Cancer du côlon et du rectum

le 27/05/2015

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Le cancer du côlon est une maladie des cellules qui tapissent l'intérieur du côlon ou du rectum. Il se développe à partir d'une cellule initialement normale qui se transforme et se multiplie de façon anarchique, à la suite d'une mutation.

Les informations proposées dans ce module décrivent les situations et les techniques les plus couramment rencontrées mais n'ont pas valeur d'avis médical. Ces informations sont destinées à faciliter vos échanges avec les différents soignants. Ce sont vos interlocuteurs privilégiés ; n'hésitez pas à leur poser des questions.

En savoir plus sur le cancer colorectal

Cancer particulièrement fréquent dans les pays industrialisés, le cancer du côlon met du temps à se développer et peut être efficacement pris en charge grâce à un dépistage précoce.

Généralités sur le cancer du côlon

Le cancer colorectal est l'un des cancers les plus répandus dans les pays industrialisés. En France, avec près de 40 000 nouveaux cas par an (21 000 hommes et 19 000 femmes), ce cancer se place en troisième position derrière ceux de la prostate et du sein. Il occupe surtout la seconde place en terme de mortalité, derrière le cancer du poumon. Une position directement corrélée au grand nombre de nouveaux cas annuels (incidence). Toutefois, cette incidence reste stable depuis plusieurs années, tandis que la mortalité décroît progressivement, notamment grâce aux progrès incessants en terme de traitements et au développement des campagnes de dépistage.

Le cancer du côlon se déclare généralement après 50 ans (95% des nouveaux cas, dont 46% après 74 ans). La majorité des cancers du côlon-rectum se développe à partir de lésions bénignes, les polypes. En grossissant, ces derniers peuvent se transformer en cancer, et provoquent souvent des saignements invisibles à l'œil nu. La détection des gros polypes et leur ablation permet de réduire le risque de cancer colorectal.

Environ 40 % des cancers colorectaux touchent le rectum et 60 % le côlon, principalement dans sa partie sigmoïde (la plus basse).

Le cancer colorectal en chiffres*

  • 40 000 nouveaux cas annuels (53% d'hommes, 47% de femmes) ;
  • 3e rang des cancers en terme de fréquence (13% de l'ensemble des nouveaux cas de cancer) ;
  • 17 500 décès annuels (53% d'hommes, 47% de femmes) ;
  • 95% des cas après 50 ans ;
  • Âge moyen au diagnostic : 70 ans chez l'homme et 73 ans chez la femme.

* données La situation du cancer en France en 2011, ouvrage collectif édité par l'INCa, sur base de projection.

Le côlon et le rectum

Les cancers du côlon apparaissent à partir de polypes se développant sur la muqueuse.

Le côlon et le rectum, situés entre l'intestin grêle et l'anus, constituent les parties terminales de l'appareil digestif.

Le côlon se divise en quatre zones principales définies par leur orientation (droit ascendant ; transverse ; gauche descendant ; sigmoïde). Son rôle est de stocker les déchets, de récupérer l'eau, de maintenir l'équilibre hydrique et d'absorber certaines vitamines. Le rectum prolonge le côlon et permet de stocker les matières fécales avant défécation. La continence est assurée par un muscle nommé sphincter anal.

Les parois du côlon et du rectum sont formées d'une muqueuse repliée sur elle-même pour former des cryptes et abritant différentes glandes (glandes à mucus, glandes de Lieberkühn, etc.).

Types de cancers du côlon

Les tumeurs colorectales se développent généralement à partir de la muqueuse tapissant les parois du côlon et du rectum. Leur dénomination dépend de leur position :

  • à plus de 15 cm de l'entrée du rectum = cancer du côlon ;
  • à moins de 15 cm de l'entrée du rectum = cancer du rectum.

La forme la plus répandue des cancers colorectaux est appelée carcinome. 80 % de ces carcinomes sont dits lieberkühnien (de part leur ressemblance avec les glandes de Lieberkühn), 10 % sont qualifiés de mucineux et les 10 % restants regroupent des formes plus rares.

