Soulagement. Les Landais ne sont pas davantage touchés par le cancer du côlon que la moyenne des Français. Deux personnes dépistées sur 100 présentent un test positif. En revanche, dans le département, on traîne les pieds pour le faire, ce fameux test. « Sur la première campagne de dépistage réalisée dans les Landes de 2008 à 2010, 40 % des patients de 50 à 74 ans, soit 45 000 personnes, ont accepté de faire le test. Ce n'est pas très glorieux », constate Didier Guimard, le médecin coordonnateur de cette vaste opération de santé publique dont les résultats étaient présentés hier à la mairie de Mont-de-Marsan. « L'OMS souhaite un minimum de 50 % de dépistages ce qui permettrait de réduire de 30 % la mortalité par ce type de cancer », rappelle le médecin. Et de citer un autre exemple à suivre, celui des femmes : confrontées au risque de cancer du sein, elles sont 8 sur 10 à se faire dépister régulièrement.
Dédramatiser
Pour les hommes - deux fois plus touchés que les femmes par le cancer du côlon - le dépistage est encore loin d'être une habitude. Tabou, gênant, presque un gros mot, pourtant « ce sont les hommes qui ont le plus à y gagner » lance Didier Guimard. « Il faut dédramatiser le test, insiste le médecin, s'il est positif, bien sûr, il y aura une coloscopie mais on est endormi et ça nécessite juste une matinée d'hospitalisation. » L'intervention permet de cautériser le ou les polypes qui en laissant d'invisibles traces de sang dans les selles du test ont déclenché l'alerte. Une fois ces « petites verrues qui peuvent dégénérer en cancer » éliminées, « dans 9 cas sur 10 la personne est guérie ». Tout l'intérêt du dépistage est là : il permet de détecter des lésions cancéreuses à un stade précoce, quand le traitement est encore aisé.

Autruche
Tous les deux ans, à partir de 50 ans, les hommes sont désormais invités à demander un test à leur généraliste. Même s'ils se sentent en pleine forme. Car faire l'autruche face à cette invitation et attendre des véritables symptômes, douleurs abdominales récurrentes notamment, c'est jouer avec le feu : un cancer du côlon détecté tardivement, c'est seulement 20 % de chances de survie à 5 ans. Une nouvelle campagne de dépistage a été lancée depuis l'automne 2010 mais là encore, les Landes font un peu la sourde oreille, moins motivées que leurs voisins du Lot-et-Garonne ou des Pyrénées- Atlantiques par exemple. « Cette deuxième campagne démarre très mollement. On est seulement à 30 % de retour, s'inquiète le docteur Guimard, il faut absolument que les gens réagissent s'ils ne veulent pas perdre un outil fondamental de leur santé. »
Enfin, moins sévère, le médecin décerne au département un satisfecit en demi-teinte : « Bon élève, mais peut mieux faire ».
Alors courage, messieurs, la campagne de dépistage 2008-2010 du cancer du côlon a déjà sauvé de nombreuses vies : « Grâce à elle, ce sont 150 personnes par an qui ne succomberont pas à cette maladie ».
Plus d'informations : www.e-cancer.fr