PRÉVENTION : LES MÉCANISMES D'ACTION

" Les chercheurs ne s'interrogent donc pas seulement sur l'évolution de la cellule cancéreuse, mais aussi sur les facteurs augmentant la propension à développer un cancer ainsi que sur les facteurs préventifs tendant à faire diminuer cette propension. "

Plus l'on s'interrogera sur les causes des cancers, plus l'on trouvera de moyens de les éviter. Les chercheurs ne s'interrogent donc pas seulement sur l'évolution de la cellule cancéreuse, mais aussi sur les facteurs augmentant la propension à développer un cancer ainsi que sur les facteurs préventifs tendant à faire diminuer cette propension. Il est évident maintenant, que les cancers sont la résultante d'une accumulation complexe de facteurs : mode de vie, hérédité et environnement. Certains facteurs sont incontournables, mais d'autres peuvent et doivent être contrôlés.

 Chiffres et mesure du risque

La prévention s'articule globalement autour de trois tableaux :
→ La prévention primaire : elle concerne le grand public et s'articule autour de campagnes d'information. C'est l'ensemble des mesures destinées à éviter la survenue d'une pathologie. La lutte contre le tabagisme s'intègre dans ce type de prévention (le risque de mortalité annuelle par cancer bronchique est multiplié par 32 chez un fumeur de 25g de tabac et plus par jour). C'est aussi le cas de la lutte contre l'alcoolisme (cancers de l'œsophage par exemple), des conseils nutritionnels qui tendent à modérer la consommation de graisses animales et à augmenter la consommation de fruits et légumes (cancers du colon ) ou la protection des travailleurs dans certains emplois en contact avec des agents à risque avéré (amiante, benzène poussière de bois…)

→ La prévention secondaire : elle s'adresse à des individus qui ne sont pas malades mais qui présentent un certain risque. Il s'agit du dépistage, qui consiste à rechercher de façon systématique dans une population en bonne santé les porteurs de symptômes latents. Le dépistage vise à abaisser la mortalité liée au cancer, seul critère permettant de juger de son efficacité. La mise en place d'une campagne de dépistage implique nécessairement : que le cancer considéré soit fréquent dans la population choisie et/ou grave par les conséquences de son traitement. Mais aussi qu'il soit précédé de lésions pré-cancéreuses ou d'une période infra-clinique au cours de laquelle il est à la fois détectable et curable. D'autre part, la technique de dépistage doit être sensible et spécifique afin d'éviter de pratiquer des examens douloureux et coûteux à des sujets sains appelés « faux positifs ». Enfin, le test de dépistage doit être suffisamment simple pour être accepté par la population.
Enfin, les coûts d'une campagne (prévention primaire et secondaire) doivent être proportionnels aux moyens financiers de la collectivité et au gain qu'elle en tirera au niveau sanitaire.

→ La prévention tertiaire : elle s'adresse directement aux malades afin qu'ils abandonnent tout comportement à risque.

 Règles
De nombreux produits chimiques, agents physiques ou poussières biologiques peuvent s'avérer extrêmement dangereux pour la santé de l'appareil respiratoire. Ces substances constituent un réel danger en cas d'exposition prolongée et sont souvent à l'origine de cancers professionnels ou environnementaux : 

 • L'amiante, responsable de cancers du poumon
 • La pollution atmosphérique
 • Le nickel : voies nasales et respiratoires
 • L'arsenic : cancers de la peau, des poumons, du foie, de la vessie
 • Les rayonnements : selon leur type et leur qualité
 • Les organismes pathogènes.

Il est primordial d'insister sur le fait que le risque pour ces produits de provoquer des cancers sont majorés chez les fumeurs.

Tabagisme et alcoolisme : l'alcool, et particulièrement lorsqu'il est associé au tabac majore le risque de développement des cancers de la langue, de la gorge, de l'œsophage du pharynx, du sein et du foie. En France, 7 % à 10 % des cancers seraient associés à une consommation d'alcool trop importante. Il est conseillé de limiter sa consommation d'alcool à moins de deux verres par jour pour les hommes et moins d'un verre par jour pour les femmes.
Le tabac est directement responsable de cancers bronchiques, de la vessie ou de la vésicule biliaire.

