Avec environ 53 000 nouvelles personnes touchées chaque année, le cancer du sein est le plus répandu des cancers féminins. Près d'une femme sur neuf sera concernée au cours de sa vie, le risque augmentant avec l'âge. Moins de 10% des cancers du sein surviennent avant 40 ans. L’incidence augmente ensuite régulièrement jusqu’à 65 ans. Ceci, associé au fait que la densité de la glande mammaire est moins importante à cet âge, justifie le choix de la tranche d’âge de 50 à 74 ans retenue pour le dépistage organisé.
Après avoir doublé entre 1980 et 2005, l'incidence semble désormais en phase de stabilisation. Plus encourageant encore, la mortalité (nombre de décès/an) n'a, elle, pas augmenté depuis les années 80. Le résultat d'énormes progrès, tant au niveau du dépistage que de la prise en charge médicale de la maladie. Pour preuve, aujourd'hui, plus de 3 cancers du sein sur 4 sont guéris en sachant que tous les types de cancers n’ont pas le même pronostic !
L'homme et le cancer du sein
Les hommes peuvent également développer un cancer du sein. Ces cas sont cependant rares, puisqu'ils représentent seulement 1% du nombre total de cancers du sein et 0,5% des cancers masculins.
Le cancer du sein en chiffres* chez la femme
* données France 2005 et 2011, sur base de projection

Les seins jouent un rôle important dans la féminité et dans l’image que la femme a de son corps. La fonction biologique du sein est de produire du lait afin de nourrir un nouveau-né.
Le sein (appelé aussi glande mammaire) se compose de quinze à vingt lobes séparés par du tissu graisseux qui donne au sein la forme qu’on lui connaît. Ces lobes sont, eux-mêmes, constitués de lobules capables de secréter du lait en période d'allaitement. Un lait est transporté par les canaux galactophores jusqu'au mamelon, situé au centre d'une zone pigmentée (l'aréole).
La glande mammaire se développe et fonctionne sous l’influence d'hormones sexuelles produites en quantité variable tout au long de la vie : les œstrogènes et la progestérone.


La majorité des cancers du sein se développent au niveau des canaux galactophores (cancer canalaire) ou des lobules (cancer lobulaire) et se classent en deux grandes catégories : non invasifs et invasifs.
Ils représentent 25% des cas. Les cellules cancéreuses restent "sur place" et n'infiltrent pas les tissus voisins. Le traitement se limite généralement à une intervention chirurgicale.
Le cancer canalaire in situ est le plus fréquent : huit cancers in situ sur dix sont des cancers canalaires in situ.
Ils représentent 75% des cas. Les cellules cancéreuses ont envahi les tissus entourant la tumeur. S'ils ne sont pas traités à temps, les cancers infiltrants peuvent ensuite se propager par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Les cellules cancéreuses s’accumulent alors dans les ganglions lymphatiques les plus proches (ganglions axillaires) ou vers d’autres régions du corps et génèrent ainsi des métastases.
Les cancers infiltrants sont généralement canalaires (75%) et plus rarement lobulaires (10%). Il existe également des formes plus rares.
Les pronostics et la prise en charge diffèrent suivant le type de cancer, mais surtout du stade d'évolution de la tumeur et de l'état physique et psychique de la patiente.
Zoom technique : la protéine HER2
Les avancées en génétique humaine ont permis de découvrir que 15% des tumeurs du sein présentent à leur surface une très grande quantité d'un récepteur particulier (hyperexpression) : la protéine HER2. La présence de cette protéine accélérant la prolifération cellulaire était synonyme de mauvais pronostic… jusqu'à ce que la recherche ne mette au point un traitement capable de cibler spécifiquement HER2 et de lutter efficacement contre les cancers du sein dits HER2 positif (HER2+).
Les facteurs de risques de développer un cancer du sein sont divers et multiples, même si l'âge demeure (après le sexe) le principal d'entre eux. On peut identifier quelques facteurs de risques qui peuvent agir conjointement pour favoriser le développement d’un cancer.
Les facteurs externes liés au cancer du sein sont d'impact modéré. Le plus important est l’exposition de l’organisme aux hormones sexuelles oestrogéniques, notamment au cours du traitement hormonal substitutif de la ménopause, le risque augmentant avec la durée.
