Cancer du poumon

le 31/10/2014

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Le cancer du poumon, appelé aussi cancer bronchique, est une des maladies des cellules des bronches ou, plus rarement, des cellules qui tapissent les alvéoles pulmonaires. Il se développe à partir d’une cellule initialement normale qui se transforme, sous l’effet d’agressions comme le tabac, et se multiplie de façon anarchique. Les informations proposées dans ce module décrivent les situations et les techniques les plus couramment rencontrées mais n’ont pas valeur d’avis médical. Ces informations sont destinées à faciliter vos échanges avec les différents soignants. Ce sont vos interlocuteurs privilégiés ; n’hésitez pas à leur poser des questions.

Mieux connaître

Le cancer du poumon est l’un des cancers les plus répandus dans le monde. En France, avec près de 37 000 nouveaux cas par an (27 000 hommes et 10 000 femmes), ce cancer se place en quatrième position derrière ceux de la prostate, du sein et du colon-rectum. En revanche, il se hisse à une sinistre première place en terme de mortalité. Les raisons ? Une propagation facilitée par une circulation sanguine intense au niveau des poumons et un diagnostic tardif, du fait de l'absence de symptômes caractéristiques. Toutefois, les traitements ne cessent de s’enrichir grâce à des progrès incessants.

Le cancer du poumon se déclare généralement entre 50 et 65 ans. Principal responsable: le tabagisme, incriminé dans près de 9 cas sur 10. Le temps séparant le début de la consommation du tabac et le diagnostic de la maladie est de quelques dizaines d’années. Les cancers du poumon actuels sont les conséquences du tabagisme des 50 dernières années. Les plans de lutte antitabac et la prise de conscience assurent toutefois une baisse régulière de la mortalité… chez les hommes.
Malheureusement, les femmes prennent actuellement le relais. Fumant de plus en plus, elles entretiennent la progression constante du nombre de nouveaux cas et de décès. L’incidence du cancer du poumon chez les femmes a triplé ces 20 dernières années.
Chez les jeunes également, le taux de fumeurs est à la hausse depuis quelques années.  Aujourd'hui, près d'un quart des 15-19 ans, filles comme garçons, fument.

Aussi, la meilleure arme pour lutter contre la mortalité liée à cette pathologie reste la prévention, en agissant en particulier contre le tabagisme.

Le cancer du poumon en chiffres*

  • 37 000 nouveaux cas annuels (73% d'hommes, 27% de femmes)
  • 4e rang des cancers en terme de fréquence (10% de l'ensemble des nouveaux cas de cancer)
  • 28 700 décès annuels (73% d'hommes, 27% de femmes)
  • 4% (garçons) et 5% (filles) des 12-14 ans fument
  • 23% (garçons) et 24% (filles) des 15-19 ans fument

* données La situation du cancer en France en 2010, ouvrage collectif édité par l’INCa, sur base de projection.>

Les poumons

Situés au niveau de la poitrine, les poumons assurent les échanges gazeux de l'organisme. Ils sont séparés par la région du médiastin qui contient le cœur, la trachée, l'œsophage et des ganglions lymphatiques.

Le poumon droit comporte trois lobes contre deux pour le poumon gauche. Lors de l’inspiration, l’air arrive par la trachée et se répartit dans les bronches, les bronchioles et les alvéoles. L’oxygène contenu dans l’air inspiré traverse les alvéoles pour passer dans le sang. Le sang distribue ensuite l’oxygène à toutes les cellules de l’organisme. Lors de l’expiration, le sang ramène dans les poumons le gaz carbonique rejeté par toutes les cellules du corps. Il traverse la paroi des alvéoles et passe dans les bronches. Il est ensuite rejeté par la trachée, le nez et la bouche.

Les cancers du poumon apparaissent majoritairement dans les cellules des bronches, mais ils peuvent également se développer au niveau des alvéoles.

Types de cancers

Les cancers du poumon se divisent en deux grandes familles, différenciées en fonction de la nature des cellules tumorales.

Les cancers « à petites cellules » représentent 20% des cancers du poumon. Ces cancers sont dits « agressifs » : les cellules malades se multiplient rapidement et, d’emblée, il existe un risque de métastases. Pour définir l’étendue du cancer, différents examens permettent de constater :

  • l’étendue du cancer dans les poumons ;
  • l’atteinte ou non des ganglions lymphatiques par des cellules cancéreuses ;
  • l’atteinte ou non des structures voisines ;
  • la présence ou non de métastases en dehors du thorax.

