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En juillet 2017, à l'âge de 25 ans, on m'a diagnostiqué un cancer du médiastin. Cancer assez rare avec une évolution ultra-rapide (touchant surtout les hommes entre 15 et 30 ans), j'ai toujours aimé me démarquer. La tumeur mesurait 12cm de diamètre environ (c'est-à-dire la taille d'un poing environ) et se situait à côté du poumon droit (ou plutôt elle compressait le poumon droit). Je tiens à préciser que j'ai toujours eu une hygiène de vie irréprochable et que je n'ai jamais fumé.
Après le diagnostic, le médecin me dit clairement qu'il y a une chance sur deux pour que le traitement fonctionne, sinon... Le médecin m'a également indiqué que le traitement serait un des plus lourds existant (BEP : Bléomycine/Étoposide/Cisplatine) avec des dosages importants, et ce du fait de mon jeune âge (j'étais supposé être capable d'endurer le traitement).
J'ai eu le cafard pendant quatre jours. Le cinquième jour, une énergie incroyable m'a envahi et je sus tout de suite que la guérison était certaine (les patients atteints d'un cancer que j'ai pu rencontrer m'ont dit que lorsqu'on a un cancer on sent dès le départ si l'on va guérir ou non). Lorsque j'ai annoncé la nouvelle de mon cancer à un ami, qui se trouve être un ancien de la Légion étrangère (c'est-à-dire un monstre du combat et du mental), il m'a dit qu'après cette épreuve je serai à son niveau de courage et d'endurance et qu'il me donnerait ses galons de caporal. En effet ce fut un véritable parcours du combattant (entre la pose du Port-a-Cath, les 4 cures de chimiothérapie et une intervention chirurgicale : thoracotomie afin d'extraire le reliquat tumorale). Même si cette épreuve fut incroyablement ardue, j'ai toujours eu l'intime conviction de guérir. Je n'ai pas eu besoin du soutien d'un psychologue lors de cette période, car j'ai constaté que j'étais en train de développer des ressources psychiques et cognitives extraordinaires. Les soutiens de la famille et des amis furent aussi déterminants.
La partie s'est terminée en décembre 2017, le médecin m'annonce la rémission avec une surveillance sur au moins 5 ans (le risque de rechute étant toujours possible).
De cette épreuve, je ressors grandi, l'impression d'être une espèce de héros au regard des gens, un survivant.