Tabac, alcool et surpoids sont également considérés comme des facteurs de risque pour le cancer du sein. L'obésité multiplierait ainsi par 1,5 à 2 fois la probabilité de déclarer la maladie.
Une femme qui possède une ou plusieurs de ces caractéristiques peut ne jamais développer un cancer du sein. A contrario, il est possible qu’une femme n’ayant aucune de ces caractéristiques soit atteinte d’un cancer du sein.
Gènes de prédisposition
La recherche a, pour l'heure, identifié deux gènes constitutionnels impliqués dans le cancer du sein : BRCA1 et BRCA2. Des mutations sur ces gènes sont responsables de plus de 65% des formes héréditaires de cancers du sein. Un dépistage d'oncogénétique permet d'identifier, suivre et conseiller les femmes à haut risque.
Allaiter pour se protéger ?
Le nombre de grossesses et l'allaitement, tout particulièrement l’allaitement de longue durée, auraient des effets "protecteurs" et diminueraient le risque de développer un cancer du sein.
Info +
La pilule contraceptive n'augmente pas le risque de développer un cancer du sein.
Malgré la connaissance des principaux facteurs de risque et des essais en cours de prévention médicamenteuse assez prometteurs, il est impossible d'éviter la survenue d'un cancer du sein. Le mieux reste encore de dépister la maladie le plus rapidement possible, de façon à simplifier les traitements et accroître considérablement les chances de guérison. Le but du dépistage est de détecter parmi les personnes a priori non malades celles qui présentent des anomalies susceptibles d’être cancéreuses ou d’évoluer en cancer afin de les traiter rapidement.
À partir de 50 ans, vous recevrez, tous les 2 ans, une invitation pour une mammographie gratuite, avec la liste des radiologues de votre département participant au dépistage organisé du cancer du sein. Votre médecin généraliste ou votre gynécologue peuvent répondre à vos questions sur cet examen.
Le mois d’octobre, spécialement dédié à la lutte contre le cancer du sein au niveau mondial, est l’occasion de sensibiliser les femmes à l’importance du dépistage organisé.
À cette occasion, la Ligue contre le cancer a mis en vente un bracelet rose, symbole de l’engagement pour le dépistage organisé du cancer du sein. Vous aussi, engagez-vous et demander ce bracelet auprès de votre Comité départemental.
Pour vaincre les inégalités sociales et géographiques en santé, la Ligue contre le cancer et le Comité national de liaison des régies de quartier ont choisi d’unir leurs forces à travers la signature d’une convention pour promouvoir le dépistage organisé du cancer du sein auprès de toutes les femmes, sans exception.
Âge, cycle menstruel, grossesse, pilule contraceptive, hormones… de nombreux facteurs peuvent modifier la forme et la texture d'un sein et il n'existe pas de symptômes caractéristiques du cancer du sein. En revanche, un certain nombre de signes doivent inciter à consulter rapidement :
Le diagnostic du cancer du sein se réalise en deux étapes : une phase de repérage de la maladie (le bilan diagnostique) et une phase d'évaluation de son évolution (le bilan d'extension).
Le bilan diagnostique s'articule autour d'un examen des seins et d'une mammographie. Le premier permet de préciser la nature d'une éventuelle grosseur : taille, consistance, mobilité, etc. La seconde apporte des informations complémentaires ou révèle des tumeurs trop petites pour être détectées à la palpation. Une IRM complémentaire pourra être prescrite si les premiers examens ne sont pas concluants.
La confirmation - ou infirmation - du diagnostic se fait par le biais de prélèvements. Une ponction cytologique (aspiration de liquide ou de tissu de la grosseur à l'aide d'une seringue) permet de déterminer s'il s'agit en réalité d'un kyste. La réalisation d'une biopsie à travers la peau sert non seulement à confirmer la présence de cancer, mais également à obtenir des indications sur son origine. La biopsie consiste à retirer un échantillon de tumeur ou de zone suspecte.
D'autres prélèvements et examens, plus rares, peuvent être réalisés si les premiers ne suffisent pas à poser un diagnostic précis.