Le cancer colorectal met plusieurs années à se former. Il part habituellement de polypes (excroissances charnues) tapissant la muqueuse. Si les polypes sont généralement bénins, certains peuvent devenir cancéreux au cours d'un long processus de 9-10 ans.

Pour définir l'étendue du cancer, différents examens permettent de constater :

  • la taille de la tumeur ;
  • l'atteinte ou non des ganglions lymphatiques par des cellules cancéreuses ;
  • l'atteinte ou non des structures voisines ;
  • la présence ou non de métastases à distance.
Cancer du côlon : facteurs de risque

Les causes exactes du développement d'un cancer du côlon sont mal connues. Toutefois, divers facteurs de risque ont été identifiés.

Facteurs de risques internes

L'âge

95% des cancers colorectaux se déclarent après 50 ans et 46% après 74 ans. Un cancer colorectal précoce est lié à des causes génétiques.

Les antécédents personnels ou familiaux

Le risque est multiplié par trois si la personne a déjà eu un cancer du côlon ou si elle a des antécédents familiaux au premier degré (père, mère, frère, sœur). Cette prédisposition n'est pas forcément d'origine héréditaire. Elle peut être le fait de l'exposition à une même substance cancérigène, d'habitudes alimentaires ou de style de vie.

La prédisposition génétique

Un facteur génétique est impliqué dans deux formes de cancers colorectaux : la polyadénomatose recto-colique familiale (mutation d'un gène nommé APC) et le syndrome de Lynch (anomalies sur des gènes codants pour les protéines de réparation de l'ADN). Ces cancers héréditaires représentent moins de 5 % de l'ensemble des cancers colorectaux et surviennent avant 40 ans.

Facteur de risques externes

Le mode de vie influe également sur le risque de cancer colorectal. Aux premiers rangs des facteurs de risque : le surpoids, une alimentation riche en graisses animales, la consommation d'alcool et de tabac, l'inactivité physique et la consommation importante de viande rouge. Le diabète de type 2 et le manque d'exposition au soleil pourraient également avoir un impact.

Prévention et dépistage du cancer du côlon

Comment réaliser le test Hemoccult II® ?

  • Dans le cadre du dépistage organisé, vous bénéficiez, tous les deux ans, de 50 à 74 ans, d'un test Hemoccult II® gratuit.
  • Répondez régulièrement à l'invitation qui vous sera envoyée. Votre médecin traitant vous remettra un test à réaliser chez vous sur trois selles successives. Tout le matériel nécessaire est compris dans le test. Vous l'envoyez, par la suite, à un laboratoire spécialisé.
  • Selon vos antécédents, votre médecin vous proposera un suivi plus adapté et personnalisé.

Même si votre test est normal, consultez sans délai votre médecin si vous présentez des symptômes intestinaux anormaux.

À savoir sur le test Hemoccult II®

Un test positif n'est pas forcément synonyme de cancer, mais justifie toujours une coloscopie. Inversement, la sensibilité de Hemoccult II® ne permet pas de déceler tous les cancers colorectaux. Ce test permet de réduire de 16 à 20 % la mortalité de la population générale si le taux de participation dépasse 50 %.

Un nouveau test de dépistage pour 2013

Un test de dépistage plus fiable et plus facile d'emploi du cancer colorectal va être mis en place en 2013 pour les plus de 50 ans, avec comme objectif d'accroître le nombre de personnes qui s'y soumettent. Ce nouveau test immunologique permettra de détecter 2 à 2,5 fois plus de cancers par rapport au test actuel. Le test reste basé sur la détection de sang dans les selles mais s'avère plus sensible et ne nécessite qu'un seul prélèvement (contre trois pour l'Hemoccult).

Personnes à haut risque

Un dépistage individuel est proposé aux personnes à haut risque. Les méthodes de dépistage s'appuient sur la coloscopie et des tests génétiques.

