situés au niveau des aisselles) ou d'autres parties du corps, à l'origine de tumeurs secondaires ou métastases. Les organes les plus susceptibles d'être le siège de métastases d'un cancer du sein sont les os, les poumons, le foie et le cerveau.
• Les cancers sont dits "intracanalaires" ou encore "in situ" si les cellules cancéreuses demeurent à l'intérieur des canaux ; ils sont le plus souvent découverts lors d'un examen de dépistage systématique par mammographie. Dans certains cas, ce cancer in situ peut être révélé par un écoulement de sang du mamelon ou un eczéma à ce niveau.
Ces deux types de cancers se traitent généralement de façon différente. Les cancers "infiltrants" peuvent associer des traitements locaux (chirurgie, radiothérapie) et des traitements plus généraux (chimiothérapie, hormonothérapie), alors que pour les cancers "in situ", le traitement local peut suffire.
Les facteurs de risque du cancer du sein :
Ce cancer est le plus fréquent des cancers féminins : chaque année en France, environ 42 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. On estime qu'actuellement 1 femme française sur 10 sera confrontée dans sa vie à cette maladie.
Il est très difficile de déterminer la cause d'un cancer du sein. Des études scientifiques ont montré que certaines caractéristiques propres à la personne ou des comportements étaient plus souvent observés chez les femmes ayant eu un cancer du sein que chez les autres femmes. Les femmes présentant l'une de ces caractéristiques, appelées facteurs de risque, ont ainsi un risque plus élevé que les autres de développer un jour un cancer du sein :
• une puberté précoce (premières règles avant 12 ans) et une ménopause tardive (après 55 ans) ;
• une absence de grossesse ou une première grossesse après 40 ans ;
• une consommation exagérée d'alcool, de sucres et de graisses d'origine animale.
L'âge est un facteur important : le risque d'avoir un cancer du sein augmente avec l'âge (75 % des cas surviennent chez des femmes de plus de 50 ans). C'est pourquoi les programmes de dépistage du cancer du sein ont été mis en place pour les femmes à partir de 50 ans.
Le traitement hormonal substitutif (THS), en retardant la ménopause, augmente le risque de survenue d'un cancer du sein par rapport au risque des femmes ménopausées non traitées. Ce risque est certes faible : chez les femmes traitées par THS pendant 5 ans, le nombre de cas supplémentaires de cancer du sein par rapport aux femmes ne prenant pas de THS, est de 8 pour 10 000 par an.
Quelques cancers (seulement de 5 à 8 % d'entre eux) peuvent être d'origine génétique et peuvent se transmettre de mère à fille. C'est pourquoi il est important de se faire suivre "très régulièrement" si une de vos proches parentes (mère, tante maternelle, sœur, fille) a eu un cancer du sein. S'il le juge nécessaire, le médecin pourra proposer une consultation chez un spécialiste d'oncologie génétique*. Il vous proposera peut-être de faire un test génétique, pour voir si vous êtes porteuse d'une modification (appelée "mutation") d'un gène dit de risque de cancer du sein. Les principaux gènes sont dénommés BRCA1 et BRCA2. Leurs mutations exposent aussi au risque de cancer de l'ovaire.
Il est important de savoir que même si la présence d'un ou plusieurs de ces facteurs de risque peut effectivement favoriser l'apparition d'un cancer du sein, une femme possédant une ou plusieurs de ces caractéristiques peut ne jamais développer de cancer. En revanche, une femme ne présentant aucun facteur de risque peut développer un cancer du sein. Ces facteurs de risque ne suffisent donc pas à connaître les causes exactes d'un cancer du sein chez une femme donnée.
En revanche, on sait aujourd'hui que l'allaitement, une alimentation variée et équilibrée, une activité physique régulière constituent des facteurs qui diminuent le risque de développer un cancer du sein.
