SOLEIL ET CANCER
Le soleil est dangereux pour notre peau comme en témoigne la forte progression du nombre des cancers cutanés : le risque d'en développer un est aujourd'hui de 1 sur 100.
Si les rayons ultraviolets B (UVB) sont largement responsables des effets nocifs du soleil, il convient de se protéger également des UVA, reconnus mutagènes. Deux principaux types de lésions sont décrits.
Carcinomes cutanés
Ce sont les plus fréquents (90 % des cas), mais aussi les plus guérissables des cancers de la peau.
Les carcinomes baso-cellulaires surviennent la plupart du temps après 60 ans. Ils se développent sur la peau, à des endroits exposés au soleil. Le plus souvent sous forme de petites lésions fermes (décrites comme de petites perles nacrées) en relief et parcourues de petits vaisseaux, ces carcinomes peuvent aussi apparaître sous l'aspect d'une lésion croûteuse ou d'une ulcération persistante. Toute modification cutanée persistante doit conduire à une consultation dermatologique
Les carcinomes spino-celullaires, surviennent sur les mêmes zones cutanées mais se montrent plus rapidement évolutifs. Ils se présentent comme de petits bourgeons rouges, en relief, ulcérés, saignant facilement. Ce type de cancer peut se développer au niveau d'une cicatrice ou d'une lésion préexistante.
Pour les carcinomes, chirurgie et/ou radiothérapie sont efficaces.
Mélanomes
L'autre grand type de cancer cutané, le mélanome, est une lésion pigmentée qui apparaît sur la peau ou qui se développe à partir d'un nævus (grain de beauté) préexistant (15 à 20 % des cas).
Dans les autres cas, il se développe progressivement sur une surface de peau saine, sous la forme d'une petite tache présentant une ou plusieurs des caractéristiques suivantes : des contours asymétriques, une surface surélevée ou irrégulière, un contour inhomogène qui se teinte de brun, de noir, de rouge et parfois de bleu, et une grande taille. Plus rares (1 % environ des cancers de la peau) que les carcinomes, les cas de mélanomes sont toutefois en nombre croissant. La chirurgie reste l'arme maîtresse pour traiter un mélanome détecté précocement. A un stade plus évolué, un traitement par chimiothérapie peut s'avérer nécessaire.
Enfin, les kératoses actiniques
Ce sont des lésions planes, rouges ou rosées, rugueuses au toucher, généralement situées sur le front ou les oreilles, sont souvent le signe avant coureur d'un cancer débutant.
Chiffres et mesure du risque
→ Principaux facteurs de risque
Principal facteur de risque de cancers : les surexpositions de l'enfance avant l'âge de 15 ans.
Augmentation du temps des vacances, recherche de destinations ensoleillées, développement des sports de plein air, esthétique du bronzage : au cours des dernières décennies, nous avons accru et modifié dangereusement notre « consommation » de soleil. Alors que la quantité de rayonnements ultraviolets (UV) nécessaire à notre équilibre biologique est bien inférieure à celle à laquelle nous nous exposons !
Le caractère intermittent de l'exposition, avec l'alternance, peau blanche en hiver, peau bronzée en été, constitue également un facteur de risque en augmentant l'impact des UVA et UVB.
Enfin, le bronzage sous lampe ou banc solaire à UVA constitue une pratique à haut risque. 50 à 70 % des cancers de la peau sont ainsi directement liés à une surexposition aux rayons UVA/UVB. Au total, ce sont 60 000 nouveaux carcinomes et 7 000 nouveaux cas de mélanomes qui sont diagnostiqués chaque année en France. Et l'incidence des mélanomes, forme de cancer cutané la plus grave, double tous les 10 ans chez les populations à peau blanche.
→ Les différents phototypes
PHOTOTYPE 1. Vous avez une peau très claire, des cheveux blancs (albinos) ou roux, des taches de rousseur qui apparaissent très rapidement en cas d'exposition.
PHOTOTYPE 2. Vous avez une peau très claire, qui peut devenir hâlée, des cheveux blonds ou châtains clairs, des taches de rousseurs qui apparaissent au soleil.