La Ligue prévient

Pour sensibiliser chacun au danger de certains comportements (tabac, alcool, exposition au soleil, etc.), pour alerter sur les facteurs de risque et en organiser la protection, la Ligue met en œuvre de nombreux moyens de communication (dépliants, brochures, affiches) disponibles auprès de ses Comités départementaux.

En partenariat avec l'Institut national du cancer, la Ligue contre le cancer relaie sur le terrain, par des actions de communication et des conférences, les messages de dépistage des cancers.

Pour symboliser votre engagement dans la lutte contre le cancer du côlon et promouvoir le dépistage organisé, demandez le bracelet bleu « Ligue contre le cancer ».

Le Côlon tour® : plus de cinquante villes mobilisées autour d'un Côlon gonflable géant

La Ligue contre le cancer, la fondation ARCAD (Aide et recherche en cancérologie digestive) et la SFED (Société française d'endoscopie digestive) organisent un tour de France dans une cinquantaine de villes d'octobre 2011 à septembre 2012.
L'objectif : voyager à l'intérieur d'un côlon et comprendre comment évoluent les différentes lésions. Au travers de ce cheminement et des informations pédagogiques délivrées, les visiteurs comprendront l'intérêt du dépistage et de la coloscopie.

La Ligue, ses partenaires locaux, et des médecins gastroentérologues, proposeront une information ludique et pédagogique pour sensibiliser le plus grand nombre sur l'importance de ces examens et inciter les personnes à se faire dépister.

Découvrez le parcours du côlon tour.

Cancer du côlon : Témoignage

Après une coloscopie effectuée en août 2001 dans une clinique privée d'Aix-en-Provence, le médecin gastro-entérologue me dit : «  Vous avez un gros polype ancien dégénéré qui nécessite une opération. » En utilisant cette périphrase plutôt que de me donner quelques explications pour me préparer à recevoir un diagnostic redoutable, le praticien m'a laissé comprendre et réaliser dans le même instant que j'avais un cancer du côlon.

Sidéré par cette nouvelle et sentant qu'aucune communication utile avec ce médecin n'était possible sur la thérapie à venir ; je me suis empressé de quitter la clinique en reprenant le volant sans attendre le délai prescrit après l'intervention. J'ai regagné avec mon épouse mon domicile où je venais d'emménager depuis trois semaines. Sans point de repère dans cette nouvelle résidence ni dans ma prochaine activité (j'étais en vacances), je regrettais d'avoir quitté mon précédent domicile (à 300 km) car la maladie anéantissait les projets décidés avec mon épouse dans notre nouvelle résidence.

Je ne pensais pas pouvoir être atteint par un cancer car j'avais une bonne hygiène de vie, une nourriture très équilibrée, aucun facteur apparent de risque. Le temps d'accablement a été très court. Mon épouse m'a soutenu très efficacement. Je n'avais pas de douleur physique. J'ai commencé ma nouvelle activité professionnelle en attendant l'intervention chirurgicale programmée à l'institut Paoli Calmettes à Marseille pour réaliser la colectomie de l'adénocarcinome, trois semaines après le diagnostic, grâce à l'intervention de ma sœur médecin.

Face à cette maladie, il est difficile de savoir à l'avance comment on peut réagir. Il se trouve qu'après quelques jours d'incompréhension et de découragement j'ai vécu les épisodes de cette maladie avec une certaine sérénité. Je suis allé à l'opération avec une totale confiance. J'ai repris mon activité professionnelle six semaines après l'opération et lors des cures de chimiothérapie effectuées en  ambulatoire pendant 46 heures j'oubliais souvent que je portais l'appareil qui diffusait le médicament dans mon organisme. Parfois, quand on me demandait de mes nouvelles d'une façon appuyée, je me rappelais soudain que j'étais en traitement. Je crois que cette sorte de détachement est dû au fait, qu'après le traumatisme de l'annonce, j'ai accepté l'idée que je pouvais mourir de cette maladie et surtout que j'étais prêt pour cette fin, ce qui fait que je n'ai jamais eu d'angoisse. Et puis pour moi la maladie était associée à des douleurs physiques. Or mon cancer, cette maladie sournoise et souterraine, ne m'a jamais fait souffrir, ni les effets secondaires de la chimiothérapie qui étaient supportables. Ainsi cette maladie dépourvue de souffrances physiques et morales, avait pour moi, dans la vie quotidienne, un caractère un peu irréel.