Prévention du cancer du sein :
Dans la mesure où les connaissances sur les facteurs de risque restent malgré tout limitées, on ne peut, à l'heure actuelle, éviter la survenue d'un cancer du sein. En revanche, on peut le détecter très précocement, lorsqu'il fait moins d'un cm de diamètre, grâce à la mammographie*, dans le cadre d'un suivi régulier et accroître ainsi les chances de guérison, au moyen de traitements moins lourds.
C'est pourquoi toutes les femmes françaises de 50 à 74 ans peuvent bénéficier désormais d'une mammographie de dépistage gratuite tous les deux ans, grâce au programme national de dépistage du cancer du sein mis en place par l'Etat et les organismes d'Assurance Maladie. Cette mammographie de dépistage est réalisée par des radiologues ayant reçu une formation spécifique, avec des appareils régulièrement contrôlés. En cas d'anomalie détectée, des examens complémentaires sont alors proposés (échographie, ponction et éventuellement biopsie) pour confirmer ou au contraire éliminer le diagnostic de cancer.
Par ailleurs, le risque de rechute* d'un cancer du sein est très variable et lié à son extension au moment du diagnostic. Il faut savoir que la plupart des rechutes surviennent dans les cinq ans suivant le traitement. Elles sont cependant loin d'être systématiques et dans la plupart des cas, le cancer ne réapparaît jamais. C'est une surveillance régulière et prolongée qui permettra donc de détecter des signes de rechute du cancer et de mettre rapidement en place le traitement qu'il convient.
Dépister un cancer du sein :
Toute anomalie récente doit attirer l'attention.
Une grosseur palpable du sein, une ridule (petite ride), une douleur inexpliquée, tout écoulement anormal par le mamelon, une rétraction du mamelon, un creux dans la peau du sein, peuvent être le signe de la présence d'une tumeur. La plupart des médecins, en particulier les gynécologues, sont formés pour savoir comment examiner et palper le sein. Vous pouvez leur demander conseil et il est important de signaler rapidement à votre médecin traitant tout signe qui a attiré votre attention. Le médecin jugera alors des examens complémentaires nécessaires :
• Une mammographie
Une radiographie des seins s'appelle une mammographie. C'est l'examen de base, indispensable à pratiquer devant une anomalie du sein. Cependant, même si le médecin "voit" une anomalie (ou lésion) sur la mammographie, il ne peut pas toujours dire s'il s'agit d'un cancer ou d'autre chose sans danger comme un kyste ou une tumeur bénigne. C'est pourquoi, il est alors important de réaliser une analyse plus poussée.
Aujourd'hui, la plupart des mammographies sont réalisées de façon préventive chez les femmes de plus de 50 ans. Le but est alors de dépister des tumeurs très petites, qui passent inaperçues lors d'un examen du sein par la palpation. Ce dépistage est d'autant plus intéressant que les traitements sont plus efficaces sur une tumeur détectée à un stade précoce que sur un cancer plus avancé.
Pour confirmer le diagnostic, le médecin a à sa disposition, en fonction de la taille et de la localisation de l'anomalie :
• L'échographie* mammaire
Elle complète la mammographie, mais ne la remplace pas. Elle peut aider à localiser l'anomalie pour guider un prélèvement, ou à reconnaître un kyste liquidien.
• Une aspiration ou ponction cytologique
A l'aide d'une aiguille et d'une seringue, on aspire des cellules au niveau de l'anomalie. Les cellules prélevées sont examinées au microscope pour savoir s'il s'agit d'un cancer. Cet examen n'est cependant pas suffisant en général pour affirmer le diagnostic et il est alors nécessaire d'effectuer une biopsie.
• Une biopsie
La biopsie est le fait de prélever des fragments de tissu au niveau du sein. L'examen histologique correspond à l'examen des cellules au microscope pour savoir si elles sont ou non cancéreuses. Dans la plupart des cas, la biopsie se réalise sans intervention chirurgicale, à l'aide d'une aiguille qui permet d'atteindre la lésion et d'en prélever un fragment qui sera envoyé au laboratoire d'analyses. Ce prélèvement s'effectue sous anesthésie locale (on endort la partie du sein qui va être piquée) et ne dure que quelques minutes. Il peut être réalisé par le personnel soignant ou automatiquement par une machine.
