Therapie ciblee : une révolution médicale ?

modifié le 25/02/2015

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Il existe classiquement trois armes contre le cancer représentées par la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie cytotoxique. Cette dernière permet incontestablement de sauver des vies maisau prix d’une toxicité importante.

Une révolution est en marche grâce aux thérapies ciblées. Celle ci est permise grâce aux progrès de la recherche notamment dans la compréhension des mécanismes de fonctionnement de la cellule cancéreuse. Ces médicaments ont une action ciblée en intervenant à un niveau précis du développement de la cellule tumorale. Elles interviennent principalement dans la transduction des signaux (signaux qui demandent à la cellule de se multiplier…) la voie dite des tyrosine kinase est la mieux connue à ce jour. Cette voie peut être bloquée par des anticorps monoclonaux (Mab) ou des inhibiteurs enzymatiques (inib) :

En agissant sur des récepteurs spécifiques, ces médicaments peuvent :

  • Bloquer la croissance des cellules cancéreuses, c’est le cas du trastuzumab/Herceptin®, mais également du pertuzumab/Omnitarg® ou du lapatinib/Tykerb© ;
  • Affamer la tumeur en l’empêchant de détourner le système sanguin à ses fins en s’opposant à la formation des nouveaux vaisseaux formés en périphérie de la tumeur et qui contribuent à sa croissance en l’irriguant (angiogenèse). Parmi ces composés anti-angiogéniques, on peut citer le bevacizumab/Avastin® ou le sunitinib/Sutent® ;
  • Diriger les réactions immunitaires de l’organisme contre ces cellules cancéreuses. Ces thérapeutiques vaccinales sont développées dans les cancers du sein, de la prostate et du rein ;
  • Commander la mort de la cellule cancéreuse, il s’agit-là de stimuler l’apoptose, la mort naturelle de la cellule. Un phénomène qui n’est plus effectif chez la cellule tumorale et celle-ci ne cesse de se diviser. Quelques produits sont en développement pour les cancers des voies aéro-digestives supérieures (tête et cou).
Voici trois exemples de thérapie ciblée largement utilisées ce jour et ayant significativement amélioré le traitement de certains cancers.

Le Trastuzumab (Herceptin)
est un anticorps monoclonal utilisé chez les patients dont la tumeur sur exprime le gêne Cerb2 ce qui correspond à 25% de la population (ce gène est responsable de l’activation de la prolifération cellulaire).
En cas de maladie opérée, son utilisation en traitement adjuvant permet de diminuer les rechutes de l’ordre de 50%.
En phase métastatique son injection associée avec une chimiothérapie classique permet d’augmenter le taux de réponse. Alors que 16 % des malades voyaient leur tumeur réduire sous l'effet du taxol seul, elles ont été 42 % à réagir à la combinaison des deux traitements, soit une amélioration de 160 %.
 
Le Cetuximab (Erbitux) est un anticorps monoclonal qui se lie à un facteur de croissance épidermique humain (EGFR) et sa liaison entraîne la non activation des signaux intracellulaires (Kinases) diminuant la croissance cellulaire et induisant la mort par apoptose.
Il est utilisé dans le cancer du colon en phase métastatique améliorant considérablement la réponse à la chimiothérapie. Il est de plus utilisé pour les cancer de la sphère ORL et probablement bientôt pour le cancer du poumon. Son principal effet secondaire est de produire une poussée d’acné qui peut être sévère.

Le
Bevacizumab (Avastin) est un anticorps monoclonal qui se lieà ses récepteurs situés à la surface des cellules des vaisseaux. Son utilisation montre une réduction de la croissance des micro-vaisseaux (nourrice indispensable à la croissance de toute tumeur et au développement des métastases. On utilise l’avastin® dans le cancer du Colon et du rectum, dans ceux du sein et du poumon. Il existe un bénéfice dans le cancer du rein métastatique tout comme le sutent ou le sorafenib (autre thérapie ciblée) ce qui représente un progrès pour cette tumeur qui n’avait guère de traitement il y a encore quelques années une fois métastatique.
La liste des thérapies ciblées se développe considérablement avec aujourd’hui une dizaine de molécules prescrites en pratique quotidienne et plus de 150 en développement.
Dans un premier temps ces molécules ne devraient pas directement supprimer les thérapeutiques classiques (chimiothérapie, radiothérapie) mais s’y associer pour en améliorer la réponse. Probablement dans un avenir plus lointain elles seront l’unique traitement parfaitement adapté.

Les différentes stratégies d’inhibition de la prolifération tumorale

La thérapie ciblée peut agir à différents niveaux :

1) L’anticorps se lie au ligand. Le ligand spécifique ne pourra pas se fixer au domaine de liaison du
   récepteur.
2) L’anticorps se lie au récepteur. Le ligand ne pourra pas se lier au récepteur car le site de liaison
    du récepteur n’est plus accessible.
3) Des inhibiteurs enzymatiques bloquent la transduction du signal générée par la liaison du ligand
    sur le récepteur.


Dans les trois cas, la prolifération tumorale est inhibée.
 
  

Docteur Olivier BLEICHNER

Vice-Président

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