Réduire les effets secondaires

modifié le 25/02/2015

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Audrey Lafargue, doctorante, et Isabelle Corre, chercheur au CNRS, appartiennent à l’unité mixte de recherche dirigée par le Pr François Paris à l’Université de Nantes.

Quel est l’objet de vos recherches ?

Notre équipe travaille sur les effets des rayonnements ionisants, utilisés en radiothérapie pour lutter contre les cancers, sur l’ensemble de vaisseaux sanguins situés en périphérie de la tumeur, que l’on appelle l’endothélium.
Même si on irradie la tumeur de façon très ciblée, grâce aux techniques d’imagerie, à l’informatique et à la biophysique, malgré tout il y a toujours un peu de débordement. Nous cherchons à la fois à protéger au maximum les vaisseaux des tissus sains, et à comprendre les éventuels effets secondaires du rayonnement.

Quel est l’enjeu pour les patients ?

L’organisme garde l’empreinte des rayonnements, et les vaisseaux touchés ont tendance à devenir fragilisés et moins souples. Ce phénomène de sénescence, vieillissement cellulaire amplifié par les radiations, peut survenir dans environ 8 à 10% des cas.
A long terme – souvent plusieurs mois ou années après le traitement – ils peuvent développer des pathologies : fibroses, AVC, insuffisances cardiaques ou traumatismes intestinaux… ces troubles ne sont pas forcément mortels mais s’installent de façon chroniques et impactent la qualité de vie.

Qu’avez-vous découvert à ce jour ?

Il n’y a pas beaucoup d’équipes françaises qui font de la radiobiologie en lien direct et permanent avec les applications cliniques, depuis la recherche fondamentale jusqu’au lit du patient.
Ce qui était nouveau dans notre démarche, c’était de s’intéresser à l’environnement tumoral. On n’étudie pas la tumeur seule, mais l’ensemble des tissus proches, comme un écosystème. Cette approche est reconnue aujourd’hui, mais il a fallu se battre pour le faire admettre !
Nous travaillons simultanément sur 4 volets :

  • La compréhension des mécanismes moléculaires des cellules endothéliales : on irradie et on observe les comportements, les effets du rayonnement.
  • La connaissance des effets tardifs sur les cellules saines des vaisseaux : comment les modifications des cellules expliquent les pathologies, et quelles sont les molécules capables de protéger les vaisseaux.
  • Un 3ème groupe, mené par Stéphane Birklé, maitre de conférence à la Faculté de pharmacie, a démontré que certains lipides sont hyper-exprimés dans certains cancers et d’autres sur les vaisseaux. Là on entre vraiment dans la tumeur.
  • Le 4ème groupe, mené par Stéphane Supiot, radiothérapeute au centre anticancéreux, essaie d’améliorer les traitements du cancer de la prostate en observant les facteurs de résistance de la cellule.

En quoi le Comité de Loire-Atlantique de la Ligue contre le Cancer vous aide-t-il ?

La Ligue est un de nos principaux donateurs, elle participe largement à notre existence. Notre équipe est passée par les 3 niveaux d’aide possibles : national, départemental et bourses d’étudiants. Nous avons été labellisés pendant 3 ans, de 2009 à 2011, et depuis le Comité de Loire-Atlantique a pris le relais et nous apporte un vrai soutien en local.
Etre accompagnés par la ligue nous a aussi apporté plus de reconnaissance, nous avons multiplié nos publications et notre approche est mieux représentée au niveau national.
La recherche est un métier particulier, c’est notre vie, nous sommes tous très impliqués, passionnés. Mais ça prend du temps, cela nécessite beaucoup d’argent… et un soutien psychologique, un intérêt pour nos travaux. On espère contribuer à quelque chose. Le malade n’est jamais loin de nos préoccupations, notre but est de mieux le soigner.

Propos recueillis par Christophe de Bourmont (Dr Mots)

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