On distingue :
- la microbiopsie : le médecin prélève quelques fragments de tissu au niveau de l'anomalie à l'aide d'une aiguille fine ;
- la macrobiopsie : le médecin prélève des fragments plus volumineux de tissu de l'anomalie (appelés "carottes") en utilisant une aiguille plus grosse.
Mieux connaître la tumeur cancéreuse
Pour bien adapter le traitement, il est important de connaître les principales caractéristiques de la tumeur cancéreuse. Ainsi, le médecin cancérologue va effectuer des analyses destinées à mieux connaître les caractéristiques de la tumeur :
• Déterminer l'extension de la tumeur
Un cancer est ainsi classé en différents stades selon la classification T.N.M., système international de classification des tumeurs malignes. La lettre "T", pour tumeur, précise son extension locale, (grâce à la mammographie) ; la lettre "N", pour node (adénopathie ou ganglion lymphatique augmenté de volume) fait le point sur l'état des adénopathies régionales ; la lettre "M" désigne les métastases.
La classification T.N.M.
| T : extension locale |
(Dimension de la tumeur) |
N : extension loco-régionale |
(Atteinte des ganglions) |
M : extension à distance |
(Métastases) |
| T1 |
tumeur < 2 centimètres |
N0 |
pas de signe d'atteinte ganglionnaire régionale |
M0 |
absence de métastases |
| T2 |
dimension comprise entre 2 et 4 centimètres |
N1 |
1 ganglion homolatéral < 3 centimètres |
M1 |
présence de métastases |
| T3 |
tumeur > 4 centimètres |
N2 |
• 1 ganglion homolatéral de dimension 3 à 6 centimètres
• ganglions homolatéraux, controlatéraux ou bilatéraux < 6 centimètres |
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| T4 |
extension aux structures adjacentes (os, tissus mous, muscles) |
N3 |
ganglion(s) > 6 centimètres |
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• Etudier le degré d'agressivité des cellules cancéreuses
Il est classé lui aussi en différents stades appelés SBR1, SBR2 et SBR3 (analyses réalisées sur les cellules prélevées lors de la biopsie).
• Connaître la sensibilité des cellules cancéreuses aux hormones féminines
Pour déterminer si un cancer du sein est hormonosensible, il faut faire un dosage des récepteurs hormonaux. Celui-ci est effectué sur les fragments de tissus prélevés sur la tumeur. Ce dosage va guider le médecin dans sa décision de proposer ou non un traitement hormonal. En effet, pour réagir à ce traitement, les cellules de la tumeur doivent posséder des récepteurs hormonaux à leur surface. Ils vont permettre de détecter et de capter les hormones présentes dans la circulation sanguine.
• Analyser les ganglions axillaires
Les ganglions axillaires sont de petits organes de la taille d'un haricot et qui contiennent uniquement des cellules immunitaires appelées lymphocytes (on appelle ces ganglions des ganglions lymphatiques). Les ganglions axillaires sont situés sous le bras (aisselle). Une dizaine de ganglions est prélevée lorsqu'on enlève la tumeur du sein, au moment de l'intervention chirurgicale. Ces ganglions sont ensuite analysés pour savoir s'ils renferment ou non des cellules cancéreuses venant du sein. S'ils ont des cellules cancéreuses, un traitement régional (radiothérapie) ou général (chimiothérapie ou hormonothérapie) sera alors envisagé.
• Réaliser d'autres examens complémentaires
Pour certaines formes de cancers, des examens complémentaires plus poussés peuvent être réalisés pour vérifier si d'autres organes sont atteints. On peut citer :
- un scanner ou une échographie du foie, des poumons,
- une IRM du cerveau, - une scintigraphie osseuse.
Quels sont les principaux traitements actuellement utilisés ?
