Services à domicile : Comment en bénéficier ?

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Pour soulager les hôpitaux et réduire les dépenses de santé, les malades rentrent chez eux de plus en plus rapidement après une opération ou pendant un traitement. Parfois pas tout à fait autonomes, ils peuvent bénéficier de services à domicile.

Si la France compte deux cent vingt mille salariés d’aide à domicile, il est souvent difficile pour l’usager de s’y retrouver dans un système qui offre une telle multiplicité d’acteurs, de financeurs, d’associations et d’entreprises. Heureusement, l’assistant(e) social(e) maîtrise toute la complexité de ces rouages. Son rôle : faire le lien entre le patient et l’offre d’aides qui peuvent faciliter son quotidien, le soulager de tâches que la maladie ou les traitements l’empêchent d’assumer.

L’assistant(e) social(e) : sésame indispensable

Rattaché à l’hôpital, à la commune de résidence du malade, à son centre de Sécurité sociale…, cet intervenant doit être rencontré en priorité. C’est lui qui, au regard de la situation de la personne concernée et des recommandations des médecins, oriente, informe et instruit un dossier de demande de prise en charge. Plusieurs financeurs sont possibles selon « le profil » du demandeur. « Le travailleur social saura à quel organisme s’adresser : par exemple, à la Sécurité sociale, aux mutuelles, à la caisse d’allocations familiales (CAF) pour les parents avec jeune enfant. Pour les personnes retraitées, il y a lieu d’instruire une demande d’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile financée par les caisses de retraite. L’assistant(e) social(e) peut aussi s’adresser aux associations comme la Ligue contre le cancer pour les personnes atteintes de cancer », explique Françoise Proszowski, assistante sociale référente pour le Comité départemental de Paris. Une fois financée, la prestation d’aide à domicile est affinée (tâches, horaires, etc.) entre l’association choisie et le bénéficiaire. En fonction de l’urgence, une procédure exceptionnelle peut être mise en place pour que la personne soit prise en charge au plus vite. Le plus souvent, un « reste à charge » incombe au malade. En cas de difficultés pour assumer ces frais, d’autres aides et un accompagnement à plus long terme peuvent être envisagés avec l’assistant(e) social(e).

Une palette d’acteurs à votre service

En fonction du niveau d’autonomie de chacun et de son environnement, l’assistant(e) social(e) peut préconiser la mobilisation de différents intervenants. L’employé(e) à domicile assure exclusivement une prestation d’aide au ménage qui s’adresse à des personnes non dépendantes. De son côté, l’aide à domicile assume des missions aussi variées que le ménage, la lessive, la sécurisation de la personne hors de son domicile, la toilette, les courses, l’habillement, l’alimentation… Enfin, l’auxiliaire de vie sociale peut effectuer toutes ces tâches en jouant également un rôle d’observateur très proche du malade dont il s’occupe. Il peut donner l’alerte en cas de dégradation de son état et même contribuer au réaménagement de son logement si celui-ci est inadapté. « Ces intervenants sont majoritairement issus d’associations agréées, ajoute Brigitte Gabillaud, chargée d’action sociale et de santé à l’UNA* PARIS. Des entreprises peuvent également proposer ces services mais il faut faire attention car ces structures plus ou moins sérieuses présentent des tarifs souvent prohibitifs. » Là encore, l’assistant(e) saura faire le tri entre les différents prestataires.

* Union des associations d’aide, de soins et de services à domicile de Paris.

 

SANTÉ SERVICE : À LA MAISON COMME À L’HÔPITAL

Créée en 1958 à l’initiative de la Ligue contre le cancer et du professeur Denoix (Institut Gustave Roussy), l’association Santé Service – récemment reconnue comme fondation – intervient sur toute l’Île-de-France. Sa mission : assurer l’hospitalisation à domicile des malades. L’équipe repère les besoins en soins et interroge le patient sur son organisation à la maison, actuelle et future, afin de construire avec lui son projet de vie et d’envisager une aide à l’aidant (souvent son conjoint). L’assistant(e) social(e) va ainsi pouvoir compléter le plan de soins par des interventions d’aide à domicile, le portage des repas, la mise en place d’une téléalarme… Le financement de ces aides peut nécessiter la contribution des mutuelles, du Conseil général, de la CPAM, des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), ou être versé par le fonds de solidarité de Santé Service ou encore de la Ligue contre le cancer.

Les aides proposées par la Ligue

Chaque Comité départemental de la Ligue contre le cancer dispose d’un budget destiné à contribuer au financement d’aides à la personne pour les malades atteints de cancer. Les bénéficiaires sollicitant cette aide doivent s’adresser à un(e) assistant(e) social(e) qui instruit un dossier pour chaque malade, indiquant sa situation, ses ressources, ses besoins… Toutes les demandes sont ensuite examinées au sein de la commission sociale du Comité, qui réunit un médecin et une ou des assistantes sociales, un trésorier ou autre responsable. Les aides accordées sont de différents types. On distingue les aides liées à la maladie (prothèses capillaires, soins dentaires, etc.), les aides à la vie quotidienne (loyers, frais alimentaires, portages de repas, règlements de factures, frais scolaires pour les enfants), l’aide humaine (ménage, courses, etc.), et les aides à la construction d’un projet de vie (accompagnement d’un projet professionnel). Si le dossier de demande d’aide est accepté, la Ligue choisit de prendre à sa charge tout ou partie du service, ou du montant demandé. Le suivi social se poursuit entre l’assistant(e) social(e) et le professionnel identifié, ou l’organisme habilité, pour mettre en place la prestation.

 

Une question ? Besoin d’un conseil ?

Pour tout savoir sur les services à la personne, n’hésitez pas à contacter l’Agence nationale des services à la personne au 32 11 (prix d’un appel local depuis un fixe). Cette assistance téléphonique est ouverte du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et le samedi, de 8 h à 22 h. Et pour les personnes atteintes de cancer, rapprochez vous du Comité départemental de la Ligue le plus proche de chez vous afin d’être orienté vers le bon service social : www.ligue-cancer.net

 

ILLUSTRATIONS SERGE BLOCH

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