Rencontre avec le dr marc grégoire

modifié le 25/02/2015

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Le Président du Comité de Loire-Atlantique a une particularité : il est également directeur de recherche à l’Inserm. Il a donc une parfaite connaissance des enjeux et des mécanismes de financement de la recherche. Pour les donateurs du département, c’est aussi une garantie d’efficacité et de crédibilité de leur Comité.

Pourquoi avez-vous souhaité réaliser ce dossier spécial sur la recherche ?

Parce que, de nos trois missions, c’est la plus difficile à expliquer et à faire partager. Le bien-fondé de nos actions de prévention et d’accompagnement auprès des malades est évident, mais celui du financement de la recherche l’est moins. Nous pouvons réaliser des actions de dépistage sur le terrain, des ateliers de services pour les malades et leurs proches… mais nous ne pouvons pas faire nous-même de la recherche ! Pourtant cela reste essentiel pour faire progresser la médecine. Donc notre seul moyen d’aider la recherche est l’argent : on finance un espoir, un potentiel d’avenir. D’ailleurs, les donateurs ne s’y trompent pas : l’aide à la recherche motive 60% des dons !

Comment s’organise votre soutien financier à la recherche ?

De trois façons distinctes :

  • Le financement national : certaines équipes sont labellisées par la Ligue nationale sur l’excellence de leur démarche scientifique. Les projets retenus sont aidés sur au moins trois ans, voire cinq. Le Comité départemental n’intervient pas dans ce choix, mais participe au financement des équipes de Loire-Atlantique ainsi labellisées. L’équipe de Dominique Heymann en est un exemple.
  • Le financement d’une équipe de recherche "Grand Ouest". Cela concerne des projets qui ne sont pas financés par le national, mais dont l’intérêt est confirmé par les experts indépendants du Conseil Scientifique Interrégional du Grand Ouest, qui regroupe 19 Comités départementaux. Certains départements ont beaucoup d’argent mais peu de chercheurs, pour d’autres c’est l’inverse. Les fonds sont donc mutualisés pour soutenir un maximum d’équipes. 17 projets en bénéficient actuellement en Loire-Atlantique, dont celui de Jean-Yves Douillard. Cette aide est annuelle et reconduite sur avis des experts.
  • Enfin, le versement d’une allocation à des étudiants doctorants. Nous sommes la seule association à le faire. Cet engagement, de trois ans minimum, se fait dans une logique plus individuelle : on aide des jeunes à avancer, en particulier des étudiants qui travaillent sur le cancer mais n’ont pas obtenu de financement par l’Etat ou la Région. N’étant pas nous-même employeur, nous avons signé une convention avec l’université, l’Inserm, le CNRS ou encore le CHU : nous leur versons l’allocation, et ils salarient l’étudiant qui devient ainsi véritablement un chercheur en puissance. Le Comité finance ainsi six étudiants, dont deux nouveaux chaque année. C’est le cas par exemple d’Audrey Lafargue, dans l’équipe de François Paris. Cela crée de l’emploi et ça donne une chance à ces jeunes qui font beaucoup de sacrifices, ils ne comptent ni leurs heures ni leur énergie !

Quelles sont les sommes en jeu ?

Les enveloppes financières annuelles sont les suivantes :

  • pour les étudiants, 180 000 € (6 enveloppes de 30 000 €),
  • pour les équipes du Grand Ouest, environ 200 000 € pour 17 équipes,
  • pour les équipes labellisées, 30 000 € par équipe, soit 90 000 € actuellement.

Cela représente presque la moitié de votre budget pour les missions, comment expliquez-vous cette proportion ?
Il faut savoir que la recherche coûte cher : il y a beaucoup d’équipes, du matériel sophistiqué et des matières premières (molécules, produits) onéreuses… Et plus le projet avance, plus ça coûte : il faut payer les publications dans les revues scientifiques, les déplacements, les congrès, etc…
Financer la recherche est toujours un pari sur l’avenir, le projet peut être très beau au départ mais il faut des résultats au bout d’un moment. C’est pour ça que nous sommes vigilants sur la qualité des dossiers, et que nous les faisons expertiser par le Conseil Scientifique en toute neutralité. Cela explique aussi le relatif "saupoudrage" de notre financement, qui permet à la fois de donner des chances à plus de monde, et de limiter le risque.
Voilà pourquoi l’enveloppe dédiée à la recherche est la plus importante, même si notre priorité reste l’action de terrain au profit de la prévention ou de l’accompagnement grâce à nos bénévoles.

Comment se situe le Comité par rapport au national ?

Notre action est complémentaire : pour nos donateurs, il est important que leurs dons aient des retombées locales ou régionales, en lien direct avec de futures applications cliniques. Cela correspond à une réelle volonté de leur part. Nous y sommes vigilants, et nous demandons aux chercheurs d’avoir aussi cette sensibilité-là. Ce qui compte pour nous, ce n’est pas tant de soutenir la recherche scientifique fondamentale que de permettre aux donateurs, aux malades et à leurs proches d’entretenir un espoir thérapeutique concret, sur leur territoire.
Nous avons la chance d’avoir de nombreux donateurs, ce qui nous permet de continuer à la fois à apporter de l’aide aux personnes touchées, et de l’espoir à tout le monde. A condition que cela dure !

Propos recueillis par Christophe de Bourmont (Dr Mots)

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