Rendre plus efficaces les traitements ciblés

modifié le 25/02/2015

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Le Pr Jean-Yves Douillard, Professeur en Oncologie à l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO R. Gauducheau à Saint Herblain), travaille au sein du Cancéropôle Grand Ouest en partenariat avec des équipes CNRS, INSERM et l’Ifremer.

Quel est l’objet de vos recherches ?

Nous cherchons à renforcer l’action d’un nouveau type de médicament, un anticorps utilisé pour le traitement "personnalisé" – c’est-à-dire adapté à chaque malade – de nombreux cancers, en particulier ceux du poumon et du côlon. Cet anticorps monoclonal, dirigé contre un récepteur des cellules cancéreuses, est très efficace. Cependant un certain nombre de tumeurs n’y sont pas sensibles suite à une mutation génétique de leur récepteur. Nous essayons donc d’enrichir cet anticorps pour le rendre plus puissant et universel.

Quel est l’enjeu pour les patients ?

Il faut savoir que les tumeurs dont les cellules ont muté représentent environ 40% des cas de cancers du côlon. Notre objectif est de faire de cet anticorps enrichi un médicament capable de traiter l’ensemble des malades. Et si son efficacité est prouvée pour le cancer du côlon, nous l’étendrons à d’autres cancers.
La philosophie de notre approche, c’est de mettre en collaboration des chimistes, des immunologistes, des spécialistes de la biologie cellulaire animale et humaine, et en fin de chaîne des cliniciens qui traitent des malades. C’est très fédérateur.

Qu’avez-vous découvert à ce jour ?

Des programmes de recherche menés au Cancéropôle avec le CNRS et l’Ifremer pour la valorisation des produits de la mer, ont révélé que certains dérivés sucrés issus d’éponges possédaient de puissantes propriétés immunostimulantes. Leur capacité à stimuler le système immunitaire a été confirmée par des travaux sur les souris. Notre idée a donc été de coupler ces sucres à des anticorps monoclonaux pour rendre sensibles les tumeurs mutées.
Nous avons demandé à deux laboratoires, ceux du Pr Dubreuil à la faculté des sciences de Nantes et du Pr Ferrières à l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Rennes, de produire ces molécules actives de façon synthétique : c’est plus simple à faire, ça préserve les ressources naturelles, et on est sûr de la qualité du produit !
Nous avons réussi à fixer ces sucres sur l’anticorps, et nous testons actuellement ces complexes sur des tissus de tumeurs humaines, in-vitro. D’ici la fin de l’année, nous effectuerons des tests in-vivo sur souris, pour voir si on obtient une efficacité thérapeutique augmentée.

En quoi le Comité de Loire-Atlantique de la Ligue contre le cancer vous aide-t-il ?

Nous avons été soutenus par la Ligue dès 2012, et ce soutien a été renouvelé cette année par le Comité de Loire Atlantique. Le montant alloué couvre presque l’ensemble de nos frais de fonctionnement : achats de produits, synthèse chimique, expérimentations, achat et hébergement des souris… L’anticorps, lui, nous est fourni gratuitement par les laboratoires Merck.
Ce sont nos deux seuls supports sur ce projet de recherche : c’est dire si cette aide est cruciale pour nous !

Propos recueillis par Christophe de Bourmont (Dr Mots)

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