Pour les cancers à petites cellules localisés la chimiothérapie et la radiothérapie sont les traitements de référence. Pour les cancers à petites cellules métastatiques, la chimiothérapie est le principal traitement.

Les cancers « non à petites cellules » représentent 80% des cancers du poumon et regroupent trois grands types de tumeurs : l'adénocarcinome bronchique (40%), le carcinome épidermoïde (40%) , le carcinome à grandes cellules (20%).

Pour définir l’étendue du cancer, différents examens permettent de constater :

  • la taille de la tumeur ;
  • l’atteinte ou non des ganglions lymphatiques par des cellules cancéreuses ;
  • l’atteinte ou non des structures voisines ;
  • la présence ou non de métastases à distance.

Le traitement des cancers « non à petites cellules » varie en fonction de leur stade d'évolution au moment du diagnostic (voir rubrique traitements). Mais la chirurgie constitue le traitement de référence des cancers bronchiques non à petites cellules précoces.

Facteurs de risque

Si le cancer du poumon peut avoir différentes origines, le tabagisme reste le principal responsable.

Tabac

L’exposition à la fumée de tabac est responsable d'environ 85 % des cancers du poumon. Ce risque concerne non seulement les fumeurs, mais aussi leur entourage proche (tabagisme passif).

L'usage régulier de cannabis est également un facteur de risque. La fumée de cannabis contient quatre fois plus de goudrons que celle du tabac et renferme davantage de cancérigènes.

L’arrêt du tabac diminue significativement le risque d’avoir un cancer du poumon contrairement à la réduction de la consommation. La durée de l’exposition au tabac est quatre fois plus déterminante que la quantité de cigarettes fumées.

Exposition professionnelle

Les travailleurs exposés, régulièrement et sur le long terme, à des substances cancérigènes telles que l'amiante, le radon, l’arsenic, le nickel, le chrome, les goudrons… présentent un risque accru de développer un cancer du poumon.

Facteurs environnementaux

Des études sont menées sur un éventuel impact de la pollution atmosphérique sur l'apparition de cancers du poumon. Pour l'heure, aucun rapprochement n'a été observé.

L'existence de gènes de « protection » ou de prédisposition au cancer du poumon est également envisagée, mais non démontrée à ce jour.

Prévention

La meilleure arme pour lutter contre l’apparition de cette pathologie reste la prévention, en agissant en particulier contre le tabagisme.

Les objectifs majeurs de la lutte contre le tabac :

  • éviter que les adolescents et les jeunes adultes commencent à fumer ;
  • susciter l’envie d’arrêter de fumer ;
  • aider les fumeurs à arrêter le plus tôt possible ;
  • ne pas enfumer les autres et respecter son entourage, si l’on est fumeur ;
  • « dénormaliser » la consommation du tabac dans notre société. Le fait de ne pas fumer dans les lieux publics doit devenir une évidence

La Ligue en actions :

Des solutions personnalisées pour arrêter de fumer

Certains Comités départementaux de la Ligue contre le cancer proposent des solutions pour faciliter l’arrêt du tabac. Pour bénéficier de cet accompagnement proche de chez vous, contacter votre Comité départemental. Toutes les coordonnées figurent sur la page d’accueil de ce site internet.

Nicomède, pour tout savoir sur le tabac.

Nicomède est un outil d’autoformation en ligne facile à prendre en main, qui permet d’évoluer de manière interactive et intuitive au fil des leçons pour permettre à chacun de comprendre le tabac, les conséquences du tabagisme et les techniques de sevrage.
Découpé sous forme de modules indépendants les uns des autres, agrémentés de quiz et de jeux pédagogiques, cet outil permet à chacun d’avancer à son rythme pour tout savoir et tout comprendre sur le tabac.

Pour accéder à Nicomède, connectez-vous au site internet www.nicomede.fr et créez votre compte.