Le soutien de mon épouse, de mes enfants, de ma famille, de mes amis, ma foi en Dieu ont aussi contribué à mon sentiment de paix intérieure. En outre, après mon opération, mon oncologue m'a proposé d'être membre du Comité de patients de l'institut Paoli Calmettes qui venait d'être créé en 2002 et qui a pour objectif notamment l'amélioration de l'accueil, de l'écoute et de la prise en charge des patients. Il est consulté sur tous les projets concernant les patients. Je me suis investi dans cette structure interne à l'établissement en travaillant, par exemple, sur le dispositif de l'annonce de la maladie et sur le dossier médical personnel (DMP). Ainsi, j'ai en quelque sorte sublimé la maladie pour qu'elle serve à une activité positive dans l'intérêt des patients, ce qui a donné un sens à cette affection. Cependant, alors que je ne me souciais plus de ma santé, la maladie m'a rappelé à l'ordre.

Trois ans après le premier diagnostic un examen a révélé une métastase hépatique. Totalement surpris par cette annonce effectuée par un radiologue de ville, j'ai rapidement repris espoir car la tumeur au foie était homogène et peu développée. À nouveau, j'ai vécu sans angoisse les épisodes d'opération chirurgicale et de chimiothérapie. J'ai réalisé que la maladie ne me lâcherait pas de sitôt, que je ne l'avais pas prise assez au sérieux et j'ai mesuré la valeur du temps présent. Mon oncologue m'a proposé un essai clinique randomisé de phase III pour évaluer l'efficacité  et la tolérance de l'association de deux médicaments. Je n'ai pas accepté de participer à cette étude après avoir pris l'avis négatif de mon médecin traitant. Quelques temps après j'ai été invité à participer au Comité des patients en recherche clinique de la Fédération nationale des centres de lutte contre les cancers,  devenue UNICANCER, dont la mission est notamment de relire les protocoles d'étude clinique qui décrivent les conditions de réalisation et de déroulement de l'étude, proposer des améliorations et valider une phase de traitement et de surveillance.

Récemment la direction de l'institut Paoli Calmettes m'a invité avec un autre patient du Comité à participer à la CRUQPC (Commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge) aux côtés des deux usagers (qui ne sont pas des patients) désignés par des associations habilitées.

Le cancer n'a pas eu de prise sur moi (sauf aux temps chocs de l'annonce) et, toujours sous surveillance, je vis la maladie un peu comme un « sachant » pour porter dans les trois organismes auxquels je participe la parole des patients, faire connaître leurs attentes, proposer des mesures pour améliorer leur information et leur qualité de vie.
 
De l'état de malade de longue durée je suis rapidement passé, avec d'autres, à l'état de militant des droits des patients.

JL. DURAND

Les symptômes du cancer du côlon

Il n'existe pas de symptômes caractéristiques du cancer colorectal. En revanche, un certain nombre de signes doivent inciter à consulter :

  • troubles du transit intestinal (constipation, diarrhée prolongée, augmentation du volume abdominal, besoin pressant et continuel d'aller à la selle, sensation d'évacuation incomplète, etc.) ;
  • gênes abdominales (ballonnements, crampes, douleurs, etc.) ;
  • sang dans les selles (généralement non visibles à l'œil nu) ;
  • perte récente d'appétit ;
  • perte de poids inexpliquée ;
  • fatigue anormale.

À noter : ces symptômes généraux étant fréquents dans nombre de maladies bénignes, le calme et la circonspection restent de mise. Seule une consultation médicale et des examens spécialisés permettront d’affirmer le diagnostic.

