LE DEPISTAGE DU CANCER DU COL DE L'UTERUS
Article modifié le
05/11/2008
Pourquoi vous faire dépister ?
Grâce au dépistage auquel se soumettent les françaises depuis plus de 30 ans, on ne compte plus aujourd'hui en France que 3.068 nouveaux cas de cancers du col de l'utérus (année 2005) qui entraînent près de 1.067 décès par an (année 2005). Le dépistage par frottis du col de l'utérus permet de déceler soit des lésions précancéreuses, soit des cancers débutants n'ayant pas encore entraîné de symptôme. Le dépistage des lésions du col de l'utérus permet de réduire de façon importante à la fois le nombre de cancers et la mortalité due à ces cancers. Pour le cancer du col de l'utérus, les bénéfices d'un dépistage régulier sont plus importants que pour le cancer du sein car près de 90 % des décès par cancer du col pourraient être évités par un dépistage pratiqué régulièrement. Ces résultats sont confirmés par la diminution importante de l'incidence des cancers du col de l'utérus dans tous les pays où un dépistage d'une grande partie de la population féminine a été organisé. En France, cette diminution est aussi constatée bien que seulement 60 % des femmes participent régulièrement au dépistage.
Peut-on empêcher son apparition ?
Le facteur de risque majeur de scanners du col utérin est connu : il s'agit d'un virus de type papillome (HPV). Certains co-facteurs comme le tabac augmentent encore le risque. Le virus "HPV" se transmet sexuellement : il est donc possible d'éviter en partie la contamination par des protections (préservatif masculin). Depuis 2006, un vaccin contre la pénétration du virus dans lé cellules du col utérin a été mis sur le marché. Son efficacité est réelle, mais non totale car il existe plusieurs types de virus et tous ne sont pas inhibés par le vaccin. La vaccination doit avoir lieu avant que ne survienne l'infection, c'est-à-dire avant le début de la vie sexuelle. En France, la recommandation est de le réaliser vers 14 ans, voire entre 14 et 23 ans si la vie sexuelle n'a pas été initiée.
La vaccination ne dispense pas du dépistage pour deux raisons majeures :
> Elle n'est pas 100 % efficace
> La protection au-delà de 5 ans après la vaccination n'est pas connue
L'absence de consommation de tabac est aussi un moyen pour diminuer le risque de ce cancer.
Quand devez-vous faire un frottis ?
Le dépistage des lésions du col de l'utérus s'adresse à toutes les femmes. Il est recommandé de la faire pratiquer au moins tous les 3 ans, après 2 premiers frottis normaux réalisés à un an d'intervalle ; à partir de 20-25 ans (après le début de l'activité sexuelle) et jusqu'à 65 ans. La surveillance gynécologique elle, indépendamment du frottis, doit être faite tous les ans en période d'activité sexuelle.
Comment se déroule l'examen de dépistage ?
Le frottis est un prélèvement des cellules situées au niveau du col de l'utérus, fait à l'aide d'une petite brosse et indolore. Il peut être effectué par un gynécologue ou par votre médecin traitant. Les cellules recueillies sur la brosse sont étalées sur une lame de verre qui est envoyée à un laboratoire d'anatomie pathologique ou de cytologie. Les lames sont colorées puis examinées au microscope pour détecter d'éventuelles cellules anormales.
L’examen doit être pratiqué en dehors des règles et peut être fait même chez une femme enceinte. Les résultats vous sont communiqués dans un délai de 10 à 15 jours.
Les résultats sont classés en 4 catégories principales :
1. Le prélèvement n'a pas ramené de cellules : il faut le refaire.
2. Le prélèvement est bon et ne révèle aucune anomalie des cellules : le frottis pourra être refait dans 3 ans
3. Le prélèvement montre des cellules anormales traduisant l'existence de lésions probablement bénignes : il faudra prévoir soit de le refaire dans un délai raisonnable indiqué par votre médecin (en général 3 à 6 mois en fonction des lésions) ; soit de compléter l'examen gynécologique par une colposcopie : examen du col pratiqué à l'aide d'un tube optique par un gynécologue permettant d'examiner la paroi du col et de faire un prélèvement (biopsie) si une lésion suspecte est découverte.
4. Le prélèvement montre des cellules traduisant l'existence probable de lésions en voie de transformation, voire un cancer : un examen gynécologique avec colposcopie et biopsie des zones suspectes s'impose.
Et si l'examen est positif ?
Le gynécologue, après avoir pratiqué les examens nécessaires, décidera du traitement approprié. Le plus souvent, il s'agira de lésions bénignes qui seront facilement traitées, voire de cancers très petits et localisés dont le traitement local entraînera la guérison. Quelquefois, en cas de cancers plus invasifs, un traitement spécifique par chirurgie et par rayons sera nécessaire, ce qui permettra dans la majorité des cas de les guérir définitivement. Toutefois après la découverte et le traitement d'une lésion, quelle soit bénigne ou maligne, le rythme de la surveillance sera rapproché, tout au moins pendants les premières années.
Quelle est la fiabilité du test ?
Comme pour la mammographie et comme pour tout examen de dépistage, la fiabilité n'est pas de 100 %. Dans le cas du frottis cervical les tests "faussement positifs" sont rares et le diagnostic est presque toujours rétabli par une simple colposcopie. En revanche les tests "faussement négatifs" ne sont pas rares, surtout en cas de lésions précancéreuses, mais l'évolution de ces lésions est généralement lente, sur plusieurs années, et le diagnostic est fait au frottis suivant, d'où l'importance de la régularité dans la pratique des tests. On passe exceptionnellement à côté d'un cancer invasif chez une femme suivie régulièrement.
Si dans la période entre deux frottis, vous constatez que vous avez des pertes de sang d'origine vaginale (en dehors de la période des règles), ou d'autres symptômes qui semblent dus à une anomalie gynécologique, n'hésitez pas à consulter votre médecin. N'attendez pas l'époque habituelle de votre consultation.
Pour plus de renseignements :
LA LIGUE CONTRE LE CANCER
Comité des Alpes Maritimes
3, rue Alfred Mortier 06000 NICE
Tel : 04.97.20.20.44
Mail : prevention.ligue06@orange.fr
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