Mieux comprendre le comportement des tumeurs

modifié le 25/02/2015

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Dominique Heymann, Professeur des Universités et praticien hospitalier, dirige l’Unité de recherche INSERM 957 à la Faculté de Médecine de Nantes.

Quel est l’objet de vos recherches ?

Nous étudions le microenvironnement des tumeurs osseuses primitives malignes, c’est-à-dire celles qui sont d’origine osseuse : ostéosarcomes et tumeurs d’Ewing. Ces tumeurs rares représentent environ 300 nouveaux cas par an en France, principalement des jeunes de moins de 20 ans. En raison du faible nombre de malades, la recherche sur ce sujet était très limitée en France. Lorsque j’ai créé une équipe émergeante en 2000, à l’Université de Nantes, nous partions pratiquement de rien. Mais nous avions l’intuition que l’étude de l’environnement des cellules permettrait de comprendre comment ces cancers se développent, et pourquoi certaines de ces cellules migrent, en particulier vers les poumons.

Quel est l’enjeu pour les patients ?

Le traitement actuel – chimiothérapie et chirurgie – repose sur un protocole international mis en place dans les années 1980. Or depuis, les chiffres n’évoluent pas, et quand on observe la métastase dans les poumons c’est déjà bien tard… Comprendre ce processus de migration métastatique permettra d’allier un meilleur contrôle de la maladie par son environnement, et une meilleure adaptation des traitements en fonction de chaque patient.

Qu’avez-vous découvert à ce jour ?

En 2005, nous avons montré qu’associer à la chimiothérapie des molécules utilisées pour le traitement de l’ostéoporose avait une incidence majeure sur les récidives. Nous avons lancé un essai thérapeutique au niveau national, en cours actuellement.
Nous venons d’acquérir une machine unique en France, qui permet d’étudier les cellules tumorales circulantes. Nous allons pouvoir comprendre les facteurs de la croissance de la tumeur et de la migration de certaines cellules. La pathologie sera mieux suivre chez les patients, et les migrations détectées plus précocement.
Nos travaux ont des répercussions au niveau international sur la connaissance des mécanismes fondamentaux au niveau osseux, au-delà des pathologies tumorales. Nous sommes reconnus pour avoir développé des modèles originaux, et nous avons le projet de devenir centre de référence.

En quoi le Comité de Loire-Atlantique de la Ligue contre le Cancer vous aide-t-il ?

Le soutien de la Ligue remonte à loin, puisqu’elle a financé ma thèse ! Elle nous aide depuis le début, ce qui nous a permis de développer nos premiers travaux et d’accueillir des étudiants en thèse.
Depuis 2012, grâce au statut « d’équipe Ligue », nous sommes accompagnés au niveau national pendant au moins 3 ans. C’est énorme ! Nous allons pouvoir envisager des projets sur plusieurs années, acheter de matériel, mener des expérimentations de façon beaucoup plus rapide et autonome. C’est un vrai coup d’accélérateur.

Propos recueillis par Christophe de Bourmont (Dr Mots)

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