La Ligue contre le cancer milite pour la désintoxication des sociétés et des États

La Ligue contre le cancer, en tant qu’association non gouvernementale, apolitique, engagée depuis de nombreuses années pour une lutte efficace contre le tabac, fait régulièrement entendre son mécontentement face à l’absence de politique de santé publique pérenne et efficace. La France est très en retard : 31 % des adultes fument vs 21 % en Grande-Bretagne ou 13% en Californie ! Porte-parole des victimes d'aujourd'hui et de demain et initiatrice en France du Plan « Sortie du tabac avant 2030 », la Ligue contre le cancer veille avec opiniâtreté à vérifier que tous les moyens sont déployés pour que le problème du tabac, sanitaire, social, politique et économique soit une question de société, traitée sans relâche, avec pour préoccupation centrale, les victimes du tabac et la protection des personnes, en particulier, les plus vulnérables. C’est pourquoi, la Ligue mobilise fortement, l’opinion et toute la société pour plus qu’aucun retard dans la lutte ne soit à mettre au bénéfice de ce poison.

Pour en savoir plus : www.tueurs-payeurs.fr

Témoignage

Laurence B. vit avec le cancer du poumon depuis plus de dix ans. Retour sur son parcours, son ressenti et sa philosophie, pour toujours avancer la tête haute.

Une vie à risque

« J'ai fumé de 18 ans jusqu'à 32 ans. Et deux années plus tard, on me diagnostiquait un cancer du poumon directement lié au tabagisme…
Les symptômes sont rares et peu caractéristiques dans ce type de cancer. Chance dans mon malheur, une toux persistante (malgré les traitements médicamenteux) a permis d'orienter le diagnostic médical assez rapidement, et les examens ont confirmé la présence d'une tumeur unique sur mon poumon droit. Le traitement a consisté en une chimiothérapie suivie d'une chirurgie (avec ablation totale du poumon). Il m'a permis de sortir de la maladie et me considérer comme guérie. La rémission a en réalité duré cinq ans, avant que le cancer ne réapparaisse sur mon autre poumon. Depuis, j'alterne les phases de traitement - toujours efficaces, mais de plus en plus restreintes en terme d'options - et les phases de rémission, sous l'œil vigilant des professionnels de santé. »

Combattre jour après jour

« En 2000, lorsque mon premier cancer a été diagnostiqué, la prise en charge des personnes malades était limitée. Pas de soutien psychologique, pas d'informations… Le médecin de l'époque a même recommandé à mon mari de ne pas m'annoncer la nouvelle… Recommandation qu'il n'a heureusement pas écoutée, car rien n'est pire que ne pas savoir.
Les premiers temps après l'annonce du diagnostic furent terribles. Un vrai coup de massue sur la tête. Puis, bien épaulée par mon entourage, j'ai décidé de retrousser mes manches et de rentrer dans le combat. Malgré les traitements et leurs effets secondaires parfois lourds (fatigue, chute des cheveux) je suis restée positive. La maladie n'est pas une honte et j'ai assumé mon combat, pour moi et mes proches. Un combat mené un premier temps victorieusement, pour ressortir « guérie » après mon premier traitement, avoir un enfant et poursuivre une vie totalement normale.
La suite n'a pas toujours été simple et les récidives ont été difficiles à encaisser. Néanmoins,  j'ai toujours relevé la tête, je me suis accrochée pour ceux que j'aime. Mon envie de vivre m'a permis de traverser chaque nouvelle épreuve, de supporter les traitements nécessaires et de sortir le plus vite possible de l'hôpital. »

Vivre avec le cancer

« Vivre avec un cancer ou vivre après un cancer, c'est avant tout vivre. La principale séquelle du traitement de certains cancers du poumon qui est l'ablation d'un lobe ou du poumon dans son intégralité n'est pas handicapante outre mesure. Après une bonne rééducation respiratoire, seuls les efforts sollicitant beaucoup le cœur sont à proscrire. Pour le reste, rien ne change.
Ma plus grande frustration a été liée au travail. Je me suis retrouvée en invalidité professionnelle à 38 ans. Difficile à accepter. J'ai dû organiser ma vie en fonction des limites imposées par ma maladie. Pour donner un sens à mes expériences, je me suis engagée dans l'écoute des personnes souffrant, comme moi, de cancer. L'accompagnement est indispensable pour rassurer au mieux et faciliter la compréhension de la maladie, du traitement et des changements qui surviennent au quotidien. La prise en charge médicale, le parcours de soin personnalisé et l’accompagnement sont de véritables points de repères pour les patients. Aujourd'hui, les professionnels de santé sont bien plus à l'écoute de nos attentes, de nos craintes et de nos questions. Ils sont prêts (pour la majorité) à nous informer et nous orienter au mieux. Des espaces complémentaires d'information (ERI, ELI, etc.) des numéros verts, des sites Internet, des cellules de soutien, des groupes de parole ont également vu le jour, pour permettre aux personnes malades et à leur entourage d'échanger autour de la maladie, à l'échelle locale. Les soins de conforts (esthétisme, sophrologie, etc.) se sont également développés pour aider à mieux supporter les effets indésirables des traitements. Le soutien de psychologues est désormais accessible à tous à l'hôpital et parfois en dehors.

