Recommandations de la Ligue pour la préparation du Plan Cancer 3

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La Ligue contre le cancer exige une lutte contre toutes les formes d’inégalités et plaide pour une prise en charge globale personnalisée en faveur de chaque personne malade.

Le 30 août 2013 - Le Pr Jean-Paul Vernant a remis à la ministre des Affaires sociales et de la Santé et à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, son rapport d'orientation sur les recommandations pour le troisième Plan cancer.

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> Lire les recommandations <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

 

Le 27 mai 2013 – Parce que la Ligue contre le cancer accompagne au quotidien les malades et leurs proches, l’association souhaite que le Plan cancer III, annoncé par François Hollande en décembre dernier, réponde concrètement aux besoins et attentes des personnes concernées par la maladie. Aucun pan ne doit être exclu : prévention et accès aux dépistages pour tous, lutte contre les inégalités, aides morales, physiques, médicales et financières, développement d’une recherche transversale applicables aux lits de tous les patients… telles sont les revendications de la société civile reprises dans les recommandations de la Ligue contre le cancer.

 

 

La Ligue contre le cancer, au cœur de l’élaboration du Plan cancer III

Acteur engagé historiquement dans les politiques de santé, la Ligue contre le cancer contribue à l’élaboration du rapport préparatoire au Plan cancer III :

  • en lançant une plateforme interactive "Pour que le Plan cancer III soit le nôtre" via son site internet www.ligue-cancer.net. Véritables États généraux « on line » des malades et autres personnes concernées par le cancer, cette plateforme innovante leur a donné la parole et a recueilli plus de 2200 contributions.

  • en revendiquant différentes mesures, en partie inspirées ou confirmées par les contributions
    citoyennes.

« Parce qu’avoir un cancer, c’est avant tout être en vie, ce nouveau Plan ne doit pas être un rapport de plus, il
doit avoir des répercussions réelles et concrètes pour chaque personne concernée par la maladie
cancéreuse. La Ligue contre le cancer est plus que jamais à l’écoute des besoins et plaide pour une politique
de santé cohérente, bénéfique à tous et ne laissant personne dans l’inégalité ou l’injustice.
» explique le
professeur Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer.

Les recommandations de la Ligue pour un Plan cancer III efficace auprès des personnes concernées

1er financeur privé de la recherche et véritable porte-parole des personnes malades, la Ligue contre le cancer met en exergue la voix des contributeurs de la plateforme « Pour que le Plan cancer III soit le nôtre » et livre ses recommandations au professeur Jean-Paul Vernant, hématologue à la Pitié-Salpêtrière, en charge du rapport préparatoire au Plan cancer III.

Comment aider les personnes malades à « Vivre pendant et après un cancer » ?

Les contributeurs internautes interrogent : « comment voulez-vous vous sentir guéris si vous n’avez pas les mêmes avantages que les autres ? ».  

  • Renforcer l’accompagnement social personnalisé tout au long du parcours de vie de la personne malade ;
  • Garantir le maintien des ressources et des droits auxquels la personne malade pouvait prétendre avant la survenue d’un cancer ;
  • Favoriser le maintien dans l’emploi ou le cursus scolaire pour assurer une continuité de la vie sociale et professionnelle. Faciliter la réinsertion professionnelle ;
  • Changer le regard vis-à-vis des personnes malades ;
  • Lutter contre les inégalités territoriales vécues ;
  • Considérer les proches comme étant également des victimes du cancer en leur proposant des aides adaptées (accompagnement psychologique, aménagements du temps de travail, etc.).

Comment améliorer la « prise en charge et l’organisation des soins » ?

La pénibilité des soins et des traitements ainsi que le besoin d’être aidé et soutenu reviennent plus de 600 fois dans les contributions des internautes.

  • Mettre en place des plateformes territoriales pluridisciplinaires, permettant de prendre en compte la singularité des personnes atteintes de cancer et de leurs proches, avec une attention particulière aux personnes précaires et vulnérables ;
  • Étendre le dispositif d’annonce à l’ensemble de la prise en charge du malade atteint d’un cancer ;
  • Évaluer des besoins en soins de support, généraliser et structurer cette offre ;
  • Systématiser l’évaluation et le soulagement de la douleur (notamment en développant les interventions des équipes mobiles douleur en intra et extra-hospitalier) ;
  • Créer des structures d’accueil et de soins de répit ;
  • Renforcer la qualité des soins dispensés aux personnes âgées atteintes d’un cancer ;
  • Créer une prise en charge spécifique des adolescents-jeunes adultes ;
  • Renforcer l’enseignement en sciences humaines et sociales et en éthique dans la formation médicale initiale, intégrer les pathologies cancéreuses dans la formation continue des médecins généralistes.