L’examen physique prend en compte sept éléments :
Le bilan d'extension est réalisé en cas de cancer infiltrant. Il permet d'évaluer l'extension du cancer aux organes proches et/ou lointains, afin de déterminer les possibilités chirurgicales et les traitements médicaux les plus adaptés. Les principaux examens réalisés sont :
Des examens sanguins et un bilan biologique sont parfois proposés, pour affiner le bilan d'extension et déterminer avec précision toutes les caractéristiques du cancer.
Classification des tumeurs
L'extension de la maladie s'évalue en stades suivant la taille de la tumeur (de I à IV) ou en suivant la classification T.N.M. (taille et localisation de la tumeur – T1 à T4 ; ganglions atteints ou non – N0 à N3 ; présence ou non de métastases – M0 à M1).
| T : extension locale | Dimension de la tumeur | N : extension loco-régionale |
Atteinte des ganglions | M : extension à distance | Métastases |
|---|---|---|---|---|---|
| T1 | tumeur < 2 cm | N0 | pas de signe d'atteinte ganglionnaire régionale | M0 | absence de métastases |
| T2 | dimension comprise entre 2 et 4 cm |
N1 | 1 ganglion homolatéral < 3 cm | M1 | présence de métastases |
| T3 | tumeur > 4 cm | N2 | • 1 ganglion homolatéral de dimension 3 à 6 cm • ganglions homolatéraux, controlatéraux ou bilatéraux < 6 cm |
||
| T4 | extension aux structures adjacentes (os, tissus mous, muscles) | N3 | ganglion(s) > 6 cm |
Le cancer du sein… Céline Lis est passée par cette épreuve qui touche tant de femmes. Epreuve qu'elle a surmontée à force d'énergie. Retour franc et lucide sur sa parenthèse désenchantée.
J'étais jeune (37 ans), très sportive et avec une santé de fer. Je ne présentais aucun facteur de risque génétique ou héréditaire. Et puis… une boule s'est développée dans un de mes seins, peu après ma seconde grossesse. Il m'a fallu du temps pour consulter, mais poussée par mon mari, j'ai franchi le pas. Dans un premier temps, mon généraliste n'a pas voulu me prescrire de mammographie : "trop jeune pour que ce soit un cancer". Il se trompait ! Petite chance dans mon malheur, la tumeur n'était ni étendue, ni métastasée. Très rapidement, j'ai subi une intervention chirurgicale, quatre cures de chimiothérapie et de la radiothérapie. Une épreuve douloureuse qui m'a laissée épuisée, mais "guérie". Aujourd'hui, je suis tellement sereine que j'en arrive à oublier mes mammographies de contrôle.
Lorsque j'ai appris que j'avais un cancer, je n'ai pas songé une seconde à la mort. Face à la douleur humaine que l'on peut rencontrer ailleurs sur cette planète, mon "truc terrible" semblait un peu moins grave.
L'idée du cancer ne m'a donc pas traumatisée, mais je ne mesurais pas à quel point le traitement serait difficile, notamment en termes de fatigue et de douleur… Un choix - relatif - de ma part, puisque j'ai refusé les antalgiques de manière à retrouver au plus vite mes capacités physiques de marathonienne et à conserver mes facultés intellectuelles tout au long des soins. Je voulais continuer à écrire au quotidien, moi qui suis journaliste et vis par les mots.
Comme toute personne atteinte de cancer, j'ai d'abord cherché à m'informer. Un chemin de croix… L'information, il faut la trouver par soi-même, les médecins ayant rarement le temps de vous expliquer les tenants et aboutissants de votre maladie. Heureusement que les associations sont là.
Ensuite est venu le temps du traitement. J'ai subi une mastectomie partielle, j'ai perdu énormément de poids, mes cheveux sont tombés. Mais les cheveux repoussent, le poids se reprend, un sein se reconstruit. Je sais que certaines femmes ont du mal à supporter ces épreuves qui touchent à leur image, mais pour moi, la féminité ne se situe pas dans ces "détails" périphériques. D'autant que ces modifications sont passagères.