Avoir un cancer du poumon est une épreuve terrible. Chaque récidive éventuelle complique un peu les choses en renvoyant un peu plus à l'idée de la mort. Mais je pense que cette conscience de la mort est en définitive une bonne chose, que chacun d'entre nous se doit d'appréhender pour mieux apprécier la vie et se battre encore et toujours face à la maladie. Car oui, onze ans après son premier cancer du poumon et quelques récidives plus tard, on peut toujours être vaillant(e) et se projeter avec optimisme dans l'avenir ! »

Symptômes

Il n'existe pas de symptômes caractéristiques du cancer du poumon. En revanche, un certain nombre de signes persistants doivent inciter à consulter :

  • toux persistante, avec quintes, sans cause apparente ;
  • essoufflement récent ;
  • douleur au niveau du thorax ou des épaules, résistante aux antidouleurs habituels ;
  • crachats purulents ou sanglants ;
  • infections pulmonaires récurrentes.

Une fatigue anormale, une perte récente d'appétit ou un amaigrissement inattendu peuvent également révéler un cancer du poumon. Toutefois, ces symptômes généraux étant fréquents dans nombre de maladies bénignes, le calme et la prudence restent de mise. Seule une consultation médicale et des examens spécialisés permettront d’affirmer le diagnostic.

Un dépistage du cancer du poumon ?

À ce jour, il n’existe pas de moyens pour dépister précocement les cancers du poumon. L’introduction de nouvelles techniques d'imagerie et de tests biologiques et/ou génétiques pourrait faire évoluer cette situation dans les années à venir.

Diagnostic

Le diagnostic du cancer du poumon se réalise en deux étapes :

  • repérer la lésion
  • préciser ses caractères locaux, régionaux ou à distance.

Le bilan diagnostique s'articule autour d'un examen clinique et d'une imagerie pulmonaire (radiographie, scanner, IRM). Le premier permet de déterminer l'état général du patient et la seconde de repérer une éventuelle tumeur. Les progrès de l’imagerie permettent actuellement une grande précision.
La confirmation de la présence d'une tumeur cancéreuse se fait par le biais de prélèvements (biopsie) réalisés au cours d'une fibroscopie bronchique. Les biopsies permettent de prélever un fragment de la tumeur dont l’examen microscopique est indispensable pour affirmer le diagnostic et obtenir des indications sur le type de cancer (cancer « à petites cellules » ou « non à petites cellules »).

D'autres prélèvements et examens peuvent être réalisés si les premiers ne suffisent pas à poser un diagnostic précis.

Le bilan d'extension permet d'évaluer l'extension du cancer aux organes proches et/ou lointains, afin de déterminer les possibilités chirurgicales éventuelles et les traitements médicaux complémentaires les plus adaptés. Les principaux examens réalisés sont :

  • la médiastinoscopie, pour déterminer le stade du cancer et l’atteinte des ganglions médiastinaux ;
  • le scanner thoracique, pour repérer la taille et la localisation des anomalies ou nodules, même de très petite taille (inférieure ou égale à 3 millimètres) ;
  • l’échographie hépatique, à la recherche de métastases dans le foie ;
  • la scintigraphie osseuse, à la recherche de métastases dans les os ;
  • l’échographie endo-oesophagienne pour apprécier l’extension du cancer à l’œsophage et aux vaisseaux du cœur ;
  • l’angiographie pour vérifier la connexion de la tumeur avec l’aorte et les vaisseaux pulmonaires ;
  • un PETscan (scanner + scintigraphie) pour déceler d’éventuels micro-nodules. Cet examen se pratique si une intervention chirurgicale est envisagée.

Différentes explorations permettent également d'évaluer la capacité respiratoire du patient afin de déterminer si une intervention chirurgicale peut être réalisée.

Classification des tumeurs

L'extension de la maladie s'évalue en stades suivant la taille de la tumeur (de I à IV) ou en suivant la classification T.N.M. (taille et localisation de la tumeur – T1 à T4 ; ganglions atteints ou non – N0 à N3 ; présence ou non de métastases– M0 à M1).