Toutefois, il ne faut pas attendre la survenue d’un de ces symptômes pour bénéficier d’un diagnostic précoce : le dépistage organisé par la recherche de sang dans les selles avec test Hemoccult, c’est quand tout va bien et tous les 2 ans, de 50 à 74 ans !

Diagnostic du cancer du côlon

Le diagnostic du cancer colorectal se réalise en deux étapes :

  • repérer la lésion (bilan diagnostique) ;
  • préciser ses caractères locaux, régionaux ou à distance (bilan d'extension).

Bilan diagnostique du cancer du côlon

Le bilan diagnostique s'articule autour d'un examen clinique et d'une exploration du côlon et du rectum, par coloscopie. Le premier permet de déterminer l'état général du patient et la seconde de repérer une éventuelle tumeur.

La confirmation de la présence d'une tumeur cancéreuse se fait par le biais de prélèvements (biopsie) réalisés au cours de la coloscopie.

À savoir : un toucher rectal permet également de repérer une tumeur si elle est située à moins de 8 cm de l'anus.

La coloscopie

La coloscopie permet de visualiser les parois internes du côlon. Réalisée sous anesthésie générale légère, et après une préparation soigneuse du colon par un régime sans résidu et laxatifs, elle consiste à introduire dans le côlon un tube souple muni d'une caméra vidéo et d'une pince à prélèvements. En cas de découverte de lésion, cette technique permet d’en estimer la dangerosité et de réaliser un prélèvement pour analyse, voire une ablation totale.

Bilan d’extension du cancer du côlon

Le bilan d'extension sert à évaluer la propagation du cancer aux organes proches et/ou lointains, afin de déterminer les possibilités chirurgicales et les traitements médicaux les plus adaptés. Les principaux examens réalisés sont :

  • l'IRM ou le scanner pelvien, afin de déterminer le stade du cancer ;
  • l'examen anatomopathologique, afin de déterminer si les ganglions lymphatiques sont touchés et si le cancer a commencé à se propager ;
  • le scanner thoracique, à la recherche de métastases dans les poumons ;
  • l’échographie hépatique ou le scanner abdominal, à la recherche de métastases dans le foie ;

Une échographie abdomino-pelvienne, une IRM du foie, voire un PET-scan sont parfois prescrits en complément d'exploration.

Classification des tumeurs

L'extension de la maladie s'évalue en stades suivant la taille de la tumeur (de I à IV) ou en suivant la classification T.N.M. (taille et localisation de la tumeur – T1 à T4 ; ganglions atteints ou non – N0 à N3 ; présence ou non de métastases – M0 à M1).

Traitements du cancer du côlon

Chaque traitement du cancer colorectal est unique. Il dépend du patient (état physique et psychique général, âge, etc.) et des caractéristiques de sa maladie (localisation, évolution, etc.). Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) permet au corps médical d'établir un programme personnalisé de soins (PPS). Ce document résume les différentes étapes du traitement spécifiquement préconisé pour le patient, qui peut à tout moment demander toutes les précisions nécessaires.

Pour en savoir plus, consultez la brochure Traitement des cancers

Les méthodes

La prise en charge du cancer du côlon s'organise autour de deux approches complémentaires et souvent associées : la chirurgie et la chimiothérapie. L'essor des thérapies ciblées ouvre quant à lui le champ des possibilités, tandis que la radiothérapie est réservée à certains cas de cancer du rectum.

La chirurgie contre le cancer du côlon

La chirurgie est le traitement de base du cancer colorectal. L'intervention (colectomie) consiste à retirer le segment du côlon comprenant la tumeur avant de suturer les deux extrémités restantes. Il existe deux techniques :

  • la laparotomie : ouverture de la cavité abdominale pour retirer la tumeur et les zones voisines contenant des ganglions lymphatiques.
  • la cœlioscopie : introduction d'instruments et d'une mini-caméra par de petits orifices et extraction de la tumeur par ces incisions.

Lorsque qu'elle est envisageable la cœlioscopie offre la même sécurité et améliore la qualité de vie des patients (moins de cicatrices et de complications post-opératoires).