Enfin, être malade m'a permis de faire le tri dans mon carnet de contacts. On réalise vite qui sont les vrais amis…
Je le sais, j'ai vécu ce que j'appelle un "cancer de privilégiée". Un mari présent, de la famille et des amis dévoués, aucun souci professionnel ou financier liés à mon indisponibilité et aux frais engagés… Malgré tout, ce ne fut pas simple et je ne peux qu'imaginer à quel point le combat doit être difficile pour les femmes et les hommes moins bien entourés ou dans des conditions économiques et/ou sociales précaires.
Seule certitude pour tous, le cancer change le rapport au quotidien. La façon dont nous l'abordons, dont nous l'acceptons. Passer des mois au fond d'un lit aide à réfléchir sur le sens de la vie. Personnellement, ma maladie m'a surtout permis de faire le point sur ce que je voulais vraiment faire professionnellement. Résultat, soutenue par la Ligue, j'ai créé un journal sur le cancer (Rose magazine). Une publication grand public, née de ma difficulté à trouver certaines infos durant ma maladie. En espérant que ma contribution puisse venir en aide à celles et ceux qui se retrouvent démunis face à cette épreuve angoissante.
Chaque cancer est particulier et nécessite un traitement spécifique. Il dépend de la patiente (état général, âge, statut hormonal, etc.) et des caractéristiques de sa maladie (type, localisation, évolution, etc.). Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) permet au corps médical d'établir un programme personnalisé de soins (PPS). Ce document résume les différentes étapes du traitement spécifiquement préconisé pour la patiente, qui peut alors demander toutes les précisions nécessaires.
Les traitements du cancer du sein s'organisent autour de quatre approches complémentaires et souvent associées : la chirurgie, la radiothérapie, l'hormonothérapie et la chimiothérapie.
La chirurgie reste le traitement de base. La tumeur est totalement enlevée, avant d'être analysée pour en préciser la taille, l'agressivité, la présence ou l'absence de récepteurs hormonaux, etc. Ces données sont indispensables au choix de l'option thérapeutique.
La technique chirurgicale utilisée dépend de plusieurs paramètres, mais essentiellement de la taille et de la localisation de la tumeur :
À savoir : une reconstruction mammaire peut être envisagée de façon immédiate ou différée
(cf. partie Après le traitement > Reconstruction).
Exploration ganglionnaire
Traitement local, la radiothérapie vise à compléter la chirurgie en réduisant la taille de la tumeur avant l'opération ou en détruisant d'éventuelles cellules cancéreuses encore présentes dans les tissus, après l'intervention.
La radiothérapie est quasi systématique lorsque le sein a été conservé et souvent prescrite dans le cas où les analyses montrent la présence de propagation aux ganglions.
Deux techniques sont utilisées, parfois en association : le rayonnement externe et l'implantation de matériaux radioactifs directement dans le sein (curiethérapie).
Une hormonothérapie peut être mise en place si l’examen montre que la tumeur possède des récepteurs hormonaux et que son développement est par conséquent stimulé par les hormones sexuelles féminines. Il existe deux types de médicaments capables de ralentir ou bloquer l'action de ces hormones :
La suppression de l’activité des ovaires peut aussi être envisagée chez les femmes non ménopausées (traitement médicamenteux).
Quel que soit l'organe touché, la chimiothérapie consiste à administrer un ou plusieurs médicaments toxiques pour les cellules cancéreuses. Ces médicaments vont se diffuser dans l'ensemble de l'organisme et cibler toutes les tumeurs présentes, qu'elles aient été repérées ou non au cours des examens préalables.
Dans le cas du cancer du sein, les produits habituellement employés (seuls ou en associations) sont la doxorubicine, le cyclophosphamide, le fluoro-uracile, le méthotrexate et les taxanes.
Une nouvelle génération de traitements est en plein essor : les thérapies ciblées. Il s'agit de molécules s’attaquant plus spécifiquement aux cellules cancéreuses, ou à leur environnement. Principal intérêt : une action ciblée pour des effets secondaires réduits.
Le traitement du cancer du sein a ainsi vécu une révolution avec le trastuzumab, dont le mode d’action consiste à s’attaquer aux tumeurs présentant à leur surface une quantité très importante de protéines HER2. Une caractéristique retrouvée dans environ 15% des cancers du sein.
D’autres approches et médicaments sont également en développement, notamment l'anti-angiogenèse, consistant à bloquer la croissance des vaisseaux sanguins nécessaires au développement de la tumeur, entraînant ainsi sa mort.