« Toutes et tous ont droit aux mêmes soins et traitements de pointe, quel que soit le niveau social. Un suivi médical sérieux identique pour tous les individus, du plus pauvre au plus fortuné, question d’éthique ! » affirme un contributeur internaute.

Comment améliorer et optimiser « les dépistages » ?

  • Lutter contre les inégalités d’accès aux dépistages et en favoriser le suivi ;
  • Renforcer la place du médecin généraliste et du gynécologue sur les actions de dépistages organisés ;
  • Renforcer l’adhésion des populations aux programmes de dépistages organisés des cancers. 

Quels sont les axes prioritaires en matière de prévention ?

« À une époque de surabondance de l’information, on ne sait plus qui ou que croire » témoigne un contributeur.

  • Donner à la prévention une approche stratégique pour passer d’une prévention uniquement prescriptive à une prévention éducative ;
  • Lutter efficacement contre le tabac, axe majeur de prévention, avec l’instauration du prélèvement solidaire tabac prélevé à la source sur les bénéfices de l’industrie du tabac ;
  • Lutter contre les maladies infectieuses en réintégrant les vaccinations contre les maladies induisant des cancers, développer le dépistage et l’accès aux traitements des hépatites B et C ;
  • Valoriser l’activité physique dans son caractère préventif, réinscrire la pratique du sport comme élément important des politiques scolaires et périscolaires ;
  • Améliorer la déclaration des cas de cancers professionnels et les faire reconnaître pour leur prise en charge financière ;
  • En matière d’alimentation, lutter contre le développement des « junkfoods », limiter et évaluer l’usage des ersatz, colorants.

Quels sont les axes prioritaires en matière de recherche ?

Il est indispensable de soutenir la recherche en cancérologie et ses chercheurs (cette préoccupation revient à 66% dans les contributions de l’axe « recherche »).

  • Permettre aux Sciences Humaines et Sociales ainsi que l’Epidémiologie ne soient pas les « parents pauvres » de la recherche contre le cancer en France ;
  • Encourager les projets dédiés à la compréhension globale des mécanismes de la cancérogenèse ;
  • Favoriser et soutenir des projets de recherche réellement « intégrée » faisant appel à toutes les disciplines permettant d’avoir une vue globale sur une problématique liée au cancer ;
  • Renforcer le continuum allant de la recherche fondamentale au « lit du patient » ;
  • Faire accompagner les essais thérapeutiques et les traitements anticancéreux par des recherches sur les effets délétères et leurs séquelles ;
  • Développer les recherches sur les risques de cancer avérés ou non ;
  • Diminuer l’empilement de structures censées piloter et coordonner la recherche contre le cancer en France.

Un Plan cancer pour la continuité de la vie pendant et après la maladie :
« Être « atteint de cancer », c’est avant tout être en vie ».

Changer le regard de la société sur le cancer et sur les malades est toujours une priorité

Alors que le mot « cancer » est toujours perçu par la société comme une maladie honteuse, souvent mortelle, les personnes malades proclament que le cancer est une maladie réversible et guérissable. Elles affirment que le mot « cancer » ne doit plus être synonyme de condamnation. Le cancer doit être une maladie comme une autre.

«Plus le cancer deviendra une maladie banale, moins la société pointera du doigt les gens qui sont ou qui ont été malades du cancer » expose un contributeur.

La lutte contre les inégalités : le fil conducteur de ce Plan

Les notions « inégalités » et « place du malade dans notre société » sont très présentes dans la plateforme : « Il n’y a pas de place pour les faibles dans notre société ». Les contributions évoquent surtout les inégalités au niveau professionnel et social (réintégration difficile, stigmatisation), au niveau économique (baisse du pouvoir d’achat avec un reste à charge toujours présent) ainsi qu’au niveau médical (déserts médicaux, formation des professionnels de santé).

Après avoir de nombreuses fois dénoncé la double-peine que peuvent subir les personnes touchées par le cancer, la Ligue est plus que jamais déterminée à ce que la lutte contre les inégalités soit au cœur du troisième Plan cancer.

 

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