La colostomie

Il est parfois nécessaire de prévoir une dérivation et créer un anus artificiel après l'opération. Cette colostomie est généralement provisoire et la continuité du transit est rétablie après la cicatrisation (6 à 12 semaines).

Dans certains cas (complication ou ablation du sphincter rectal), la colostomie peut être définitive. Le côlon est alors accolé à la peau de l'abdomen et relié à une poche qui recueille les selles.

Quel que soit l'organe touché, la chimiothérapie consiste à administrer un ou plusieurs médicaments toxiques pour les cellules cancéreuses. On parle alors de monothérapie ou de polythérapie. Ces médicaments vont se diffuser dans l'ensemble de l'organisme et cibler toutes les tumeurs présentes, qu'elles aient été repérées ou non au cours des examens préalables.
 
Dans le cas du cancer colorectal, la tumeur et l'ensemble des éléments retirés pendant l'opération (vaisseaux sanguins, ganglions) font l'objet d'un examen anatomopathologique. Cet examen, réalisé au microscope, permet d'évaluer l'étendue de la maladie et de décider si la chirurgie doit être complétée ou non par une chimiothérapie. Les produits habituellement employés (seuls ou en associations) sont le 5-fluoro-uracile (5-FU), l'oxaliplatine (Eloxatine®) et l'irinotécan (Campto®). L'objectif de ces médicaments anticancéreux est de réduire le risque de récidive.

Les protocoles de chimiothérapie sont établis pour chaque type de situation. Les médecins obéissent à ces différents référentiels.

Les thérapies ciblées contre le cancer du côlon

Une nouvelle génération de traitements est en plein essor : les thérapies ciblées. Il s'agit de molécules s'attaquant plus spécifiquement aux cellules cancéreuses. Principal intérêt : une action ciblée pour des effets secondaires réduits.
Les thérapies ciblées efficaces dans le cancer du côlon sont particulièrement nombreuses. Elles agissent :

  • sur l'angiogenèse, en bloquant la croissance des vaisseaux sanguins nécessaires au développement de la tumeur, entraînant ainsi la mort de cette dernière ;
  • sur les facteurs de croissance, en inhibant la division des cellules et donc le développement de la tumeur.

En pratique, les thérapies ciblées sont utilisées en association avec de la chimiothérapie pour les cancers colorectaux avancés. Trois médicaments sont utilisés : le bevacizumab (Avastin®), le cetuximab (Erbitux®) et le panitumumab (Vectibix®). La prescription est précédée d'une immunohistochimie sur les cellules tumorales à la recherche d'altérations génétiques qui, selon leur présence, peuvent  provoquer une résistance au traitement ; ces tests ont une valeur prédictive et pronostique et sont une étape majeure dans le domaine de la médecine individualisée.

La radiothérapie contre le cancer du côlon

Traitement local, la radiothérapie vise à compléter la chirurgie en réduisant la taille de la tumeur avant l'opération ou en détruisant d'éventuelles cellules cancéreuses encore présentes dans les tissus, après l'intervention.

Elle n'est généralement pas indiquée dans le cancer du côlon et d'emploi limité dans le cancer du rectum.

Effets indésirables des traitements contre le cancer du côlon

Les traitements provoquent souvent des effets indésirables plus ou moins intenses. Ceux-ci varient considérablement d'un patient et d'un traitement à un autre et il n'existe pas de moyen de prédire "qui" tolérera mieux "quoi". En revanche, les professionnels de santé sont là pour expliquer tout ce qui peut se passer et comment y remédier au mieux.

Effets indésirables de la chirurgie

Les effets indésirables de la chirurgie sont rares. Le principal est la fistule anastomotique, un défaut de cicatrisation de la suture entre les deux parties restantes du côlon. Cette complication survient habituellement une semaine après l’opération et se manifeste par de la fièvre avec des douleurs abdominales et un arrêt du transit digestif.

