Plan cancer 3 : la fin des inégalités en ligne de mire

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Le 4 février dernier, le président de la République François Hollande annonçait les mesures du Plan cancer 3 pour la période 2014-2019 à l’occasion des cinquièmes rencontres de l’Institut national du cancer (INCa). Décryptage.

 

 

 

 

Si le premier Plan cancer (2003- 2007) posait les fondations d’un programme national de lutte anti cancer en créant notamment l’Institut national du cancer (INCa), le deuxième Plan cancer (2009- 2013) poursuivait cette action en s’attelant à de nouveaux chantiers, tels que la qualité de vie des malades. Le Plan cancer 3, quant à lui, s’inscrit résolument dans la lutte contre les inégalités sociales, territoriales, générationnelles, ou encore les inégalités d’accès aux progrès scientifiques. Car il reste beaucoup à faire. Aujourd’hui, par exemple, les populations vivant dans les campagnes souffrent d’une vraie difficulté à bénéficier de soins, alors que les citadins sont favorisés. D’autre part, la maladie aggrave les conditions de vie personnelles et professionnelles des personnes déjà fragilisées sur le plan économique et social. Pour résorber ces inégalités et renforcer la lutte contre le cancer, ce troisième plan se fixe quatre objectifs : guérir plus de personnes malades ; préserver la continuité et la qualité de vie ; investir dans la prévention et la recherche ; et optimiser le pilotage des politiques de lutte contre les cancers. On l’aura compris, la personne est au cœur de ce nouveau Plan cancer, qui prévoit un investissement d’un milliard et demi d’euros sur cinq ans, dont la moitié sera consacrée à de nouvelles mesures.

Savoir plus tôt, pour guérir plus vite

Si, en moyenne, une personne sur deux atteintes de cancer guérit de sa maladie, le Plan cancer 3 se fixe pour ambition d’augmenter significativement les chances de guérison. Concrètement, il s’agit de favoriser des diagnostics plus précoces en renforçant la politique publique en matière de dépistage. L’une des mesures phare prévoit notamment la généralisation du programme de dépistage du cancer du col de l’utérus pour toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans. « D’ici cinq ans, nous doublerons la couverture vaccinale contre le cancer du col de l’utérus, ce qui permettra son éradication à terme », a précisé François Hollande dans son discours du 4 février. D’autre part, la surveillance des personnes qui présentent un risque aggravé du cancer du sein ou du cancer colorectal sera renforcée. Après la prévention et le dépistage, ce nouveau plan s’attelle au diagnostic. L’objectif : garantir la sécurité et la qualité des prises en charge des malades, en réduisant notamment les délais d’accès aux examens. « Le troisième Plan cancer fixera comme obligation que le délai ne dépasse pas vingt jours, où que l’on réside », a annoncé le président de la République en ajoutant que « quinze millions d’euros seront affectés aux régions qui sont aujourd’hui sous-équipées ». Pour les personnes atteintes de cancers rares ou ayant des prédispositions génétiques, mais aussi pour les enfants et les personnes âgées, un double avis médical sera requis.

Favoriser l’accès au progrès… au meilleur prix

 En ce qui concerne les soins au malade, le Plan cancer 3 prévoit d’améliorer la coordination entre les médecins, mais aussi entre l’hôpital et la ville pour assurer un meilleur suivi du patient. De nouveaux métiers seront créés, notamment celui d’infirmier clinicien, associé à un diplôme de niveau master. Ses missions : assurer le suivi du malade en lien avec ses médecins, reconduire certaines prescriptions, adapter les soins de support, coordonner un parcours de soins complexe…
Autre priorité de ce plan : accélérer l’émergence de l’innovation au bénéfice des patients. Pour cela, le nombre de malades inclus dans les essais thérapeutiques passera de vingt-cinq mille par an à cinquante mille d’ici à 2019. L’idée est de garantir l’accès au progrès au plus grand nombre, en mettant notamment l’accent sur la médecine personnalisée, celle qui tient compte des caractéristiques génétiques de chaque personne. Dans ce domaine, les nouvelles techniques de séquençage des tumeurs seront proposées à davantage de patients. « De dix mille tumeurs analysées en 2015, l’objectif est d’atteindre soixante mille en 2018. Nous y consacrerons, là encore, les moyens nécessaires, puisque ce programme est exceptionnel : 60 millions d’euros seront dégagés sur la durée du plan », précise François Hollande. L’innovation a un coût : le prix des médicaments sera désormais fixé en fonction de leur apport thérapeutique réel, avec une réévaluation régulière.

