WILLIAM VAINCHENKER, LAURÉAT DU PRIX DUQUESNE 2008

75 000 euros pour la recherche hématologique

LE COMITE DE PARIS DE LA LIGUE CONTRE LE CANCER
 DECERNE LE PRIX DUQUESNE 2008 (75 000 €) A L’EQUIPE DU
PR WILLIAM VAINCHENKER A L’INSTITUT GUSTAVE ROUSSY
 
 
Le prix Duquesne récompense les avancées scientifiques et médicales majeures d’une équipe pluridisciplinaire extraordinaire qui, sous la direction du professeur William VAINCHENKER, associe scientifiques, médecins et pharmaciens dans des recherches diversifiées et complexes, inspirées par des intuitions initiales particulièrement fécondes qui ont assuré leur cohérence et leur succès impressionnant.
 
L’équipe du Pr. VAINCHENKER a d’abord exploré la différentiation de deux lignées de la moelle osseuse, la lignée mégacaryocytaire à l’origine des plaquettes sanguines et la lignée érythroblastique à l’origine des globules rouges ou hématies. Il s’agissait de caractériser grâce à des marqueurs cellulaires les mégacaryocytes, de démontrer leur promiscuité avec les érythroblastes dont ils partagent le progéniteur et d’étudier leur régulation. Ce travail mené avec Françoise WENDLING, a conduit à une découverte considérable : l’identification  de la thrombopoïétine, facteur circulant de croissance et de maturation des mégacaryocytes et au clonage de son gène.
L’analyse des fonctions des mégacaryocytes, c’est à dire de la formation des plaquettes, a permis le clonage du gène d’un récepteur au collagène, protéine qui constitue la cible des traitements  antithrombotiques.
 
Dans le domaine proprement médical, les travaux de cette équipe ont porté sur les insuffisances congénitales en plaquettes mais surtout sur les syndromes myéloprolifératifs, ensemble qui regroupe la polyglobulie ou maladie de Vaquez (excès de globules rouges), la myélofibrose, la thrombocytémie (excès de plaquettes) et la leucémie myéloide chronique. Là encore le succès est impressionnant puisque l’équipe a découvert chez les patients atteints de maladie de Vaquez une mutation récurrente du gène de la janus kinase JAK2. Ceci conduit à la protéine mutée JAK2V617F qui entraîne  un gain de fonction expliquant l’hypersensibilité des patients aux cytokines.
Cette protéine mutée mesurable grâce à un kit quantitatif mis au point avec la société Ipsogen a été retrouvée dans 95% des polyglobulies de Vaquez, et dans la moitié environ des myélofibroses et des thrombocytémies. La mutation de JAK2  est devenue un critère de base pour le diagnostic des syndromes myéloprolifératifs et apporte des éléments pronostiques importants.
Grâce à la protéine mutée JAK2, un modèle animal de polyglobulie a été réalisé chez la souris permettant de futurs essais thérapeutiques.
Des inhibiteurs plus ou moins sélectifs de JAK2 par rapport aux autres kinases sont testés à l’heure actuelle en attendant l’inhibiteur spécifique espéré.
 
Il est exceptionnel qu’une seule équipe soit à l’origine de découvertes scientifiques d’une telle ampleur comportant des retombées médicales d’une telle importance.
Son aura internationale est à la mesure de ses succès qui justifient largement le prix important qui l’honore.

http://www.ligue-cancer.net/cd75/article/2044_william-vainchenker-laureat-du-prix-duquesne-2008