Effets indésirables rares : les complications hémorragiques intra abdominales et les abcès de paroi. Des troubles de l'érection peuvent également se rencontrer, en particulier si l'opération a porté sur le rectum.

Après l’opération, des troubles du transit intestinal sont fréquents (diarrhée, constipation, augmentation du nombre de selles). Ces troubles sont variables selon les personnes et la portion du côlon qui a été enlevée, mais s'améliorent progressivement avec le temps et un régime alimentaire adapté.

Effets indésirables des chimiothérapies

Problème majeur, les effets indésirables des chimiothérapies sont liés à l'absence de sélectivité des produits employés. Le traitement détruit les cellules cancéreuses, mais aussi certaines cellules à croissance rapide : cheveux, ongles, paroi du tube digestif et cellules sanguines. Fatigue, moins bonne résistance aux infections, perte d'appétit, modification du goût, nausées et vomissements, diarrhées, sensation d'engourdissement ou de fourmillement, réactions allergiques, troubles cutanés, lésions buccales et chute des cheveux sont, par conséquent, les manifestations indésirables les plus fréquentes.

Les thérapies ciblées présentent des effets indésirables moins marqués, souvent d'ordre cutané ou allergique : hypertension, saignements ou encore maux de tête.

Effets indésirables de la radiothérapie

Les effets indésirables de la radiothérapie sont le plus souvent : irritation de la vessie (cystite), inflammation du rectum ou de l’anus, crises hémorroïdaires, troubles intestinaux (diarrhées, crampes, selles fréquentes, etc.), troubles cutanés, perte d'appétit, fatigue

Après le traitement du cancer du côlon

Suivi médical du cancer du côlon

Une fois la phase de traitement terminée, débute une période de suivi aussi longue - cinq ans minimum - qu'indispensable. Cette phase permet notamment de surveiller :

  • l'état de santé général ;
  • les effets secondaires à long terme ou tardifs ;
  • tout signe de récidive ;
  • l'absence de développement de nouveaux polypes ou d'un deuxième cancer.

Dans ce cadre, des visites de contrôle sont programmées tous les 3 à 6 mois les deux premières années, puis annuellement les trois années suivantes. Les principaux examens réalisés sont un entretien médical pour évaluer l'état général de santé, des analyses sanguines à la recherche de marqueurs tumoraux et une échographie ou un scanner abdominal de contrôle pour surveiller d’éventuelles métastases hépatiques.

Une coloscopie est également réalisée un an après la fin du traitement et renouvelée à intervalles réguliers.

Cancer du côlon : la récidive

Le risque de récidive est très variable, mais étroitement lié au stade d'évolution du cancer au moment de son diagnostic. La récidive, si elle apparaît, se produit généralement dans les cinq années suivant le traitement. Le suivi médical permet de la prendre en charge rapidement et de proposer un nouveau programme personnalisé de soin.

Vivre avec une colostomie

Les systèmes de colostomie récents et des consultations de stomathérapie permettent au patient de gérer sa colostomie et mener une vie la plus "normale" possible. Aucune activité n'est proscrite, même les plus sportives. Seuls sont déconseillés les aliments susceptibles de fermenter et les boissons gazeuses.

La recherche contre le cancer du côlon

Pour le cancer colorectal comme pour les autres cancers, la recherche s'intéresse non seulement à mieux soigner, mais également à mieux comprendre et détecter. Des progrès majeurs ont été réalisés ces dernières années tant au niveau du dépistage que des traitements, mais de nombreuses voies prometteuses sont encore en phase d'exploration.

Connaître l'ennemi

La génétique et ses avancées permettent de découvrir chaque année de nouveaux gènes et de nouvelles protéines impliqués dans le cancer du côlon, de façon à mieux traiter - voire prévenir - la maladie.

Diagnostiquer le cancer du côlon vite et bien

Dans tous les cancers, un diagnostic et une prise en charge précoces sont synonymes de meilleure chance de survie et de traitements moins lourds. Un pan entier de la recherche s'intéresse au dépistage, avec le développement d'un test de détection immunologique beaucoup plus sensible. La détection des polypes précancéreux devient ainsi de plus en plus aisée, assurant une meilleure prévention de l'apparition des cancers colorectaux.