Enfin, le tabagisme actif et/ou passif est le premier risque à éradiquer pour un mode de vie équilibré.

Alimentation et surcharge pondérale : aujourd'hui, de nombreuses affections cancéreuses sont imputables à un déséquilibre alimentaire. L'influence de l'apport calorique en graisses semble de plus en plus établi dans le développement des cancers du sein, du côlon, de la prostate et de l'endomètre. L'obésité joue un rôle important dans les cancers du côlon chez l'homme et du sein chez la femme.
Dans ce contexte, surveiller son poids et son alimentation devient essentiel. L'alimentation se doit d'être variée et équilibrée, adaptée aux besoins métaboliques individuels. La consommation quotidienne de cinq fruits et légumes au moins (vitamines nutriments et fibres) assure un rôle protecteur avéré. Moins de viandes et de graisses animales, plus de poissons, moins de sel, moins d'alcool, sont des règles de base à adopter.

La sédentarité : dans tous les cas, une activité physique adaptée à la condition de chacun s'impose. Moralement et physiquement, les bienfaits de l'activité sportive sont démontrés. Elle contribue à l'entretien et au maintien de la santé. Une demi-heure de marche chaque jour ou une heure d'activité sportive vigoureuse par semaine sont de bonnes habitudes à adopter.

Les pratiques sexuelles : attitudes et comportements sexuels peuvent influencer le risque de développer un cancer. Les cancers du col de l'utérus sont plus fréquents chez les femmes ayant eu des relations sexuelles précoces et avec de nombreux partenaires (plus grand risque de développer des infections virales du col, pouvant faire le lit d'un cancer), ainsi que chez les femmes ayant eu de nombreuses grossesses. Le risque de développer un cancer du sein est réduit par une grossesse menée à terme chez une jeune femme, ce qui n'est pas le cas chez les femmes ayant une première grossesse tardive. Les pratiques sexuelles à risque exposent aussi au risque de transmission du virus de l'immunodéficience (VIH), responsable du SIDA dont l'une des complications est un cancer, le sarcome de Kaposi.

L'exposition au soleil : chez les personnes à peau claire, l'exposition au soleil est un facteur de risque pour les cancers de la peau. Ceux-ci apparaissent principalement au niveau des zones exposées du visage, des bras et des mains.
Dans tous les cas, l'utilisation de crèmes solaires à forts indices de protection est vivement encouragée.

 Moyens et aides possibles

La prévention primaire est l'un des rôles du médecin. En pratique, on sait maintenant que :
 • Le frottis cervico-vaginal diminue la morbidité des cancers du col utérin. Réalisé tous les trois ans (ou plus chez les femmes à risque), il doit être prolongé jusqu'à 65 ans au moins.
 • La mammographie, en dépistage de masse abaisse la mortalité chez les femmes de 50 ans et plus. Le Plan Cancer en a prévu la généralisation à l'ensemble du territoire pour les femmes de 50 à 75 ans.
 • Le dépistage de masse des cancers du côlon (test Hemoccult), de la prostate (toucher rectal, échographie, dosage de PSA…) ou encore de l'endomètre et de l'ovaire font l'objet d'études et ne sont pas encore recommandés en dépistage de routine.
 • Mais la prescription de tests de diagnostic systématiques en médecine générale (dépistage individuel) est une attitude trop coûteuse et sans véritables conséquences positives évaluables pour la santé des personnes.
 • Enfin, la vaccination peut dans certains cas être une mesure de prévention primaire d'un cancer. C'est le cas de la vaccination contre l'hépatite B, notamment dans les pays où le virus responsable de cette maladie hautement transmissible par le sang ou les relations sexuelles, sévit à l'état endémique. En effet, dans 10 à 20 % des cas, une hépatite virale B peut devenir chronique, l'organisme ne parvenant pas à éliminer le virus. Celui-ci continue d'agresser le foie et peut induire un cancer primitif du foie après un certain nombre d'années. La vaccination élimine ce risque. 

http://www.ligue-cancer.net/article/743_prevention-les-mecanismes-d-action