Leucémies aiguës myéloïdes : la recherche contre les rechutes

26/11/2021

L’équipe de Jean-Emmanuel Sarry (Centre de recherches en cancérologie de Toulouse, Inserm U1037) est labellisée par la Ligue depuis 2018 et compte actuellement dans ses effectifs 4 jeunes chercheurs soutenus par plusieurs Comités départementaux. Son projet de recherche porte sur les mécanismes impliqués dans la résistance des leucémies aiguës myéloïdes à la chimiothérapie. Ses derniers résultats publiés dans la revue nature cancer pourraient contribuer à faire évoluer la pratique clinique en ouvrant la voie à une approche plus personnalisée du traitement des LAM afin de contrecarrer la survenue de rechutes encore aujourd’hui trop nombreuses (1).

Les Leucémies Aigues Myéloides (LAM) sont des cancers du sang dont le traitement repose sur une chimiothérapie intensive. Si la majorité des patients entre en rémission, la survie à long terme reste faible en raison de rechutes causées par des cellules cancéreuses résistantes qui persistent dans l’organisme malgré le traitement. Une thérapie ciblée permet d’allonger la survie en particulier chez les sujets âgés non éligibles à la chimiothérapie conventionnelle. Toutefois, là encore, des rechutes finissent par survenir.

Les recherches de l’équipe de Jean-Emmanuel Sarry visent à lever le voile sur les mécanismes qui permettent aux LAM de résister aux traitements. Les résultats obtenus par l’équipe depuis plusieurs années ont mis en évidence un lien étroit entre la réponse au traitement des LAM et l’activité des mitochondries, les structures qui fournissent l’énergie à la cellule.

Dans leurs derniers travaux publiés dans nature cancer, les chercheurs toulousains présentent plusieurs résultats importants :

• La conception d’un biomarqueur, ou MitoScore, qui permet d’évaluer l’activité des mitochondries et dont l’utilisation pourrait permettre une meilleure prise en charge thérapeutique. Chez le patient, la mesure d’un MitoScore élevé rend compte d’une forte activité mitochondriale et prédit une bonne réponse à une bithérapie associant thérapie ciblée et chimiothérapie avec à la clé une meilleure survie.

• Les cellules malignes qui peuvent persister après la bithérapie acquièrent la résistance à ce traitement grâce à une adaptation de l’activité de leurs mitochondries.

• L’ajout d’un inhibiteur des mitochondries à la bithérapie, testé chez l’animal, permet de bloquer l’acquisition de la résistance au traitement, de prévenir les rechutes et de rallonger la survie des animaux.

Les recherches conduites par Jean-Emmanuel Sarry et son équipe permettent de mieux comprendre les mécanismes responsables de l’échec des thérapies utilisées actuellement contre les LAM. Elles ouvrent la voie au développement d’une nouvelle approche thérapeutique qui en ciblant les mitochondries permet de prévenir la résistance au traitement et le risque de rechutes.

Note : L’équipe de Jean-Emmanuel Sarry bénéficie du soutien de la Ligue dans le cadre d’une première labellisation démarrée en janvier 2018 pour une période de 5 ans. Sur la période 2021-2022, son effectif compte 4 jeunes chercheurs dont les allocations sont financées par les Comités départementaux de l’Aveyron, de Haute-Garonne, du Maine-et-Loire, des Hautes-Pyrénées et de la Vienne.

(1) C. Bosc, E. Saland, A.Bousard et al., Nat Cancer, 2021. Doi : 10.1038/s43018-021-00264-y

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