Traiter les conséquences de la maladie

Au-delà du soin, le Plan cancer 3 se fixe pour ambition de préserver au maximum l’autonomie, la continuité et la qualité de vie des personnes malades pendant, mais aussi après les traitements. C’est pourquoi une attention particulière sera portée à une prise en charge globale et personnalisée des malades, comportant un suivi, des contrôles… Informés, entourés, ils pourront aussi bénéficier de soins de support adéquats. L’accès aux aides à domicile sera simplifié et les aidants familiaux pourront accéder à des « dispositifs de répit ». La volonté de réduire les risques de séquelles est également exprimée. Elle se concrétisera notamment par des efforts amplifiés pour diminuer la toxicité des traitements. Et pour éviter la « double peine » que le cancer inflige aux jeunes scolarisés et aux salariés, le nouveau plan prévoit des mesures concrètes visant à minimiser l’impact de la maladie sur la vie scolaire et professionnelle. Ainsi, l’accès à l’enseignement à distance sera facilité grâce, notamment, à l’extension de la gratuité des cours dispensés par le CNED aux plus de 16 ans. Pour permettre aux adultes atteints d’un cancer de poursuivre au mieux leur activité professionnelle, le Plan cancer 3 souhaite favoriser l’aménagement de leur temps de travail, renforcer leurs droits en matière de formation professionnelle, sensibiliser et mobiliser l’ensemble des acteurs sur ces sujets, etc. Il est également essentiel d’atténuer les conséquences économiques du cancer sur le niveau de vie des malades et de leurs proches. « Pour les personnes qui ont travaillé moins de deux cents heures dans un trimestre, il n’y a plus d’indemnités journalières, constate François Hollande. C’est pourquoi le gouvernement a décidé d’abaisser ce seuil à cent cinquante heures dès le 1er janvier 2015, notamment pour les personnes atteintes d’un cancer. » D’autres mesures de soutien financier aux malades ont également été annoncées, telles que la réduction des restes à charge liés à la reconstruction mammaire et la revalorisation du tarif de remboursement des prothèses capillaires et mammaires.
« Nous veillerons à ce que l’application de l’avenant numéro huit de la convention médicale sur les dépassements d’honoraires soit strictement respectée pour les patients atteints de cancer », a indiqué François Hollande. Enfin, le président de la République a rappelé l’importance du « droit à l’oubli » pour les anciens malades, en vue de leur permettre, par exemple, de contracter un emprunt dans de bonnes conditions auprès d’une banque.

Investir dans la prévention

Le tabac, l’alcool, le surpoids, les produits cancérogènes et le soleil sont autant de facteurs extérieurs dont l’exposition favorise le développement de cancers. C’est pourquoi le nouveau plan met l’accent sur la prévention de ces risques, en lançant notamment un programme national de réduction du tabagisme qui devrait être proposé avant l’été par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. L’objectif : éviter au plus grand nombre l’entrée dans le tabagisme, les jeunes étant les plus concernés, et faciliter l’arrêt du tabac grâce à un renforcement de l’aide au sevrage. Tous les professionnels de santé seront sensibilisés au sujet, notamment les médecins du travail et les infirmières scolaires, qui seront habilités à proposer des substituts nicotiniques.