Les traitements provoquent souvent des effets secondaires désagréables. Ceux-ci varient considérablement d'une patiente et d'un traitement à un autre et il n'existe pas de moyen de prédire "qui" tolérera mieux "quoi". En revanche, les professionnels de santé sont là pour expliquer tout ce qui peut se passer et comment y remédier au mieux.
Les effets indésirables de la chirurgie ne sont pas systématiques. Les effets les plus fréquents sont des complications du curage des ganglions auxiliaires et des séquelles esthétiques. Des hématomes et des infections peuvent suivre l'intervention. Une impression de tension de la peau du sein et de raideur des muscles du bras et de l'épaule se rencontrent parfois par la suite.
L'ablation d'un grand nombre de ganglions axillaires ralentit quant à elle la circulation lymphatique dans le bras, source éventuelle d'œdème. La technique du ganglion sentinelle en place du curage axillaire permet de réduire cet effet indésirable.
Les effets indésirables de la radiothérapie sont le plus souvent : fatigue, déglutition douloureuse, toux irritative, réactions cutanées, etc. Un sein traité par radiothérapie peut également être plus ferme qu'auparavant et changer légèrement de volume. Ces effets secondaires apparaissent pendant voire après le traitement.
Les effets indésirables de l'hormonothérapie sont variables, mais généralement limités et d'intensité modérée. Il s'agit le plus souvent de bouffées de chaleur, pertes vaginales, prise de poids, douleurs musculaires ou articulaires, etc.
Problème majeur, les effets indésirables des chimiothérapies sont liés à l'absence de sélectivité des produits employés. Le traitement détruit les cellules cancéreuses, mais aussi certaines cellules à croissance rapide : cheveux, ongles, paroi du tube digestif et cellules sanguines. Fatigue, moins bonne résistance aux infections, perte d'appétit, modification du goût, nausées et vomissements, infections buccales (stomatites) et chute des cheveux sont, par conséquent, les manifestations indésirables les plus fréquentes.
Les thérapies ciblées présentent des effets indésirables différents et moins marqués, souvent d'ordre cutané ou digestif, parfois cardiaque (hypertension).
Une fois la phase de traitement du cancer du sein terminée, débute une période extrêmement importante de rééducation et de reconstruction.
La rééducation prescrite est adaptée à chaque patiente en fonction de l'étendue de sa maladie et des traitements suivis. Les exercices de kinésithérapie, particulièrement importants en cas de curage ganglionnaire, débutent le lendemain de l'intervention chirurgicale de façon à retrouver rapidement souplesse et vigueur dans le bras et l'épaule du côté du sein opéré.
Dans certains cas, un drainage lymphatique peut également être prescrit.
La reconstruction mammaire n'est pas une obligation, mais la majorité des femmes souhaitent retrouver une silhouette la plus naturelle possible. Deux options se présentent alors : prothèse externe ou reconstruction chirurgicale. Le choix est laissé à l'entière appréciation de la patiente, qui peut être conseillée par les professionnels de santé.
Il existe différentes techniques de reconstruction mammaire, à adapter en fonction du cas, de l'âge et de la morphologie. Une discussion avec le chirurgien permet de s'orienter vers la solution la mieux adaptée à sa propre situation.
À savoir : la reconstruction mammaire est prise en charge à 100 % par l’assurance maladie. Certains établissements pratiquent toutefois des dépassements d’honoraires qui restent à charge de la patiente. Libre à chacune d'accepter ces dépassements ou de changer d'établissement.
Sexualité, grossesse et ménopause
Touchant à l'image de la féminité, le traitement du cancer du sein et ses effets indésirables (mastectomie, fatigue, chute des cheveux, etc.) peuvent entraîner une perturbation du désir de la femme ou de son partenaire. Mais la vie sexuelle peut se rétablir normalement assez rapidement. Le dialogue et des soins adaptés à certains effets secondaires ou la consultation d'un spécialiste peuvent aider à franchir ce cap délicat.
Avoir un enfant est envisageable après un cancer du sein. Il faut néanmoins attendre un certain laps de temps et demander l'avis du cancérologue qui aidera à valider la décision finale.
