JEAN-MARC EGLY, LAUREAT DU PRIX RENE ET ANDREE DUQUESNE 2009
Article modifié le 30/05/2009
75 000 euros pour la recherche en cancérologie
LE COMITE DE PARIS DE LA LIGUE CONTRE LE CANCER DECERNE LE PRIX DUQUESNE 2009 (75 000 €) A L'EQUIPE DU PROFESSEUR JEAN-MARC EGLY A L'IGBMC DE STRASBOURG
Jean-Marc EGLY est né en 1945. Il est actuellement Directeur de Recherche de classe exceptionnelle à l’INSERM à l’Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire de l’Université de Strasbourg à Illkirch.
Docteur es Sciences en Chimie de l’Université Louis Pasteur à Strasbourg, c’est un spécialiste de la régulation de l’expression des gènes et des maladies de la réparation de l’ADN.
Il est actuellement responsable d’un groupe de recherche d’une vingtaine de personnes. Il est l’auteur de plus de 180 publications dans les plus grandes revues internationales. De plus, il a été à l’origine de la commercialisation d’une quinzaine de produits de technologie chimique et de plusieurs brevets.
Il a déjà reçu plusieurs grandes distinctions dont le Prix AGF Institut de France et le Grand Prix de l’INSERM. Il est membre de l’Académie des Sciences depuis 2006.
Il a consacré son activité de recherche à l’étude des mécanismes moléculaires qui contrôlent l’expression de gènes, ce qui l’a conduit à l’étude de pathologies génétiques, de la régulation hormonale et de la cancérogénèse.
Ses travaux ont été initialement très fondamentaux et également très originaux. Il a été le premier à décrire le rôle au niveau du noyau maintenant bien établi de la molécule appelée « actine » (qui était considérée jusque là comme ayant des fonctions essentiellement dans le cytoplasme). Cette molécule joue un rôle important dans la machinerie transcriptionnelle dont Jean-Marc EGLY a décrit plusieurs étapes essentielles.
La deuxième étape de ses découvertes a été la mise en évidence de la molécule qui sert de connexion entre la transcription d’un gène et la réparation de l’ADN. Cette découverte a été reconnue en 1993 comme la « molécule de réparation de l’ADN de l’année ». Cette molécule (TFIIH) a été l’objet de ses recherches pendant environ 20 ans. Jean-Marc EGLY a ainsi contribué à démontrer une relation entre TFIIH et la synthèse de l’ARN, grande découverte qui a souligné l’existence d’une relation entre trois processus cellulaires essentiels : la transcription de l’ADN, sa réparation et le cycle cellulaire.
La mise en évidence du rôle de TFIIH dans la réparation de l’ADN l’a alors conduit à s’intéresser à des altérations de TFIIH dans les pathologies humaines. Diverses substances, anti-cancéreuses, susceptibles d’induire des mutations cancérinèges comme les rayons ultra-violets, les irradiations ou des produits chimiques, peuvent être plus pathogènes chez des personnes ayant constitutionnellement une anomalie de la réparation de l’ADN. Le groupe de Jean-Marc EGLY a ainsi été capable d’identifier des mutations responsables des syndromes génétiques liées à des anomalies de la réparation de l’ADN comme « Xeroderma Pigmentosum », « trichothiodystrophie » et le « syndrome de Cockayne ». Cela a conduit à un nombre impressionnant de découvertes concernant les anomalies génétiques responsables de ces diverses pathologies.
La question qui s’est posée ensuite a été de comprendre comment ces mutations expliquaient les manifestations cliniques très variées observées (en dehors de l’augmentation du risque de pathologies malignes). Son groupe a pu montrer que ces manifestations cliniques résultaient de déficits de synthèse d’hormones, déficits liés à une anomalie de la transactivation de certains gènes.
Très logiquement, ces recherches l’ont conduit à essayer de comprendre les anomalies de l’ADN induites par les chimiothérapies anti-tumorales, le tabac et d’autres carcinogènes. Les études qu’il poursuit ont pour objectif de mettre au point des drogues anti-tumorales qui ciblent l’ADN.
Enfin, de façon tout à fait inattendue, il a pu mettre en évidence que le virus responsable de la « fièvre de la vallée du Rift » produisait une protéine qui perturbait la formation de TFIIH, inhibant son activité transcriptionnelle, ce qui expliquait la capacité du virus à échapper à la réponse de l’hôte.
Au total, l’activité scientifique de Jean-Marc EGLY impressionne par son très haut niveau scientifique ainsi que par la quantité et la variété des applications qui ont résulté de découvertes initialement extrêmement fondamentales.
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