Mélanome résistant, une réponse dans la matrice

modifié le 28/06/2022

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L’équipe de Sophie Tartare-Deckert (Inserm U1065, Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire, Nice) a bénéficié de deux labellisations depuis l’année 2016. Ce soutien lui a permis d’identifier différents mécanismes impliqués dans la résistance au traitement et la dissémination métastatique du mélanome avec, à la clé, plusieurs pistes pour améliorer la prise en charge de la maladie. Ses derniers résultats publiés dans Embo Molecular Medicine mettent en évidence, chez l’animal, une nouvelle combinaison de traitements capable d’augmenter l’efficacité des thérapies ciblées du mélanome et de retarder l’apparition d’une résistance (1).

La prise en charge du mélanome métastatique a beaucoup bénéficié des innovations thérapeutiques apparues depuis le début des années 2010, traitements ciblés, immunothérapies. Des résistances innées ou acquises restent toutefois un problème majeur conduisant la plupart des patients dans une impasse thérapeutique. Dans une tumeur les cellules cancéreuses sont liées entre elles par une sorte de ciment constitué de différentes grosses molécules (collagènes, glycoprotéines, etc.), c’est ce qu’on appelle la matrice extracellulaire (ou MEC). Or, de précédents travaux de l’équipe ont révélé que la MEC était modifiée sous l’effet des traitements ciblés du mélanome : elle s’enrichissait en fibre de collagène et contribuait sous cette forme à protéger les cellules tumorales des effets thérapeutiques. Par ailleurs, ainsi modifiée, la MEC ressemble à l’environnement tissulaire qui se forme en cas de fibrose*. Le ciblage de la MEC modifiée pourrait-il présenter un intérêt thérapeutique ? C’est ce que suggère l’article paru EMBO Molecular Medicine, dans lequel les chercheurs montrent que l’utilisation d’un médicament antifibrotique** capable d’empêcher la modification de la MEC pouvait augmenter l’efficacité des traitements ciblés du mélanome et retarder la rechute chez l’animal. De plus, partant de ce résultat, les chercheurs ont pu déterminer la cascade d’événements aboutissant à la résistance au traitement et identifier de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles.

(1) S. Diazzi et al., EMBO Molecular Medicine, e15295, 2022, DOI : 10.15252/emmm.202115295

Pour en savoir plus sur les travaux de Sophie Tartare-Deckertvoir en ligne un article de la revue médecine/sciences

*La fibrose est correspond à la formation d'un tissu cicatriel d'abondance anormale.

**Une molécule notamment utilisée dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique, une maladie rare qu’on peut décrire comme une cicatrisation progressive (fibrose) des poumons sans cause connue à ce jour.

 

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