LA RECHUTE

Vous avez été traité pour un cancer il y a quelques mois, voire quelques années. Vous êtes depuis sous surveillance médicale régulière et rigoureuse. Pourquoi ? Lorsque l'on est traité pour un cancer, il arrive que subsiste sur le lieu de la tumeur ou même à distance, quelques cellules tumorales et ce, en dépit des traitements les mieux conduits : c'est ce que l'on appelle le risque de rechute.

La rechute est bien sûr très difficile à vivre et à accepter. A-t-on fait tous ces efforts de traitement en pure perte ? On risque alors de craquer, on a peur de nouveaux traitements encore plus contraignants, on n'a plus envie de se battre, on éprouve la tentation de recourir aux médecines parallèles. Les mots "récidive" ou "métastases" sont encore trop souvent vécus comme synonymes de mort. Certaines rechutes peuvent être traitées avec un bon espoir de guérison définitive. Mais, même lorsque la perspective d'une guérison définitive s'éloigne, on peut vivre de nombreuses années après une rechute avec une bonne qualité de vie. Cependant, la maladie est devenue chronique et nécessite une surveillance constante.

Pour vous aider à faire face à cette nouvelle épreuve, nous avons identifié quelques-unes de vos questions les plus courantes auxquelles nous avons essayé de répondre. 

Qu'entend-on par "rechute" ?

Les signes d'une rechute sont variés, dans leur expression, dans leur signification, dans leur traitement. La rechute n'est pas un deuxième cancer mais la résurgence du premier.
En effet, elle est liée à la persistance de cellules tumorales malgré le traitement initial.
Cela ne signifie en rien que le traitement initial a été défectueux. Il arrive en effet que des cellules échappent aux traitements, soit parce qu'elles sont résistantes, soit parce qu'elles siègent dans un site où elles sont difficilement observables.

La rechute peut se manifester de deux façons :
 • La récidive locale ou loco-régionale. 
Elle siège sur le lieu même ou dans le proche voisinage de la tumeur primaire. Par exemple, au niveau du sein opéré dans le cas d'un cancer du sein traité de façon conservatrice ou encore à proximité de la zone d'une tumeur colique ou rectale précédemment opérée ou irradiée.
 • Les métastases. 
A l'opposé, celles-ci siègent à distance de la lésion initiale et souvent dans un organe tout à fait différent. Elles sont liées au développement d'une cellule tumorale qui a migré à distance, véhiculée par le courant sanguin ou lymphatique. Cette ou ces cellules peuvent avoir migré très précocement.

Ces tumeurs dites "secondaires" sont donc constituées de cellules cancéreuses analogues au premier cancer. C'est ainsi qu'une métastase pulmonaire d'un cancer du sein est formée de cellules mammaires malignes. Le traitement utilisera donc des médicaments adaptés à l'origine du cancer (dans cet exemple le cancer du sein) et non des médicaments pour un cancer d'origine pulmonaire.

Tous les cancers ont-ils le même risque de rechuter ?

Tous les cancers n'ont pas le même risque de rechuter. C'est donc pour l'évaluer que sont pratiqués et analysés, au départ de la maladie, divers éléments :
 • la taille de la tumeur : le stade,
 • l'agressivité des cellules : le grade,
 • divers paramètres biologiques propres à chaque type de cancer : récepteurs hormonaux, marqueurs biologiques…

Tous ces renseignements servent à établir quel sera justement le meilleur traitement pour empêcher les rechutes. Mais il faut savoir que toutes ces données ne sont pas des vérités absolues et que chaque cas est particulier. Rien ne remplace ici les entretiens avec votre cancérologue et avec votre médecin traitant.

Quelles sont les rechutes curables ?

Parce que les rechutes curables sont en général rares, elles doivent focaliser l'attention de tous. Comme pour le traitement d'attaque, le traitement de rattrapage, s'il doit être instauré, aura d'autant plus de chances d'être curatif qu'il aura été mis en place précocement. Et ce, grâce à des examens et contrôles réguliers.

Ces rechutes curables s'intègrent dans différentes catégories :
 • Les rechutes locales après traitement conservateur
 • Les rechutes locales après traitement radical
 • Certaines rechutes ganglionnaires
 • Les rechutes métastasiques curables par chimiothérapie
 • Les rechutes métastasiques uniques curables chirurgicalement.

Est-il vrai que le risque de rechute s'efface après 5 ans ?

Dès les premières années, ce risque décroît avec le temps. Il est très nettement réduit après 5 ans. C'est pourquoi, le rythme des consultations de surveillance s'élargit progressivement, mais il est cependant préférable de continuer à signaler à votre médecin tout symptôme qui vous semble anormal. En effet, chaque tumeur a sa propre dynamique et sa propre histoire naturelle.

Comment soupçonner une rechute ?

Comme pour le cancer initial, la reprise d'un cancer peut prendre de multiples aspects. L'apparition d'une boule, d'un ganglion anormalement gros ou douloureux, d'un amaigrissement inexpliqué ou encore d'une fièvre durable, peuvent être des signes d'alarme. N'oubliez pas de signaler à votre médecin ou à votre cancérologue tout symptôme qui vous semble anormal.

Ce sont eux qui pourront vous rassurer et qui vous permettront de ne pas tout interpréter comme étant lié au cancer pour lequel vous avez été soigné, ce qui est un réflexe bien normal ! Ils connaissent votre histoire et sont les premiers interlocuteurs à contacter en cas de doute, afin de dépister et diagnostiquer une éventuelle rechute le plus tôt possible.

Quels traitements propose-t-on en cas de rechute ?

Les décisions thérapeutiques dépendent des modalités de rechute (localisation, taille, caractère unique ou multiple) et d'une concertation entre les divers spécialistes. Compte tenu de la persistance des cellules cancéreuses, un traitement au long cours doit être prévu, associé à une surveillance étroite. Celle-ci sera sûrement plus étroite et plus régulière qu'auparavant. Mais dans tous les cas, l'objectif doit toujours être de mener la vie la plus normale possible, en recherchant une nouvelle rémission.

http://www.ligue-cancer.net/article/289_la-rechute