Optimiser les traitements contre le cancer

Malgré les constantes évolutions, le potentiel de progression des traitements reste important. De nouveaux espoirs sont ainsi permis avec le développement permanant de nouveaux médicaments, actuellement en cours d'essais sur des cultures cellulaires, des modèles animaux ou chez des patients en échec thérapeutique.

Les thérapies ciblées sont également en plein essor et proposent diverses directions : bloquer la croissance des cellules cancéreuses, asphyxier la tumeur en réduisant son apport sanguin, faire réagir les réactions immunitaires de l'organisme contre les cellules cancéreuses, etc. Certaines de ces approches fonctionnent déjà dans le cancer colorectal, et devraient déboucher sur des thérapies encore plus efficaces.

Demain la recherche contre le cancer

5 pistes prometteuses dans un futur proche :

  • 1. Prévenir l'apparition des cancers
  • 2. Éliminer les tumeurs en bloquant leur vascularisation (et donc leur alimentation en sang) : l'anti-angiogenèse.
  • 3. Renforcer les défenses immunitaires de l'organisme : l'immunothérapie (vaccination thérapeutique).
  • 4. Court-circuiter les "signaux" émis par la cellule cancéreuse : l'inhibition de la transduction du signal.
  • 5. Accentuer les erreurs de réparation de l'ADN dans la cellule cancéreuse, pour provoquer sa mort : la potentialisation de l'action cytotoxique.

Les essais cliniques

Les essais cliniques sont un moyen concret d'accéder aux avancées de la recherche. La liste des essais thérapeutiques est mise à jour régulièrement sur le site de l'Institut national du cancer (INCa) et tout patient peut demander à en intégrer un, sous réserve d'éligibilité.
Les essais cliniques sont proposés aux personnes ayant déjà étaient traitées par les méthodes plus traditionnelles.

Votre hôpital ne propose pas d'essai clinique pour le cancer du côlon ? Votre équipe soignante peut vous adresser à un autre établissement afin d'intégrer un protocole spécifique, tout en continuant à vous suivre.

"La Ligue en actions" : La Ligue contre le cancer et la recherche contre le cancer colorectal

Le projet portant sur la génomique du cancer du côlon, débuté au sein de l'unité de génomique fonctionnelle de l'institut Gustave Roussy (IGR), se poursuit en collaboration avec la Ligue nationale contre le cancer.

De nombreux échantillons ont été analysés à partir d'une banque de plus de 400 prélèvements tumoraux congelés au cours des 10 dernières années. Le but de ce projet est d'identifier des marqueurs moléculaires permettant de prédire la rechute des cancers du côlon de stades II et III après chirurgie, et ainsi de mieux identifier les patients à qui il faut proposer une chimiothérapie complémentaire. Ce projet initié par le Dr Valérie Boige (IGR) a permis de réunir un grand nombre de tumeurs dans le cadre d'un consortium associant l'IGR, l'hôpital européen Georges Pompidou, le registre des cancers de la Côte d'Or, et le centre Antoine Lacassagne à Nice. La valeur pronostique de plusieurs marqueurs identifiés grâce à cette analyse est en cours d'évaluation.

Accompagnement face au cancer du côlon

La Ligue contre le cancer met en place de nombreux services et aides pour vous accompagner face au cancer. Voir les aides proposées

  • Généralités sur le cancer du côlon
  • Types de cancers du côlon
  • Cancer du côlon : facteurs de risque
  • Prévention et dépistage du cancer du côlon
  • Cancer du côlon : Témoignage
  • Les symptômes du cancer du côlon
  • Diagnostic du cancer du côlon
  • Traitements du cancer du côlon
  • Effets indésirables des traitements contre le cancer du côlon
  • Après le traitement du cancer du côlon
  • La recherche contre le cancer du côlon
  • Accompagnement face au cancer du côlon

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