Le traitement hormonal de la ménopause est en revanche contre-indiqué chez les femmes ayant été traitées pour un cancer du sein.
Une fois la phase de traitement terminée, débute une période de suivi aussi longue, plusieurs années, qu'indispensable. Cette phase permet notamment de surveiller :
Dans ce cadre, des visites de contrôle sont programmées tous les 3 à 6 mois au départ, puis à fréquence décroissante au fil des ans. Les principaux examens réalisés sont un entretien médical et un examen clinique poussé, avec palpation des deux seins et des aisselles. Une mammographie annuelle complète le suivi, ainsi parfois qu'une radiographie pulmonaire et des dosages biologiques.
Le risque de récidive est très variable, mais étroitement lié au stade d'évolution de la maladie au moment de son diagnostic. Il se produit généralement dans les cinq années suivant le traitement. Le suivi médical permet de le prendre en charge rapidement et de proposer un nouveau programme personnalisé de soins.
Les Comités départementaux de la Ligue apportent leurs soutiens matériel et financier, moral et psychologique aux personnes malades, aux anciens malades et à leurs proches. En étant à leur écoute, la Ligue a pris en compte leurs attentes et leurs besoins pour l'amélioration de la qualité des soins et de la qualité de vie : dispositif d’annonce, groupes de parole, espaces d’information installés dans les lieux de soins et de vie pour rompre l’isolement des malades et de leurs proches, en sont des exemples.
Pour le cancer du sein comme pour les autres cancers, la recherche s'intéresse non seulement à mieux soigner, mais également mieux comprendre et détecter. Des progrès majeurs ont été réalisés ces dernières années tant au niveau du dépistage que des traitements. Néanmoins, de nombreuses voies prometteuses sont encore en phase d'exploration.
La génétique et ses avancées permettent de découvrir chaque année de nouveaux gènes et de nouvelles protéines impliqués dans le cancer du sein, de façon à mieux traiter - voire prévenir - la maladie.
Ainsi, des chercheurs soutenus par la Ligue ont récemment découvert deux gènes (BRCA1 et BRCA2) impliqués - après mutation - dans le développement de certains types de cancer du sein permet d'exercer un suivi renforcé des femmes à risque, en attendant, dans un futur proche, de pouvoir contrôler ces gènes et leurs mutations.
Dans un futur plus lointain, la connaissance du génome du patient, la fameuse "carte d'identité génétique", permettra quant à elle de déterminer la réaction prévisible de son organisme face au traitement et de le modifier en conséquence (rajouter ou enlever des produits, optimiser leur dosage, etc.).
Dans tous les cancers, un diagnostic et une prise en charge précoces sont synonymes de meilleure chance de survie et de traitements moins lourds. Un pan entier de la recherche se penche donc sur l'aspect "dépistage", avec notamment le développement de nouveaux outils diagnostic et le perfectionnement de certaines techniques d'imagerie, pour repérer des tumeurs toujours plus petites, les modéliser en 3D et suivre l'évolution et l'efficacité du traitement.
Malgré les constantes évolutions, le potentiel de progression des traitements actuels reste important.
Si la chirurgie s'efforce depuis longtemps d'être la moins mutilante possible, elle essaye désormais d'affiner les techniques de reconstruction et de déterminer très précisément les possibilités de traitement conservateur (tumorectomie plutôt que mastectomie).
La recherche en hormonothérapie comme en chimiothérapie se penche sur des médicaments plus efficaces et provoquant moins d'effets secondaires.
Les thérapies ciblées sont en plein essor et proposent diverses approches directions : bloquer la croissance des cellules cancéreuses, asphyxier la tumeur en réduisant son apport sanguin, faire réagir les réactions immunitaires de l’organisme contre les cellules cancéreuses, etc.
Demain la recherche
5 pistes prometteuses dans un futur proche :
Les essais cliniques sont un moyen concret d’accéder aux avancées de la recherche. La liste des essais thérapeutiques est mise à jour régulièrement sur le site de l’Institut national du cancer (INCa) et tout patient peut demander à en intégrer un, sous réserve d'éligibilité.
Votre hôpital ne propose pas d'essai clinique dans le cancer du sein ? Aucun problème : votre équipe soignante peut vous adresser à un autre établissement afin d'intégrer un protocole spécifique, tout en continuant à vous suivre.