L'objectif du traitement est de supprimer toutes les cellules cancéreuses. Pour y parvenir, on associe souvent plusieurs types de traitement. Chaque cas est particulier et le choix du traitement dépend de nombreux facteurs propres à chaque personne : âge de la malade, type de cancer, extension de la tumeur, aspect et agressivité des cellules cancéreuses, sensibilité aux hormones sécrétées par l'ovaire (appréciée par la présence de récepteurs hormonaux sur les cellules).
Les traitements proposés peuvent être réalisés seuls ou être associés entre eux :
• La chirurgie
La chirurgie demeure le traitement de référence du cancer du sein car elle permet d'enlever la tumeur. Pour les cancers "infiltrants", la chirurgie consiste à enlever la tumeur (tumorectomie) au niveau du sein ainsi qu'une dizaine de ganglions lymphatiques situés sous l'aisselle du bras proche du sein atteint (ce prélèvement de ganglions est appelé "curage axillaire" et entraînera une seconde cicatrice située sous le bras). Suivant la situation ou l'étendue de la tumeur, le chirurgien pourra ou non conserver la glande du sein. Dans un grand nombre de cas, l'ablation du sein (mastectomie) peut être évitée et on enlève alors largement la tumeur en conservant le reste de la glande mammaire. Dans le cas où elle est indispensable, l'ablation du sein est devenue beaucoup moins mutilante car elle conserve les muscles pectoraux. Une reconstruction pourra être envisagée, soit immédiate, soit différée. Vous pouvez discuter des différentes possibilités avec votre médecin et avec le chirurgien qui vous opérera. Dans tous les cas, la reconstruction reste le choix de chaque patiente.
• La radiothérapie
C'est un traitement local, qui vise à compléter l'intervention chirurgicale. Elle a pour but de détruire les cellules cancéreuses à l'aide d'appareils qui émettent des rayons. La radiothérapie est quasi systématique lorsque le sein a été conservé. Elle est également réalisée dans le cas où les analyses montreraient que les ganglions prélevés lors de l'intervention chirurgicale contiennent des cellules cancéreuses. Elle peut précéder la chirurgie si l'on cherche à réduire la tumeur avant de l'enlever.
Deux techniques de radiothérapie sont utilisées, parfois en association :
- la radiothérapie externe fait appel à un appareil qui émet des rayons et situé à distance du corps.
- la curiethérapie correspond à l'utilisation de fils d'iridium radioactifs qui sont placés directement dans la tumeur ou dans la zone initiale de la tumeur opérée. Cette technique peut également être utilisée pour délivrer une dose complémentaire au niveau de la cicatrice qui constitue une zone à risque de rechute.
• La chimiothérapie
Dans certains cas, elle sera prescrite "par prudence" pour compléter le traitement local et mettre toutes les chances de son côté pour éviter d'éventuelles rechutes. Dans d'autres cas, elle précédera la chirurgie dans le but de réduire la taille de la tumeur avant de l'enlever. La chimiothérapie peut également être envisagée dans le cas où les analyses montreraient que les ganglions prélevés lors de l'intervention chirurgicale contiennent des cellules cancéreuses. De même, si la tumeur a migré dans d'autres organes (pour créer des métastases), la chimiothérapie est également indiquée.
Récemment, l'arsenal thérapeutique contre le cancer du sein s'est enrichi avec l'arrivée de l'herceptine. Il s'agit d'un anticorps monoclonal destiné à bloquer un récepteur spécifique, ErbB2, présent en surabondance chez certaines femmes atteintes d'un cancer du sein. En effet, la présence en surnombre de ce récepteur se traduit par la surproduction d'une protéine, elle-même à l'origine de la survenue du cancer. Couplée à une chimiothérapie, l'herceptine double les chances de disparition des tumeurs chez ces femmes.