Traitements

Le traitement est adapté en fonction de chaque personne malade. Il dépend du patient (état général, capacité respiratoire, etc.) et des caractéristiques de sa maladie (type, localisation, évolution, etc.). Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) permet au corps médical d'établir un programme personnalisé de soins (PPS). Ce document résume les différentes étapes du traitement spécifiquement préconisé pour le patient, qui peut à tout moment demander toutes les précisions nécessaires.

Brochure Les traitements des cancers

Pour en savoir plus, consultez la brochure : Les traitements des cancers

Chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, le trio de tête

LES MÉTHODES

La prise en charge du cancer du poumon s'organise autour de trois approches complémentaires et souvent associées : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.

La chirurgie

Lorsqu'elle est possible, la chirurgie reste le traitement choisi. La chirurgie constitue le traitement de référence des cancers bronchiques non à petites cellules. L'intervention consiste à enlever la tumeur dans sa totalité ainsi que les ganglions correspondants. L’analyse des ganglions permet de déterminer si un traitement supplémentaire est nécessaire. Il existe deux interventions chirurgicales :

  • la lobectomie consiste à retirer uniquement le lobe où se trouve la tumeur, de façon à conserver une partie du poumon. Une bilobectomie peut également être envisagée sur le poumon droit, qui comporte trois lobes.
  • la pneumonectomie revient à retirer tout le poumon atteint.

À savoir : il est tout à fait possible de vivre convenablement avec un seul poumon, sans recourir à la respiration artificielle. Un poumon suffit en effet à assurer une bonne oxygénation du sang et l'élimination du gaz carbonique. L'arrêt du tabac est le seul impératif majeur. La respiration étant un peu moins efficace, les exercices physiques seront quant à eux plus limités en durée et en intensité.

Effets indésirables

Les traitements provoquent souvent des effets secondaires plus ou moins intenses. Ceux-ci varient considérablement d'un patient et d'un traitement à un autre et il n'existe pas de moyen de prédire « qui » tolérera mieux « quoi ». En revanche, les professionnels de santé sont là pour expliquer tout ce qui peut se passer et comment y remédier au mieux.

La chirurgie thoracique est une chirurgie lourde, mais les effets indésirables sont assez rares. Au réveil, comme après toute intervention chirurgicale, la zone opérée peut être douloureuse. Toutefois, des traitements adaptés permettent de contrôler au mieux la douleur et son intensité.
Dans les semaines suivant l'opération peuvent se manifester : une douleur cicatricielle, un pneumothorax (présence d'air dans la cavité thoracique), un épanchement pleural, des saignements, une infection de la plaie, une insuffisance respiratoire, etc.
Des effets indésirables tardifs (essoufflement persistant, troubles cardiaques, démangeaisons au niveau de la plaie, modification de la voie, etc.) peuvent se rencontrer, mais ils restent exceptionnels.

Les effets indésirables de la radiothérapie sont le plus souvent : fatigue, déglutition douloureuse, nausées, toux irritative, réactions cutanées… Ils apparaissent progressivement au cours du traitement mais peuvent disparaitre en quelques jours à quelques semaines après l’arrêt.

Problème majeur, les effets indésirables des chimiothérapies sont liés à l'absence de sélectivité des produits employés. Le traitement détruit les cellules cancéreuses ainsi que certaines cellules à croissance rapide, comme celles qui constituent les cheveux, les ongles, le revêtement de la paroi du tube digestif. Les cellules de la moelle osseuse qui fabriquent les cellules sanguines (globules rouges, globules blancs et plaquettes) sont aussi touchées par la chimiothérapie.
Fatigue, moins bonne résistance aux infections, perte d'appétit, modification du goût, nausées et vomissements, infections buccales (stomatites) et chute des cheveux sont par conséquent les effets secondaires les plus fréquents.

Les thérapies ciblées présentent des effets secondaires un peu différents et moins marqués, souvent d'ordre cutané ou digestif, parfois cardiaque (hypertension).

Suivi

Une fois la phase de traitement terminée, débute une période de suivi aussi longue - à vie - qu'indispensable. Cette phase permet notamment de surveiller :

  • l'état de santé général ;
  • la réponse au traitement ;
  • les effets secondaires à long terme ou tardifs ;
  • tout signe de récidive ;
  • l'absence de développement d'un deuxième cancer.

Dans ce cadre, des visites de contrôle sont programmées tous les trois à quatre mois au départ, puis tous les six mois par la suite. Les principaux examens réalisés à ces occasions sont un entretien médical, un examen physique, une radiographie du thorax et un scanner thoracique.