Et la hausse du prix du paquet de cigarettes influençant beaucoup la baisse de la consommation de tabac, le Plan cancer 3 prévoit de continuer le mouvement. « Les hausses de tarifs doivent retrouver leur finalité de santé publique, a expliqué François Hollande. Depuis dix-huit mois, le prix du paquet a augmenté en moyenne de quatre-vingts centimes, soit plus de 12 %. Ce mouvement se poursuivra, mais il sera guidé par un seul impératif : les recettes supplémentaires ne bénéficieront pas à l’État, mais abonderont un fonds dédié, c’est-à-dire destiné à la recherche sur le cancer, à sa prévention et à l’amélioration de sa prise en charge. » Le président de la République a également annoncé l’extension du soutien financier à l’achat de substituts nicotiniques aux 25-30 ans, la réalisation d’une campagne de sensibilisation en direction des jeunes, le renforcement des sanctions pour lutter contre la vente de tabac sur Internet et le trafic aux frontières hexagonales. Les risques liés à l’alcool, au déséquilibre alimentaire et à l’exposition au soleil feront eux aussi l’objet d’actions de prévention. Ainsi, le Plan cancer 3 prévoit de faire appliquer l’interdiction de vente de boissons alcoolisées aux mineurs, de développer dès l’école maternelle l’éducation nutritionnelle et la promotion de la pratique physique, mais aussi d’encadrer davantage l’usage d’appareils de bronzage. En milieu professionnel, il s’agit de renforcer la substitution et la prévention primaire pour réduire les expositions professionnelles aux agents cancérogènes et d’accroître la traçabilité des expositions.

Et la recherche ?

Le Plan cancer a choisi d’attribuer 50 % de ses crédits de recherche au financement d’une recherche fondamentale qu’il souhaite « d’excellence et créative ». Cinq axes stratégiques de recherche sur les cancers ont été définis : l’identification des populations les plus susceptibles d’être exposées au cancer, l’aboutissement d’une nouvelle définition des maladies cancéreuses à l’horizon 2019, la modélisation des grands processus tumoraux, l’amélioration de la compréhension de l’échappement tumoral et des relations hôte-tumeur, et enfin la lutte contre les inégalités de santé face au cancer.

Des résultats mesurés

Pour atteindre ses objectifs ambitieux, le Plan cancer 3 a besoin d’unir toutes les forces capables d’agir et de faire évoluer les réflexions. Les citoyens seront appelés à contribuer, à leur échelle, à cette amélioration de la qualité du système de santé. C’est pourquoi les représentants des usagers et des personnes malades verront leur implication généralisée au sein des instances de pilotage, de gestion ou de production de soins ou de recherche. Une formation aux grands enjeux de la cancérologie soutiendra leur participation active à ces travaux. D’autre part, la lutte contre le cancer doit pouvoir s’appuyer sur des données robustes et partagées afin de connaître l’évolution de l’épidémiologie des cancers, d’évaluer l’efficacité de ses actions, de repérer les situations de perte de chance ou d’inégalité. Pour cela, le Plan cancer devra pouvoir s’appuyer sur des bases de données fiables et mises à jour. Leur interopérabilité sera déployée, tout en garantissant la confidentialité et la sécurité des informations.
Dans la même idée, les structures de coordination mises en place via les deux précédents Plans cancer verront leurs organisations optimisées et leurs actions mieux articulées. Le pilotage du Plan cancer lui-même sera assuré par un comité coprésidé par les ministres chargés de la Recherche et de la Santé, réunissant la Caisse nationale d’assurance maladie, les agences régionales de santé, l’INCa et les associations de malades et d’usagers. L’INCa sera chargé de coordonner ce Plan cancer et d’en mesurer les résultats à l’aide d’indicateurs précis pour le compte du comité de pilotage. Ce dernier rendra compte de la mise en œuvre du plan au comité interministériel pour la santé, placé sous l’égide du Premier ministre. Un rapport annuel sera remis au président de la République, et l’avancement des différents chantiers fera l’objet de communications régulières sur le site de l’INCa : www.e-cancer.fr

 

3 QUESTIONS A...

PR JACQUELINE GODET, présidente de la Ligue contre le cancer

Quelles sont les mesures du Plan cancer 3 les plus en adéquation avec les recommandations de la Ligue ?

Globalement, les préconisations de la Ligue ont été prises en compte dans la presque totalité des axes stratégiques définis par le Plan cancer 3. Pendant un an, la Ligue a étroitement collaboré pour l’élaboration de ce plan tant avec le professeur Vernant, avec l’Institut national du cancer qu’avec les groupes de travail ad hoc ou la présidence de la République. Notre participation active et constructive a été soulignée par le chef de l’État. Ainsi, la parole des Ligueurs, des malades, de leurs proches, comme celle des citoyens, a été entendue. L’une des plus grandes satisfactions pour la Ligue est la volonté d’inscrire la personne malade dans une continuité de vie, la mettant autant que possible à l’abri des ruptures sociales, professionnelles ou économiques que peut engendrer le cancer. La recherche clinique a également été élevée au rang de priorité comme la recherche fondamentale, reconnue comme étant indispensable car à la base de progrès dans toutes les disciplines. Enfin, la Ligue s’enorgueillit d’être, avec d’autres, à l’origine de la volonté annoncée de développer une vraie politique de prévention, notamment de lutte contre le tabagisme.