PHOTOTYPE 3. Vous avez une peau claire, mais qui bronze facilement, des cheveux blonds ou châtains, peu ou pas de taches de rousseur.
PHOTOTYPE 4. Vous avez une peau mate, qui bronze très facilement, des cheveux châtains ou bruns, aucune tache de rousseur.
PHOTOTYPE 5 ou 6. Vous avez une peau naturellement pigmentée ou une peau noire.
Règles
La prévention est simple. Elle consiste à faire un usage raisonnable du soleil, en évitant de s'exposer aux heures les plus chaudes (entre 11 et 16 h), en utilisant des crèmes anti-solaires d'indices de protection supérieurs à 15, actives contre les UVA et les UVB et en renouvelant les applications toutes les 2 h.
La protection de la peau des enfants est fondamentale, et le port de t-shirts et de casquettes doit compléter l'action des crèmes protectrices.
Pour tous : renoncer au bronzage artificiel
Matériel insuffisamment contrôlé, réglementation bafouée : le « soleil artificiel » reste dangereux pour la santé.
« Les expositions artificielles aux rayons ultraviolets A sont dangereuses, provoquant des lésions cutanées dont la guérison ne peut être contrôlée avec précision ».
Publiée le 1er avril 2003, six ans après la parution d'un décret réglementant la mise à disposition du public des appareils de bronzage, cette mise en garde de l'Académie Nationale de Médecine est sans appel : le bronzage artificiel est une « pratique néfaste, comme le sont toutes les expositions solaires non contrôlées et excessives ». L'exposition aux UVA, souligne ce rapport, est d'autant plus dangereuse que les nouveaux appareils utilisés dans les solariums sont plus puissants et émettent en un temps plus court des quantités importantes de rayonnements. Circonstances aggravantes : la surveillance des matériels utilisés est insuffisante, la formation des personnels bâclée, l'interdiction aux mineurs quotidiennement bafouée. « Les conséquences immédiates et à distance peuvent être très graves car une pigmentation ne peut être obtenue qu'aux dépens d'une altération des cellules de l'épiderme. De plus la pigmentation obtenue ne protège pas contre l'agression des rayons ultraviolets. Majorés pour certaines populations, les risques de cancers cutanés et d'atteintes oculaires sont réels », conclut l'Académie, qui regrette que « l'encadrement de ces expositions par des dispositions réglementaires soit susceptible de donner aux consommateurs une fausse impression de sécurité ».
Moyens et aides possibles
A la plage, vous n'êtes pas entièrement à l'abri sous un parasol. Celui-ci ne permet pas d'arrêter les rayons solaires réfléchis par le sable.
Nuages, vent et baignades ont un effet trompeur : en vous procurant une sensation de fraîcheur, ils vous donnent l'impression de ne pas prendre de coups de soleil. En réalité, même les nuages ne filtrent qu'une petite partie des rayons ultraviolets.
Sable, neige ou plans d'eau augmentent le danger, quelle que soit la température extérieure. En effet, ces milieux réfléchissent le soleil : vous êtes donc doublement exposé !
Insolation, coups de soleil : les bons gestes
Le coup de chaleur, ou insolation, est une réaction générale de l'organisme, liée à une exposition trop prolongée au soleil. Il se traduit par une sensation de malaise et de soif. Il est conseillé, dans cette situation, de se reposer à l'ombre, dans un lieu frais et aéré, de boire de l'eau et soulager ses maux de tête avec de l'aspirine. Le coup de soleil est une brûlure locale de l'épiderme, d'étendue et de degrés variables. Le traitement sera externe et adapté à la gravité de la lésion (pour connaître le produit adapté, consultez votre médecin ou votre pharmacien).
Plus d'informations
• www.infosoleil.com
Sécurité solaire, centre collaborateur de l'Organisation Mondiale de la Santé
• www.syndicatdermatos.com
Syndicat National des Dermato-Vénéréologues
Livres :
- Peau et soleil. Pr. J. Meynadier, Dr. L. Meunier, Editions Privat - les classique Santé, 1999
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