Avec plus de 38,1 millions d’euros en 2010, la Ligue contre le cancer est le premier financeur non gouvernemental de la recherche française contre le cancer.
La Ligue est à l'origine de trois projets phares de soutien à la recherche dans le cancer :
Le programme « Équipes Labellisées » a pour vocation première d’apporter un soutien financier reconduit pendant plusieurs années (au moins trois ans) à des équipes insérées dans des laboratoires reconnus par les tutelles de recherche publique et qui développent des programmes de recherche cognitive en oncologie. Elle soutient aujourd’hui près de 100 équipes labellisées rigoureusement sélectionnées pour leur excellence par des commissions d’expertises pour faire reculer la maladie et mettre en place des programmes innovants. La Ligue finance des programmes nationaux et régionaux, aussi bien en recherche fondamentale, clinique, épidémiologique qu’en sciences humaines et sociales. Le budget se répartit en trois volets principaux : 56 % pour le soutien aux laboratoires, 22,4 % pour la recherche auprès des malades et 20,2 % pour le soutien aux jeunes chercheurs en cancérologie.
Spécialiste reconnue au niveau international, Geneviève Almouzni est soutenue par la Ligue dans le cadre du programme Equipes Labellisées. Ses travaux s'intéressent aux phénomènes non génétiques (épigénétiques) qui modulent l'expression de l'ADN en fonction du type cellulaire et/ou de facteurs externes. Des mécanismes qui se trouvent parfois impliqués dans des maladies graves et notamment plusieurs types de cancers. Les recherches du Docteur Almouzni contribuent à faire progresser la prise en charge des cancers du sein en aboutissant par exemple à la découverte de nouveaux biomarqueurs.
Le programme « Cartes d’identité des tumeurs » (CIT) a été conçu et mis en place en 2000. Ses objectifs sont d'analyser la composition de différents types de tumeurs et d'intégrer les données obtenues dans une base de données unique afin de répondre à des questions, cruciales en vue de retombées rapides dans la prise en charge des malades :
Le cancer du sein est une maladie traumatisante, qui affecte durablement l'existence et l'image que la femme peut avoir d'elle-même. Souvent désemparés, en quête de réponses, de soutien ou de partage d'expérience, la malade et son entourage ne savent pas toujours vers qui se tourner hors du milieu médical. Pourtant, les solutions existent : associations, espaces de rencontre, sites Internet, numéros verts sont là pour accompagner chaque personne confrontée au cancer du sein et l'aider à surmonter cette épreuve.
La Ligue contre le cancer, grâce à ses 103 Comités départementaux et à ses 12 000 bénévoles réguliers présents en métropole et dans les territoires d’Outre-mer, se mobilise directement auprès de toute personne concernée par la maladie en attribuant des aides sociales et/ou en proposant des accompagnements.
Les ligueurs accueillent, informent et orientent les personnes sur les questions liées à la maladie, aux traitements et aux dispositifs de prise en charge. Différents lieux d’information sont ouverts aux personnes malades : Comité départemental, Espace Ligue, Espaces de rencontres et d’information.
Des Espaces de Rencontres et d'Information situés directement au cœur des établissements de soins, vous permettent de vous informer et d’échanger sur la maladie sans rendez-vous.
Consultez la liste des ERI en France
Sur le terrain, les ligueurs proposent de nombreux services d’accompagnement :
L’activité physique adaptée peut être proposée à toute personne atteinte de cancer, qu’elle soit en cours de traitement ou en rémission. L’objectif : aider les personnes malades à se ressourcer et à retrouver un bien-être souvent mis à mal lors des traitements.
Elle est dispensée par des professeurs spécialisés. Pour accéder aux séances, les personnes malades doivent présenter un certificat médical. Les séances d’activités physiques adaptées peuvent être organisées en groupe ou en individuel. Lors de la première séance, le professeur d’activités physiques va évaluer les besoins de la personne et, en fonction, définir un programme adapté.
Les soins esthétiques (modelage, soins du visage, etc.) réalisés par des professionnels procurent aux personnes malades un moment de bien-être et leur permettent de retrouver une estime de soi souvent mise à mal lors des traitements.
