Bénévoles à l’hôpital : un rôle utile, mais encadré

Partagez ce contenu

« Pour moi, il s’agit du bénévolat le plus difficile au sein d’un Comité, estime Marilyne La Droitte, responsable des actions pour les malades au Comité départemental de la Gironde. Chez nous, entre 70 % et 75 % des bénévoles qui s’engagent dans cette voie ont été touchés par la maladie, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un proche. Ces visites sont une nécessité. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes vivent seules. Il est très dur de passer une journée entière dans une chambre d’hôpital sans visite. D’autant que le cancer provoque du stress, des angoisses et des questionnements. Le bénévole qui rend visite à un malade n’est pas une “ blouse blanche ”. Grâce à son écoute bienveillante, on lui parle plus qu’à un soignant. En tous cas, de manière différente. Il peut d’ailleurs ainsi devenir un relais d’information précieux avec l’équipe médicale ».

 

Convention-type

L’intervention de bénévoles à l’hôpital est encadrée. Elle doit faire l’objet d’une signature de convention avec chacun des établissements. « Ces interventions sont encouragées depuis la loi du 4 mars 2002 sur le droit des malades, note Giulietta Poillerat, déléguée au service actions pour les malades à la Ligue nationale contre le cancer. Une circulaire parue deux ans plus tard fixe le contenu de la convention-type que doit passer chaque association avec les hôpitaux. Cette dernière s’engage à assurer une formation pour ses bénévoles, à les encadrer et les soutenir ». En 2010, les visites aux personnes malades, à l’hôpital ou à domicile ont constitué la deuxième activité d’accompagnement en nombre après le soutien psychologique. Aujourd’hui, trois Comités sur cinq proposent ce type d’activité. « Il s’agit d’une action forte qui implique aux Comités de recru ter, former et animer les équipes, poursuit Giulietta Poillerat. Ces derniers doivent être vigilants à l’épuisement des bénévoles, connaître leurs limites… ».

Respecter l’avis du patient

« Tous les deux ou trois ans, nous faisons passer des annonces dans les journaux pour recruter, souligne pour sa part Michèle Melmont, coordinatrice du groupe d’accompagnement au Comité départemental des Hautes- Alpes. Lors de la formation, les personnes réalisent si elles sont aptes ou non à faire de l'accompagnement. A ce moment là, la sélection se fait d'elle-même. Les bénévoles arrêtent et sont remplacés par d’autres ». Le Comité des Hautes-Alpes a signé une convention avec l’hôpital et les cliniques de Gap pour formaliser les relations et pour que les bénévoles soient acceptés dans les services. « Les accompagnements se déroulent à la demande de la famille ou de la personne, souligne Michèle Melmont. Le personnel médical nous indique les patients à qui nous pouvons rendre visite. Ensuite, nous décidons d’un accompagnement en accord avec eux. Nous respectons toujours l’avis des patients. Nous essayons de consacrer entre une heure et une heure et demie par semaine à chaque personne. Bien sûr cela peut être plus long si besoin ».

Suivi psychologique obligatoire

Les visites aux personnes malades hospitalisées sont une activité fréquemment proposée par les comités départementaux de la ligue.En Gironde, comme dans les Hautes-Alpes et de nombreux autres Comités départementaux, les bénévoles bénéficient d’un suivi psychologique obligatoire. « Il faut réussir à prendre du recul par rapport à sa propre expérience, confirme Michel Vaillant, délégué aux relations avec les Comités et à la formation à la Ligue nationale contre le cancer. De nombreux candidats sont motivés car ils ont été touchés directement ou indirectement par le cancer. Mais le malade recherche plus l’écoute que le partage de la part du bénévole. Il faut qu’ils oublient leur propre histoire. L’accompagnement à l’hôpital comme à domicile réclame avant tout une grande stabilité psychologique et émotionnelle ». L’école de formation de la Ligue propose plusieurs modules pour favoriser la relation du bénévole au malade, et au personnel soignant. Ces formations étudient notamment la question de la responsabilité juridique du bénévole. « Il faut savoir jusqu’où aller afin de laisser la place à l’équipe soignante, rappelle Michel Vaillant. Le bénévole n’est pas un ami, ni un membre de la famille. Il doit trouver sa place. D’autant qu’il lui arrive de recueillir les confidences des patients. Que doit-il faire, par exemple, si l’un d’eux lui parle de sa volonté de mettre fin à ses jours ? Lors de ces formations, les volontaires arrivent avec des certitudes. Il faut souvent repartir sur de nouvelles bases. En moyenne, 98 % des personnes qui suivent la formation sont très satisfaites de ce qu’elles y ont appris. Les autres reconnaissent finalement que ces visites ne sont pas faites pour elles ». L’année dernière, près de 2.000 personnes ont suivi les formations dispensées par l’école de la Ligue. Nicolas Démare

Avez-vous trouvé cet article intéressant ? oui  151

Abonnez-vous !

Abonnez-vous à 4 numéros, et profitez du meilleur de l’information en bénéficiant d’une qualité et d’un confort de lecture privilégiés.

Votre avis nous intéresse

Un sujet qui vous semble important n'est pas abordé dans Vivre ? Nous tenons compte de vos suggestions et de vos témoignages.

Proposez un sujet