• Les traitements hormonaux ou hormonothérapie
Les cellules cancéreuses du sein sont plus ou moins hormono-dépendantes. Cette dépendance est attestée par le taux de fixation des récepteurs hormonaux. L'hormonothérapie la plus efficace réside dans l'emploi d'un anti-oestrogène, le tamoxifène, particulièrement chez la femme de plus de 50 ans ou ménopausée, après traitement de la tumeur cancéreuse du sein. L'anti-œstrogène agit en bloquant l'effet des oestrogènes sur les cellules cancéreuses hormonosensibles. Le tamoxifène est dans l'ensemble bien toléré, mais demande un examen gynécologique tous les ans car il peut entraîner des modifications au niveau des organes génitaux.
Dans le cas des cancers du sein qui ont atteint d'autres organes (on parle de métastases), les traitements proposés font généralement appel à la chimiothérapie ou à l'hormonothérapie qui pourront agir sur toutes les cellules cancéreuses quel que soit l'endroit (organe) où elles se trouvent.
Le traitement est-il efficace ? Pourquoi une surveillance après le traitement ?
Plus le cancer est détecté précocement, plus les chances de guérir sont élevées. Cependant, chaque cas est particulier et les chances de guérison doivent être estimées à partir de l'ensemble des analyses. Les traitements actuels sont généralement efficaces, mais les médecins ne peuvent pas promettre la guérison. Ils peuvent cependant vous dire ce qu'ils proposent pour augmenter encore vos chances de guérison.
Après un traitement du cancer du sein, il faut attendre plusieurs mois pour savoir s'il reste ou non des cellules cancéreuses au niveau de la région traitée. Une surveillance régulière est nécessaire pour détecter les signes d'une éventuelle rechute et prendre en charge les possibles effets secondaires des différents traitements. La surveillance est évidemment adaptée à chaque malade. Schématiquement, une surveillance médicale est fortement recommandée tous les 3 ou 4 mois au début, puis tous les 6 mois. Après 5 ans, une visite tous les ans est suffisante. Cette surveillance est avant tout clinique (palpation) et s'accompagne d'une mammographie une fois par an.
Des analyses sur prise de sang sont également réalisées pour surveiller la quantité de CA 15-3 présente dans le sang. Le CA 15-3 est une protéine fabriquée par les cellules cancéreuses du sein. Cette substance permet donc de surveiller l'éventuel réveil de la tumeur qui ne pourra être confirmé qu'à l'aide d'examens plus poussés. En aucun cas, cet examen n'est suffisant pour savoir ce qui se passe
Quelles sont les conséquences des traitements ?
Les séquelles les plus visibles sont généralement dues à la chirurgie.
A noter que les chirurgiens ont beaucoup amélioré leur technique pour prendre en compte les critères esthétiques. Ils tentent de réaliser des cicatrices les moins visibles possibles et la chirurgie reconstructrice (immédiate ou différée suivant les cas) permet de rétablir un sein lorsque la glande mammaire a été retirée. Diverses possibilités existent dont vous pouvez discuter avec le chirurgien.
La chirurgie des ganglions axillaires est aujourd'hui moins étendue qu'auparavant et respecte davantage les vaisseaux lymphatiques de l'aisselle. Grâce aux nouvelles techniques chirurgicales et à la kinésithérapie (drainages lymphatiques), le lymphoedème* (œdème du bras) est beaucoup moins fréquent. Par ailleurs, des précautions simples sont à prendre du côté du bras opéré comme éviter de porter de lourdes charges, de se cogner, se protéger contre les risques d'infection (port de gants en cas de jardinage, désinfection soigneuse des plaies), s'abstenir de toute exposition au soleil et éviter les prises de sang ou de pression artérielle du côté du bras opéré.
En ce qui concerne la pratique du sport, les interdits sont rares et vous seront donnés par votre médecin. Dans tous les cas, adoptez une pratique douce, sans brusquer les choses. La natation, la gymnastique douce, la danse et la marche sont des activités particulièrement recommandées.
Les effets secondaires de la radiothérapie consistent essentiellement en :
• une rougeur de la peau : c'est la réaction la plus fréquente après deux semaines de traitement. On parle alors d'"effet coup de soleil". L'application quotidienne d'éosine permet d'éviter que la peau ne pèle.