Cette activité s’organise principalement sous forme d’ateliers collectifs ou de séances individuelles.
Si vous souhaitez partager, exprimer vos doutes, vos angoisses, échanger avec d'autres personnes confrontées à une expérience similaire et trouvez du réconfort avec l'accompagnement d'un psychologue expérimenté et d'un soignant, contactez le Comité départemental de la Ligue contre le cancer le plus proche de chez vous. Nombreux sont les malades qui décident de franchir le pas et s’inscrivent aux groupes de parole proposés par la Ligue. Et pour cause : le cancer bouleverse tous les repères et altère le rapport à soi. D’où le besoin de se retrouver entre « pairs » qui traversent la même épreuve, même si chaque cancer est différent et chaque histoire singulière. Ces consultations peuvent également être individuelles.
Dans le champ de l’accompagnement thérapeutique, les Comités peuvent aussi proposer des activités de relaxation, de sophrologie ou encore de réflexologie.
De nombreuses familles sont, aujourd’hui, confrontées à des problèmes financiers et matériels causés par la maladie. Pour cette raison, la Ligue octroie, sur l’avis d’une commission sociale, des aides financières. En 2010, près de 9 000 familles ont bénéficié de ces aides, notamment dans les territoires les plus sensibles. Certains Comités départementaux, au-delà des aides financières apportées aux familles, peuvent mettre en place un accompagnement ciblé :
Grâce à sa forte légitimité, la Ligue représente les usagers et agit auprès des institutions nationales et internationales pour faire valoir les droits des patients.
Pour connaître tous les services proposés par votre Comité départemental, vous avez aussi la possibilité de le contacter au 0 810 111 101 (prix d’un appel local).
Vous êtes ou avez été touché par la maladie et vous avez des difficultés pour obtenir un prêt ou constituer un dossier d’emprunt. Signataire de la convention Aeras (s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), la Ligue contre le cancer, via son service Aidéa, facilite l’accès à l’emprunt des personnes atteintes d’un risque aggravé de santé :
Le service Aidéa est gratuit, anonyme et confidentiel. Pour contacter le service Aidéa, composez le 0 810 111 101 du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Que vous soyez touché par le cancer, proche de personnes malades ou encore professionnel de santé, des psychologues cliniciens vous écoutent et vous accompagnent, de façon individuelle, dans le respect de l’anonymat et de la confidentialité quel que soit le temps de la maladie (dépistage, annonce, traitements, rémission, fin de vie, etc.).
Ce soutien psychologique vous offre :
Pour contacter les psychologues cliniciens, appelez le 0 810 111 101 du lundi au vendredi de 9h à 19h et le samedi de 9h à 14h.
Des juristes et des avocats volontaires du barreau de Paris animent la permanence juridique et sociale de la Ligue contre le cancer. Dans un souci de respect de l’égalité des droits pour tous, ces professionnels du droit délivrent des renseignements accessibles, des conseils pratiques aux personnes touchées par la maladie, à leurs proches ainsi qu’aux professionnels de santé. Sous forme de consultations juridiques téléphoniques gratuites et confidentielles, ces professionnels répondent à vos questions relevant de votre vécu et de vos difficultés rencontrées dans vos vies professionnelle, familiale et sociale mais aussi citoyenne. Ces conseils juridiques personnalisés vous permettront de faire valoir et appliquer vos droits (contrat d’assurance, droit de la famille, droit de la santé, etc.).
Pour contacter la permanence juridique et sociale, appelez le 0 810 111 101 du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Des espaces communautaires interactifs
Si vous souhaitez échanger, partager un vécu, une expérience, un forum et une page Facebook sont à votre disposition. N’hésitez pas à vous inscrire et à dialoguer avec les nombreux internautes.
Cancer info
Des informations de référence, validées et mises à jour régulièrement sur les différents types de cancers, les traitements, et la vie pendant et après la maladie. Pour en savoir plus : www.e-cancer.fr/cancer-info
Nés du Plan Cancer 2003-2007, les 7 Cancéropôles donnent un nouvel élan à la recherche sur le cancer en visant à fédérer les recherches fondamentales et cliniques à l'échelle d'une ou de plusieurs régions.
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