Rester vigilant

Si certains symptômes apparaissent entre deux consultations, n'hésitez pas à les signaler à votre médecin sans attendre le prochain rendez-vous. Même s'ils ne sont pas forcément le signe d'une récidive, mieux vaut ne prendre aucun risque.

La récidive

Le risque de récidive est très variable, mais étroitement lié au stade d'évolution de la maladie au moment de son diagnostic, ainsi qu'à la poursuite ou non du tabagisme. Le cancer du poumon peut réapparaître au même endroit que la tumeur initiale, dans la même région ou bien dans une autre partie du corps. Un nouveau programme personnalisé de soin est alors mis en place.

Recherche

Pour le cancer du poumon comme pour les autres cancers, la recherche s'intéresse non seulement à mieux soigner la maladie, mais également à mieux la comprendre et la détecter.

Connaître l'ennemi

La génétique et ses avancées permettent de découvrir chaque année de nouveaux gènes et de nouvelles protéines impliqués dans le cancer du poumon. Remonter à la genèse de la maladie devrait permettre de mieux la traiter, voire la prévenir.

Chaque type de tumeur possède des caractéristiques (marqueurs) qui lui sont propres. Identifier ces marqueurs va permettre de mieux suivre l’évolution. Cette démarche est déjà une réalité pour certains cancers (cancers du sein et colorectal) et ne devrait plus tarder à le devenir dans le cancer du poumon.

Diagnostiquer vite et bien

Dans tous les cancers, un diagnostic et une prise en charge précoces sont synonymes de meilleure chance de survie et de traitements moins lourds. Un pan entier de la recherche se penche donc sur l'aspect « dépistage », avec notamment le développement de nouveaux outils diagnostic et le perfectionnement de certaines techniques d'imagerie, pour repérer des tumeurs toujours plus petites, les modéliser en 3D et suivre l'évolution de leur aspect tout au long du traitement.
Il est également possible que les progrès de la génétique permettent un jour d’identifier des anomalies caractéristiques des cellules cancéreuses à partir de crachats.

Optimiser les traitements

Si les trois types de traitements actuels sont et resteront des standards, leur potentiel de progression reste considérable. Il est par exemple possible de limiter l'étendue de la chirurgie grâce à des techniques moins invasives. Des alternatives sans la moindre opération sont également envisageables grâce à des procédés tels la radiothérapie stéréotaxique ou la radiofréquence sous scanner.
Concernant les médicaments, une recherche active assure l'arrivée régulière de nouvelles molécules aux modes d'actions toujours plus diversifiés et à l'efficacité toujours plus prononcée.

Demain la recherche

5 pistes prometteuses dans un futur proche

  1. Prévenir l’apparition des cancers
  2. Éliminer les tumeurs en bloquant leur vascularisation (et donc leur alimentation en sang) : l'anti-angiogenèse.
  3. Renforcer les défenses immunitaires de l'organisme : l'immunothérapie (vaccination thérapeutique).
  4. Court-circuiter les « signaux » aberrants émis par la cellule cancéreuse : l'inhibition de la transduction du signal.
  5. Accentuer les erreurs de réparation de l'ADN dans la cellule cancéreuse, pour provoquer sa mort : la potentialisation de l'action cytotoxique.

Les essais cliniques

Les essais cliniques sont un moyen concret d’accéder aux avancées de la recherche. La liste des essais thérapeutiques est mise à jour régulièrement sur le site de l’Institut national du cancer (INCa) et tout patient peut demander à en intégrer un, sous réserve d'éligibilité.
Les essais cliniques sont proposés aux personnes ayant déjà étaient traitées par les méthodes plus traditionnelles.

Votre hôpital ne propose pas d'essai clinique dans le cancer du poumon ? Aucun problème : votre équipe soignante peut vous adresser à un autre établissement afin d'intégrer un protocole spécifique, tout en continuant à vous suivre.

La Ligue contre le cancer et la recherche

La Ligue est à l'origine de trois projets phares de soutien à la recherche dans le cancer :

Le programme « Équipes Labellisées » a pour vocation première d’apporter un soutien financier reconduit pendant plusieurs années (au moins trois ans) à des équipes insérées dans des laboratoires reconnus par les tutelles de recherche publique et qui développent des programmes de recherche cognitive en oncologie.

