Le soutien psychologique au Comité

Partagez ce contenu

Parmi les soins de support proposés au sein du Comité du Calvados, nous proposons un soutien psychologique.

Madame Marie-Laude GROULT, psychologue intervenant au Comité, répond à nos questions :

 

> De quelle façon s’organise la prise en charge d’un patient ?

"Le patient prend contact avec le secrétariat de la Ligue. Celui-ci me communique ses coordonnées, je téléphone à la personne et nous fixons ensemble un rendez-vous.

Nous nous rencontrons au sein de la Ligue dans un bureau spécialement aménagé pour recevoir le patient ou l’un de ses proches.

Il s’agit d’entretiens individuels qui sont bien entendu confidentiels."

 

> Comment se déroule un entretien avec un patient ? Quels sujets peuvent être abordés ?

 "Souvent les premiers entretiens portent sur l’annonce du cancer et la façon dont cela a été vécu par le patient. Nous échangeons sur le traumatisme que cela représente. L’annonce du cancer est un véritable tsunami pour le patient et ses proches.  Tout d’un coup, la vie professionnelle est stoppée, l’organisation familiale nécessite des aménagements, la baisse des revenus peut aussi  être un facteur de stress supplémentaire. Le rapport au temps n’est plus le même. La question de la finitude s’apparait brutalement et peut générer beaucoup d’angoisse. Puis vient le temps où le patient exprime comment il a vécu, la mise en place des protocoles de soins, les séances de chimiothérapie, la lourdeur des traitements, les hospitalisations.

 Quelques fois les patients cherchent la cause du cancer, pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Bien sûr personne ne peut répondre à ces questions, nous centrons alors notre attention sur comment continuer à vivre  avec cette pathologie.

Nous constatons qu’il y a un avant et un après cancer. Les priorités ne sont plus les mêmes. Au fur et à mesure des entretiens, le patient est amené à se poser,  à prendre véritablement soin de lui-même. Il ne peut plus se négliger ou s’oublier, son corps lui rappelle qu’il souffre.  Son rapport à lui-même et aux autres est modifié.

Les émotions qui s’apparaissent durant l’accompagnement thérapeutique sont diverses et ont besoin d’être soutenues. La tristesse, la colère et le sentiment d’injustice sont souvent présents."

 

> Vous pouvez également prendre en charge les proches, en quoi cela consiste –t’il ?

"Le soutien proposé aux membres de la famille, conjoint ou amis  porte sur l’écoute de la difficulté à vivre avec une personne ayant le cancer. La vie s’organise autour du malade et les proches peuvent  s’oublier, se fatiguer voir s’épuiser. Une mère dont la fille souffre d’un cancer me disait : « pour moi  le temps est suspendu. Je vis toujours dans l’attente des prochains résultats ». Pour les patients aussi cette attente des résultats des examens médicaux (analyse sanguine, scanner, IRM) peut être difficile à supporter. Le sentiment d’impuissance est fortement éprouvé par les personnes qui vivent aux côtés des malades. De plus, certaines situations  étaient déjà complexes voir conflictuelles avant la pathologie et cela rend délicat le positionnement des proches auprès du malade.

 Je suis là pour accueillir, entendre soutenir, accompagner, être engagée dans la situation avec le patient ou l’un de ses proches."

 

> Comment êtes-vous arrivée à exercer pour la ligue contre le cancer, et en quoi est-ce important selon vous ?

 

"J’ai travaillé pendant 15 ans en milieu hospitalier. J’ai de ce fait été en contact direct avec les patients et les familles souffrant de cancer, j’ai ainsi pu mesurer l’importance d’avoir du temps, de la disponibilité, de l’écoute  pour ces personnes. 

J'ai commencé à travailler auprès d'une association en 2013, puis cette association a été reprise par la Ligue donc j’ai poursuivi mon activité avec la Ligue.

Certains patients ne veulent pas retourner sur le lieu d’hospitalisation pour bénéficier d’un accompagnement thérapeutique d’où l’importance que cet espace se situe en dehors de l’hôpital.  De plus, d’autres personnes ne peuvent pas financer un suivi psychothérapeutique en libéral, lequel n’est pas remboursé par la caisse primaire d’assurance maladie et rarement pris en charge par les mutuelles, ici les patients bénéficient des consultations gratuitement."

 

> En quoi la présence d’un psychologue est importante au sein des soins de support du comité ?

 

"Ce qui me paraît  primordial, est d’offrir un espace de parole aux patients et à leurs proches pendant ou après le cancer. Ce qui me semble le plus important c’est de savoir que cet espace existe, ensuite bien sûr chacun est libre d’accepter ou de refuser ce soutien thérapeutique. Il s’agit d’une démarche personnelle à entreprendre pour soi même.

Je suis là pour prendre soin de ces personnes, entendre leur souffrance et leur désarroi,  favoriser l’expression de ce qu’ils éprouvent et de leur permettre de mettre des mots sur ce qu’ils ne parviennent pas à dire à leurs proches. L’accompagnement thérapeutique favorise le partage de cette expérience de vie si particulière que représente le temps du cancer, il permet de rompre avec la solitude qui peut s’y associer, de rendre un peu plus supportable cette situation et de tendre vers un mieux être."

Partagez ce contenu

Nos brochures

Le cancer du col de l'utérus

Le forum

Partagez vos expériences sur le forum de la Ligue contre le cancer
Pour tout renseignement, appelez le