Êtes-vous satisfaite de la volonté affichée de « mieux soigner » en garantissant la continuité des parcours de soins ?

Mieux soigner, c’est écouter le malade concerné et prendre en considération l’ensemble des besoins qui constituent sa singularité. Mieux soigner, c’est garantir l’accès aux meilleurs traitements, et cela, de manière égalitaire et équitable. Le plan va dans ce sens. Reste à vérifier que l’ensemble des actions à déployer répondent à ces ambitions. À partir du moment où une suspicion de cancer est évoquée pour une personne, celle-ci doit pouvoir bénéficier d’une fluidité, d’une cohérence et d’une permanence dans son parcours de soins, que ce soit à l’hôpital ou à domicile. La mobilisation de l’ensemble des professionnels concernés (du secteur sanitaire mais aussi du secteur social) constitue l’une des avancées majeures de ce plan : les infirmières cliniciennes, spécialement formées, pourraient par exemple compter parmi les pivots de cette « fluidité ». Un autre motif de satisfaction réside dans le fait que le Plan cancer 3 reconnaît « le droit à l’oubli ». Ce droit est une revendication de la Ligue depuis près de dix ans, et dont la pertinence s’accentue au fur et à mesure que les avancées thérapeutiques offrent de nouvelles chances de guérison aux personnes malades. Une des illustrations de ce droit est, en effet, la possibilité de pouvoir emprunter pour financer des projets de vie (appartement, voiture, voyage, études, etc.) sans stigmatisation pour les anciens malades. Aujourd’hui, la convention Aeras (s’Assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé), qui repose sur la bonne volonté des parties concernées (banques, assurances, réassurances, etc.), se révèle peu efficace, malgré des initiatives constructives telles que celles déployées par la Ligue et notamment son service gratuit Aidéa (accompagner pour emprunter). Le Plan cancer 3 devrait, enfin, permettre de systématiser ce droit à l’oubli.

La Ligue doit-elle rester vigilante pour garantir la mise en œuvre concrète des engagements pris par l’État dans ce plan ?

La Ligue est associée aux dispositifs de mise en œuvre des engagements de ce plan. Jusqu’à ce jour, la volonté politique et la coproduction d’une vraie stratégie de lutte contre le cancer n’ont pas été démenties. Mais, association indépendante et apolitique, la Ligue gardera toujours sa totale liberté pour renforcer sa vigilance, jouer son rôle d’aiguillon ou assumer telle ou telle action qu’elle jugera particulièrement pertinente et en adéquation avec ses propres objectifs. Le Plan cancer 3 est un plan qui doit mobiliser la société dans son ensemble ; la Ligue, acteur majeur du mouvement social et première association de lutte contre le cancer, jouera pleinement son rôle.

 

3 QUESTIONS A...

AGNÈS BUZYN, présidente de l’Institut national du cancer (INCa)

Quel rôle a joué l’INCa dans l’élaboration du Plan cancer 3 ?

Dans son rapport d’orientation, Jean-Paul Vernant a compilé plus de quatre cents propositions, qui ont alimenté la réflexion des groupes de travail interministériels coordonnés par les administrations centrales. Ces groupes ont fait remonter des fiches d’actions concrètes, et l’INCa a ensuite été chargé de traduire ces actions en objectifs de santé. Enfin, les arbitrages interministériels ont permis de retenir ceux qui constituent aujourd’hui le Plan cancer 3.

Le Plan cancer 3 est-il celui de la lutte contre les inégalités ?

Je pense que cette lutte a irrigué l’ensemble de notre réflexion, mais beaucoup d’éléments vont bien au-delà. À chaque fois que nous pensions à une action, nous voulions être sûrs qu’elle ne participe pas à accroître les inégalités, mais bien à les résoudre.

Ce plan est amené à évoluer. Comment l’INCa suivra-t-il ces mouvements ?