Le programme « Cartes d’identité des tumeurs » (CIT) a été conçu et mis en place en 2000. Ses objectifs sont d'analyser la composition de différents types de tumeurs et d'intégrer les données obtenues dans une base de données unique afin de répondre à des questions, cruciales en vue de retombées rapides dans la prise en charge des malades :

  • quels sont les gènes qui s’expriment différemment dans les cellules tumorales et dans les cellules normales ?
  • peut-on établir, dans les cellules tumorales, un lien direct entre gènes qui s’expriment différemment et anomalies de structure du génome ?
  • les différences observées dans l’expression et la structure des gènes peuvent-elles contribuer à identifier une signature moléculaire informative pour le diagnostic, le pronostic, le traitement de la tumeur, l’apparition des métastases ?
Accompagnement

Le cancer du poumon est une maladie lourde, qui affecte durablement l'existence. Souvent désemparés, en quête de réponses, de soutien ou de partage d'expérience, le malade et son entourage ne savent pas toujours vers qui se tourner hors du milieu médical. Pourtant, les solutions existent : associations, espaces de rencontre, sites Internet, numéros verts accompagnent chaque personne confrontée au cancer du poumon et l'aident à surmonter cette épreuve.

Près de chez vous, des ligueurs sont à vos côtés jour après jour

La Ligue contre le cancer, grâce à ses 103 Comités départementaux et à ses 12 000 bénévoles réguliers présents en métropole et dans les territoires d’Outre-mer, se mobilise directement auprès de toute personne concernée par la maladie en attribuant des aides sociales et/ou en proposant des accompagnements.

L’information et l’orientation des personnes malades et de leurs proches

Les ligueurs accueillent, informent et orientent les personnes sur les questions liées à la maladie, aux traitements et aux dispositifs de prise en charge. Différents lieux d’information sont ouverts aux personnes malades : Comité départemental, Espace Ligue, Espaces de rencontres et d’information.

Exemple des ERI (Espaces de Rencontres et d’Information)

Des espaces de rencontres et d'information situés directement au cœur des établissements de soins, vous permettent de vous informer et d’échanger sur la maladie sans rendez-vous.
Consultez la liste des ERI en France

L’accompagnement thérapeutique

Sur le terrain, les ligueurs proposent de nombreux services d’accompagnement :

Activité physique adaptée

L’activité physique adaptée peut être proposée à toute personne atteinte de cancer, qu’elle soit en cours de traitement ou en rémission. L’objectif : aider les personnes malades à se ressourcer et à retrouver un bien-être souvent mis à mal lors des traitements.

Elle est dispensée par des professeurs spécialisés. Pour accéder aux séances, les personnes malades doivent présenter un certificat médical. Les séances d’activités physiques adaptées peuvent être organisées en groupe ou en individuel. Lors de la première séance, le professeur d’activités physiques va évaluer les besoins de la personne et, en fonction, définir un programme adapté.

Soins esthétiques

Les soins esthétiques (modelage, soins du visage, etc.) réalisés par des professionnels procurent aux personnes malades un moment de bien-être et leur permettent de retrouver une estime de soi souvent mise à mal lors des traitements.

Conseils en alimentation et nutrition

Cette activité s’organise principalement sous forme d’ateliers collectifs ou de séances individuelles.

Groupes de parole et soutien psychologique

Si vous souhaitez partager, exprimer vos doutes, vos angoisses, échanger avec d'autres personnes confrontées à une expérience similaire et trouvez du réconfort avec l'accompagnement d'un psychologue expérimenté et d'un soignant, contactez le Comité départemental de la Ligue contre le cancer le plus proche de chez vous. Nombreux sont les malades qui décident de franchir le pas et s’inscrivent aux groupes de parole proposés par la Ligue. Et pour cause : le cancer bouleverse tous les repères et altère le rapport à soi. D’où le besoin de se retrouver entre « pairs » qui traversent la même épreuve, même si chaque cancer est différent et chaque histoire singulière. Ces consultations peuvent également être individuelles.

Dans le champ de l’accompagnement thérapeutique, les Comités peuvent aussi proposer des activités de relaxation, de sophrologie ou encore de réflexologie.