• un œdème du sein : un gonflement modéré du sein peut survenir au cours de la radiothérapie. Il disparaît au cours de l'année qui suit le traitement.
• un œdème de l'œsophage : un gonflement et une inflammation de la muqueuse de l'œsophage peut apparaître lors de l'irradiation des ganglions situés près du sternum. La malade ressent alors une gêne pour avaler. Elle peut être rapidement améliorée par des médicaments adaptés (anti-inflammatoires, pansements gastriques, anesthésiques locaux).
• un lymphoedème : l'apparition d'un "gros bras" est liée à la fragilisation de la circulation lymphatique.
• La kinésithérapie, la prise de médicaments veinotoniques et le respect de quelques mesures simples (voir plus haut) permettent de s'y opposer efficacement.
Les médicaments de la chimiothérapie ont en commun d'entraîner certains effets secondaires, plus ou moins accentués selon les produits.
Ils régressent avec l'arrêt des produits, mais peuvent être prévenus ou corrigés lors de leur apparition :
• les nausées et vomissements : redoutés par les malades, ils sont heureusement aujourd'hui moins intenses grâce aux médicaments utilisés et à l'action préventive d'antiémétiques puissants (médicaments qui empêchent les vomissements).
• la diarrhée : il faut boire abondamment eau, thé, bouillon ou des boissons gazeuses pour éviter tout risque de déshydratation. En cas de persistance, des médicaments antidiarrhéiques peuvent être prescrits.
• la constipation : assez fréquente, elle est liée à la chimiothérapie, aux médicaments antiémétiques ou encore à l'inactivité physique. Elle sera soulagée par un traitement spécifique.
• les aphtes : relativement rares, ils varient selon les protocoles de chimiothérapie utilisés. On parle aussi de "mucite buccale". Ils seront prévenus par des bains de bouche après les repas. Lorsqu'ils sont nombreux, ils peuvent être la conséquence d'une diminution du nombre de globules blancs, dont le taux doit alors être contrôlé par une prise de sang.
• la chute de cheveux ou alopécie : elle est fréquente mais pas systématique. Elle est le plus souvent progressive, démarrant 2 à 3 semaines après la première perfusion. Elle est toujours temporaire, les cheveux repoussant toujours à la fin de la chimiothérapie. Selon les médicaments utilisés, on peut proposer le port d'un casque réfrigérant pendant la séance de chimiothérapie, mais il faut savoir que son efficacité est variable selon les femmes. Sachez également qu'aucune vitamine n'a montré un quelconque intérêt pour empêcher la chute des cheveux.
• la diminution de certains globules blancs : le nombre des polynucléaires neutrophiles diminue souvent. Généralement de courte durée, cette diminution est sans conséquence. Cependant, une surveillance par prises de sang régulières est effectuée. En cas de chute trop importante (aplasie), la malade court alors un risque d'infection.
• la diminution des globules rouges : appelée aussi anémie, elle peut survenir en fin de traitement. Elle peut être responsable d'une fatigue importante.
• la diminution des plaquettes : elle entraîne un risque d'hémorragie en cas de coupure accidentelle, car les plaquettes permettent la coagulation du sang. Il s'agit d'une complication rare, liée à un médicament bien spécifique, le carboplatine, rarement utilisé dans le cancer du sein.
• la fatigue : c'est un effet secondaire fréquent de la chimiothérapie. La fatigue est en réalité liée à plusieurs facteurs : la maladie elle-même, les traitements associés entre eux, la baisse des globules rouges lors de la chimiothérapie, mais aussi le stress et l'angoisse.
Quels sont les principaux éléments pronostiques ?
La prise en charge du cancer du sein a beaucoup évolué ces dernières années : on le diagnostique à un stade plus précoce, on dispose de méthodes de traitement plus efficaces et surtout on sait mieux personnaliser les traitements grâce à certains examens pratiqués sur la tumeur et à la prise en compte des aspirations des femmes. Aujourd'hui, les progrès thérapeutiques permettent d'obtenir des taux élevés de guérison du cancer du sein.