L’INCa fait partie du comité de pilotage du Plan cancer 3. Nous sommes responsables du suivi, du reporting annuel que nous ferons au président de la République. En fonction de ces résultats et des évolutions médicales ou scientifiques, nous pourrons envisager de lancer de nouvelles actions ou d’en arrêter d’autres.

 

Témoignages

JEAN-PAUL VERNANT, professeur d’hématologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) chargé de l’élaboration de recommandations pour le Plan cancer 3

« Le troisième Plan cancer peut être un champ d'expérimentation fructueux. »

Après les résultats remarquables des deux précédents Plans cancer, certains sujets restaient en suspens, et ce nouveau plan s’attelle à ces chantiers. Je relève plusieurs “points cardinaux” dans ce programme. Il y a notamment le développement de l’éducation à la santé à l’école, le dépistage organisé du cancer de l’utérus, la réduction des délais d’imagerie, la mise en place d’innovations thérapeutiques homogènes sur tout le territoire ou encore la création de nouveaux métiers, dont celui d’infirmière clinicienne. Je relève aussi la volonté de mettre au point un parcours de soins plus fluide, incluant une réflexion, dès le début, sur l’après-cancer et impliquant le généraliste et les structures médicales de ville. Le concept de “droit à l’oubli” des anciens malades et la revalorisation de certaines techniques de reconstruction mammaire avec, à terme, une absence de reste à charge me semblent également très intéressants. Je vois dans ce troisième plan les prémices à terme d’une absence totale de reste à charge pour tous les traitements du cancer et de l’après-cancer. En cela, le troisième Plan cancer peut être un champ d’expérimentation fructueux, un modèle pour d’autres pathologies. Enfin, on peut espérer que le pilotage du plan, s’appuyant sur une évaluation en temps réel des actions entreprises et de leurs impacts, permettra de faire en chemin les rectifications ou enrichissements jugés nécessaires. C’est, je l’espère, l’avènement d’un plan vivant, s’adaptant au progrès au lieu de rester figé dans le temps.

 

ANNE JACQUET, 45 ANS

 « En vingt ans, la prise en charge des malades a bien évolué, sans doute grâce aux Plans cancer. »

En tant qu’infirmière, j’avais côtoyé les centres anti cancer pendant ma formation dans les années 90. Vingt ans plus tard, alors que je suis moi-même tombée malade, j’ai pu constater une prise en charge de la maladie qui n’existait pas avant, tant sur le plan des soins que sur celui de la dimension psychologique. Cela dit, j’ai eu la chance d’être soutenue financièrement par mon employeur. Sans cette aide, tout doit être beaucoup plus compliqué.

 

CHANTAL LOMBARDO, 49 ANS

« Il manque une vraie coordination entre les différentes administrations pour nous accompagner après la maladie. »

Au-delà du Plan cancer, j’attends de vraies lois, de vraies décisions, pour notamment interdire aux employeurs de refuser une mi-temps thérapeutique à un salarié de retour de longue maladie. À près de 50 ans, c’est ce qui est en train de se produire pour moi. J’aimerais aussi qu’il existe un mode d’emploi du retour au travail, car les démarches à réaliser sont très obscures. Il faudrait absolument que des actions coordonnées entre l’employeur, Pôle emploi et l’assurance maladie puissent être mises en œuvre pour offrir de vraies perspectives aux anciens malades.

 

Chiffres clés

355 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année en France (200 000 hommes et 155 000 femmes).

148 000 personnes décèdent chaque année d’un cancer en France, soit 85 000 hommes et 63 000 femmes.

3 millions de personnes en France vivent avec ou après avoir eu un cancer.

1 700 enfants de moins de 15 ans sont touchés chaque année par le cancer en France.

44 000 décès par cancer sont liés au tabac chaque année en France.

10 % des décès par cancer sont liés à l’alcool.

1,5 Md€ seront investis dans le cadre du Plan cancer 3 sur la période 2014-2019.

Plus de 40 % des décès par cancer pourraient être évités grâce à des changements de comportements individuels ou collectifs, soit environ 80 000 décès.

14 Md€ C’est le coût que représente le cancer par an pour la société.

2 millions de salariés sont exposés à des produits cancérogènes dans le cadre de leur activité professionnelle.

 

Illustrations : Mr Supreme

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