Les aides sociales

De nombreuses familles sont, aujourd’hui, confrontées à des problèmes financiers et matériels causés par la maladie. Pour cette raison, la Ligue octroie, sur l’avis d’une commission sociale, des aides financières. En 2010, près de 9 000 familles ont bénéficié de ces aides, notamment dans les territoires les plus sensibles. Certains Comités départementaux, au-delà des aides financières apportées aux familles, peuvent mettre en place un accompagnement ciblé :

  • aide aux démarches administratives ;
  • aide à la vie quotidienne ;
  • accompagnement autour de la vie professionnelle ;
  • appui sur les problématiques liées à l’hébergement.

Grâce à sa forte légitimité, la Ligue représente les usagers et agit auprès des institutions nationales et internationales pour faire valoir les droits des patients.

Pour connaître tous les services proposés par votre Comité départemental, vous avez aussi la possibilité de le contacter au 0 810 111 101 (prix d’un appel local).

Un numéro de téléphone, des professionnels à votre écoute

Aidéa, un service d’aide à l’emprunt unique en France

Vous êtes ou avez été touché par la maladie et vous avez des difficultés pour obtenir un prêt ou constituer un dossier d’emprunt. Signataire de la convention Aeras (s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), la Ligue contre le cancer, via son service Aidéa, facilite l’accès à l’emprunt des personnes atteintes d’un risque aggravé de santé :

  • des conseillers techniques vous informent sur la convention Aeras, répondent à vos questions et enfin vous accompagnent dans la constitution des dossiers requis par les assureurs ;
  • des cancérologues experts auprès de la Ligue contre le cancer, exerçant près de chez vous, sont à votre disposition pour vous assister dans la préparation de votre dossier médical dans le respect de l’éthique et de la déontologie médicale.

Le service Aidéa est gratuit, anonyme et confidentiel. Pour contacter le service Aidéa, composez le 0 810 111 101 du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Écoute et soutien téléphonique

Que vous soyez touché par le cancer, proche de personnes malades ou encore professionnel de santé, des psychologues cliniciens vous écoutent et vous accompagnent, de façon individuelle, dans le respect de l’anonymat et de la confidentialité quel que soit le temps de la maladie (dépistage, annonce, traitements, rémission, fin de vie, etc.).   

Ce soutien psychologique vous offre :

  • une écoute immédiate reconnaissant votre vécu et vos émotions ;
  • un accompagnement à la verbalisation : libération de la parole, expression des doutes et des souffrances ;
  • un soutien personnalisé et adapté ;
  • une disponibilité et une réactivité des psychologues ;
  • une aide pour mieux se situer par rapport à son entourage et mieux appréhender le quotidien de la maladie ;
  • une rupture de la solitude et de l’isolement.

Pour contacter les psychologues cliniciens, appelez le 0 810 111 101 du lundi au vendredi de 9h à 19h et le samedi de 9h à 14h.

Permanence juridique et sociale

Des juristes et des avocats volontaires du barreau de Paris animent la permanence juridique et sociale de la Ligue contre le cancer. Dans un souci de respect de l’égalité des droits pour tous, ces professionnels du droit délivrent des renseignements accessibles, des conseils pratiques aux personnes touchées par la maladie, à leurs proches ainsi qu’aux professionnels de santé. Sous forme de consultations juridiques téléphoniques gratuites et confidentielles, ces professionnels répondent à vos questions relevant de votre vécu et de vos difficultés rencontrées dans vos vies professionnelle, familiale et sociale mais aussi citoyenne. Ces conseils juridiques personnalisés vous permettront de faire valoir et appliquer vos droits (contrat d’assurance, droit de la famille, droit de la santé, etc.).

Pour contacter la permanence juridique et sociale, appelez le 0 810 111 101 du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Des espaces communautaires interactifs

Si vous souhaitez échanger, partager un vécu, une expérience, un forum et une page Facebook sont à votre disposition. N’hésitez pas à vous inscrire et à dialoguer avec les nombreux internautes.

Cancer info

Des informations de référence, validées et mises à jour régulièrement sur les différents types de cancers, les traitements, et la vie pendant et après la maladie.
Pour en savoir plus : www.e-cancer.fr/cancer-info

En savoir plus

Les Cancéropôles :
Nés du Plan Cancer 2003-2007, les 7 Cancéropôles donnent un nouvel élan à la recherche sur le cancer en visant à fédérer les recherches fondamentales et cliniques à l'échelle d'une ou de plusieurs régions.

  • Mieux connaître
  • Types de cancers
  • Facteurs de risque
  • Prévention
  • Témoignage
  • Symptômes
  • Diagnostic
  • Traitements
  • Effets indésirables
  • Suivi
  • Recherche
  • Accompagnement

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