La détresse psychologique qui accompagne souvent une telle maladie est également aujourd'hui mieux comprise et prise en compte. Pour mieux vivre avec sa maladie, il est essentiel d'avoir des explications et des informations pour comprendre. L'équipe soignante, les médecins psychiatres ou les psychologues sont à même d'apporter à la malade une aide morale précieuse. Il est important d'établir une bonne relation avec le médecin, le conjoint et les proches, pour conserver un équilibre psychologique. Les associations de patientes sont également très utiles car elles permettent de rencontrer des femmes ayant vécu les mêmes expériences et qui peuvent donc donner des conseils avisés.
Que se passe-t-il après le traitement ?
Il n'y a pas de régime alimentaire à suivre
Il est juste conseillé d'avoir une alimentation équilibrée, pas trop grasse (et préférer les graisses d'origine végétale aux graisses d'origine animale), et de garder votre poids de référence. En quantité modérée, le vin n'est pas contre-indiqué.
Quelques informations complémentaires au sujet de la vie sexuelle
Sachez que :
• la chimiothérapie peut s'accompagner d'un arrêt de vos règles pendant le traitement ou provoquer, si vous êtes proche de la ménopause, la survenue accélérée de cette dernière ;
• si vous avez interrompu votre vie sexuelle lors des traitements, il n'y a aucune raison pour ne pas la reprendre ensuite. Certes, la femme peut ressentir une diminution du désir ; le dialogue et la tendresse manifestée par son compagnon permettront le plus souvent de surmonter ces difficultés ;
• la cicatrice thoracique peut être douloureuse, au moins dans les premiers mois : n'hésitez pas en parler à votre partenaire pour adapter vos relations sexuelles ;
• si vous êtes toujours réglée, la pilule contraceptive n'est pas recommandée : préférez les autres méthodes (la pilule contraceptive contient des oestrogènes qu'il faut éviter car ils peuvent activer les cellules cancéreuses du sein).
Vous désirez avoir un enfant ?
On sait que cela est fort possible après avoir eu un cancer du sein. Toutefois il est nécessaire de laisser un peu de temps (environ deux ans) et de demander son avis à votre médecin cancérologue. S'il est d'accord, avant de mettre en route une grossesse, il pratiquera un bilan complet pour être certain que tout est bien stabilisé.
Et le traitement de la ménopause ?
Officiellement, il est formellement déconseillé chez toute femme ayant été traitée pour un cancer du sein. Actuellement, cette interdiction est remise en question par quelques équipes. Toutefois, la prudence demande, jusqu'à plus ample information, d'éviter les traitements hormonaux de la ménopause tout en suivant des conseils pour éviter l'ostéoporose (c'est-à-dire la fragilisation des os) : absorber suffisamment de calcium, avec éventuellement la prise de vitamine D, et faire de l'exercice. Le tamoxifène aurait d'ailleurs une action bénéfique dans ce domaine.
La réinsertion socio-professionnelle après la maladie
Elle a pour but d'aider la patiente et sa famille dans sa vie quotidienne. L'aide d'une assistante sociale pendant la maladie peut permettre à la patiente d'éviter ou de résoudre certaines difficultés pendant les hospitalisations, mais aussi après les traitements. Un tel suivi facilite la reprise d'une vie normale. A noter que les associations d'anciens patients et de bénévoles peuvent également aider la malade par leur expérience et lui apporter des conseils adaptés et des adresses utiles.
En ce qui concerne la reprise du travail, l'idéal, si l'organisation professionnelle le permet, est de reprendre progressivement le travail, à temps partiel par exemple. La loi prévoit d'ailleurs des aménagements du temps du travail. Là encore, il est conseillé de s'adresser à une assistante sociale, car les dispositions dépendent de nombreux facteurs (situation particulière, employeur, Caisse de Sécurité sociale).
Pour plus d'information sur dépistage du cancer du sein :
http://www.rendezvoussanteplus.net
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