LE DEPISTAGE ORGANISE DU CANCER DU SEIN
Article modifié le
05/11/2008
Plan VénusPourquoi vous faire dépister ?
Parce qu'il a été démontré, par plusieurs études scientifiques, que pour les femmes après la ménopause le dépistage pouvait diminuer la mortalité par cancer du sein. En France, ce cancer est le plus fréquent des cancers de la femme, avec 49 814 nouveaux cas par an (en 2005). Il a été responsable de 11 201 décès féminins en 2005. Sa gravité dépend beaucoup du volume de la tumeur au moment de sa découverte : les tumeurs de petite taille guérissent plus fréquemment, avec un traitement plus léger, qui permet en général de conserver le sein. On a donc tout intérêt à essayer de le détecter le plus tôt possible pour découvrir les lésions plus petites.
Ne peut-on empêcher son apparition ?
Malheureusement, il y a pour l'instant peu d'actions de prévention possibles du cancer du sein. Des études portent sur la prévention par des médicaments, mais actuellement on ne dispose pas d'un produit à la fois efficace et sans effets nocifs qui puisse être recommandé à la population féminine pour la prévention du cancer du sein. Citons cependant, l'importance d'éviter le surpoids, l'alcool, la sédentarité. Il est également préférable d'avoir son premier enfant avant la trentaine.
Faut-il se faire dépister s'il n'y a pas eu de cas auparavant dans sa famille ?
Il est vrai que les femmes qui ont des antécédents familiaux de cancer du sein (grand-mère, mère, tante, soeur ...) peuvent avoir un risque plus élevé d'avoir un cancer du sein. Dans ces cas, on peut leur conseiller de consulter auprès d'un centre spécialisé en génétique des cancers. Mais plus de 90% des cancers du sein surviennent chez des femmes qui n'ont pas d'antécédents familiaux, le seul indicateur de risque est alors l'âge : 3/4 des cancers du sein surviennent à partir de la ménopause, soit en général après 50 ans.
Faut-il se faire dépister si on n'a pas mal aux seins et si on ne palpe pas de "boule" ?
Le cancer du sein, en dehors de quelques cas particuliers, est indolore. Les douleurs du sein (que l'on appelle mastodynies), souvent rythmées par le cycle menstruel, n'ont pas de signification alarmante. Le fait que votre médecin ne palpe pas de nodule lorsqu'il vous examine ne veut pas dire qu'il n'y a pas de cancer du sein. Cela veut simplement dire qu'il n'y a pas de lesion suffisamment volumineuse pour être détectée par la palpation. Afin d'être totalement rassurée par l'absence de tumeur de plus petite taille, il faut utiliser la mammographie.
Une mammographie est une radiographie. Les rayons dispensés au cours de cet examen présentent-ils un danger ?
La mammographie moderne dispense une très faible dose de radiations : lorsque l'appareil est bien réglé, l'effet cumulé au cours de la vie en commençant à 50 ans, est négligeable. L'utilisation de matériel conformes aux exigences de qualité est obligatoires pour tous les radiologues qui participent au dépistage organisé du cancer du sein et un contrôle technique de qualité est effectué régulièrement. Le contrôle des appareils de mammographie est devenu obligatoire pour tous les mammographes en 1999.
Comment se déroule une mammographie ?
Suite à une invitation que vous recevez à partir de l'âge de 50 ans, vous vous rendez chez un radiologue qui doit faire un examen clinique des seins. Un technicien qui a reçu une formation au préalable, réalise la mammographie. Pour chaque image, on comprime le sein pour en diminuer l'épaisseur et éviter tout mouvement de votre part. Cette compression est indispensable pour la qualité de la mammographie. Elle doit être suffisante mais non douloureuse, mais elle est parfois ressentie comme désagréable par des femmes qui ont les seins sensibles.
Les mammographies de dépistage sont lues par deux radiologues différents pour diminuer le risque d'erreur. Seulement 5 à 10% des femmes devront pratiquer des examens complémentaires en raison d'une anomalie découverte sur la radiographie. Pour la majorité de ces femmes, ces nouveaux examens révéleront qu'il s'agissait d'une lésion bénigne. Pour 10 à 20% d'entre elles, il faudra procéder à une biopsie sous anesthésie, et dans un cas sur deux environ (soit 5 pour 1000 au total) il s'agira effectivement d'un cancer. S'il s'agit d'un cancer, on proposera aussitôt un traitement conforme aux connaissances actuelles.
Si j'ai un cancer du sein détecté par le dépistage, je suis donc sûre de garder mon sein et de guérir ?
Ce que l'on peut dire, c'est que vos chances de conserver votre sein et vos chances de guérir sont nettement augmentées par rapport au mode de découverte habituel des cancers du sein.
Certains cancers non palpables sont pourtant relativement étendus dans un secteur du sein, ou présents dans plusieurs zones distinctes du sein. Dans ce cas, il est préférable d'enlever le sein : l'intervention s'appelle une mastectomie. Elle peut être suivie d'une chirurgie plastique pour reconstruire le sein.
Dans certains cas de cancer dépisté, une rechute locale ou un second cancer peut survenir dans les années qui suivent et on peut être obligé secondairement de faire une mastectomie.
Dans certains cas, le cancer bien que détecté par le dépistage est une forme agressive qui peut obliger à des traitements lourds.
Il faut donc rester vigilante et réaliser le suivi habituel après traitement d'un cancer du sein.
Si ma mammographie est négative, je suis quand même tranquille jusqu'au prochain dépistage ?
Ce n'est pas tout à fait sur. Certains cas échappent au dépistage, soit parce qu'ils n'ont pas été vus sur la mammographie, soit parce qu'ils sont très évolutifs et qu'ils grossissent rapidement entre deux mammographies de surveillance. Le contrôle des appareils, la formation des radiologues et la double lecture contribuent à diminuer la plus possible ces cas de faux négatifs, mais ne peuvent les supprimer totalement.
C'est la raison pour laquelle le fait d'avoir une mammographie de dépistage négative ne vous dispense pas d'être vigilante : si vous découvrez une anomalie dans votre sein, même quelques mois après une mammographie négative, n'hésitez pas à consulter rapidement votre médecin.
A quel âge faut-il commencer ? A quel rythme faut-il se faire dépister ?
On incite les femmes à commencer le dépistage vers 50 ans, en fait au moment des premiers signes de ménopause. L'essentiel est ensuite de participer régulièrement : la régularité de la participation des femmes, tous les 2 ans, est un élément majeur pour obtenir une réduction de la mortalité liée au cancer du sein. Avant 50 ans, l'équilibre entre les bénéfices et les inconvénients du dépistage est plus incertain qu'après 50 ans. Chez les femmes jeunes, le cancer du sein est plus rare, la lecture des mammographies est plus difficile : les seins sont plus denses et présentent plus fréquemment des lésions non cancéreuses, qu'on regroupe parfois communément sous le terme de mastose, et qui entraînent des difficultés d'interprétation. C'est pourquoi, en dehors d'un risque familial, il n'est pas recommandé de dépistage avant la ménopause.
Pour plus de renseignements :
LA LIGUE CONTRE LE CANCER
Comité des Alpes Maritimes
3, rue Alfred Mortier 06000 NICE
Tel : 04.97.20.20.45
Mail : prevention.ligue06@orange.fr
APREMAS (Association pour la Prévention des Maladies Cancéreuses)
227 Avenue de la Lanterne 06200 NICE
Tel : 04.92.29.72.81
Mail : secretariat@apremas.org
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