15e édition du colloque de la Recherche de la Ligue
La recherche scientifique et médicale est à l’origine de toutes les avancées qui permettent et permettront de vaincre les cancers.
Premier financeur associatif de la recherche en cancérologie, la Ligue nationale contre le cancer organise à Nice le 15e colloque consacré à sa politique de recherche les 24 et 25 janvier 2013.
Dans les cinq ans à venir, deux millions de nos concitoyens seront confrontés au cancer. Cette statistique suffit à elle seule pour appréhender le problème de santé publique posé par le cancer en France. Pour s’attaquer à une pathologie aussi complexe, réduire sa mortalité et son incidence mais également améliorer la qualité de vie des patients et faciliter la réinsertion sociale des anciens malades, la recherche doit nécessairement être pluridisciplinaire et transversale.

En 2011, la Ligue a investi un montant total de 38,6 millions d’euros dans la recherche en cancérologie. La politique de soutien à la recherche menée par la Ligue couvre tout le continuum de la recherche en cancérologie : des études fondamentales sur les mécanismes intimes de la maladie, des études cliniques essentielles pour la mise au point de nouveaux traitements, des projets de recherche épidémiologique et de sciences humaines et sociales cruciaux pour la prévention et l’amélioration de la prise en charge non directement médicale de la maladie.

La connaissance est à la source du traitement
Le traitement du cancer a été révolutionné au cours de la dernière décennie avec l’arrivée des thérapies ciblées. Ces thérapies sont conçues pour agir spécifiquement contre les anomalies qui caractérisent la cellule tumorale. Leur développement nécessite une connaissance précise des dysfonctionnements des cellules malades.
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Le mélanome malin est un cancer dont la prise en charge thérapeutique a particulièrement bénéficié des progrès de la recherche et de leur concrétisation dans le champ médical au cours des deux dernières années. Les recherches de Robert Ballotti (Inserm 1065, C3M, Nice, Equipe Labellisée Ligue) ont contribué de façon majeure à ces progrès thérapeutiques et s’attachent aujourd’hui à la mise en évidence de nouvelles cibles et de nouveaux composés actifs contre celles-ci. Certains de ces candidats médicaments font aujourd’hui l’objet d’évaluations précliniques et cliniques. |
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‹ Equipe de Robert BALLOTTI |
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Parmi les multiples dysfonctionnements des cellules cancéreuses, on trouve par exemple la capacité à se réapproprier certaines caractéristiques des cellules embryonnaires, notamment leur capacité à se mouvoir. L’équipe d’Alain Puisieux (Inserm U1052 – CNRS UMR 5286, Lyon, Equipe Labellisée Ligue), se focalise sur cette altération qui favorise le développement des tumeurs et la formation des métastases. |
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‹ Alain PUISIEUX |
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Chercheur mais également coordonnateur du Centre de référence des mastocytoses (CeReMast), Olivier Hermine (CNRS UMR 8147, Hôpital Necker, Paris, Equipe Labellisée Ligue) est l’auteur de découvertes de première importance dans le domaine de la physiopathologie des cancers du sang (hémopathies malignes). |
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‹ Olivier HERMINE |
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Ces recherches sur la mastocytose se fondent sur la comparaison des mécanismes génétiques à l’origine des différentes formes de cette maladie qui touchent le chien, l’enfant et l’adulte, mais peuvent évoluer de façons très différentes. Maladie rare, la mastocytose peut évoluer chez l’adulte vers une forme tumorale très agressive. Les résultats de ces travaux permettent de mieux comprendre les anomalies génétiques responsables de la maladie et d’envisager de nouveaux modes de prise en charge thérapeutique. |
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‹ Sarcome Mastocytaire du chien |
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Le carcinome hépatocellulaire (cancer du foie) résulte d’une combinaison unique d’altérations génétiques survenant dans 90 % des cas chez des personnes dont le foie a été endommagé par une cirrhose. Cette diversité fait que chaque cas d’hépatocarcinome est unique et, par conséquent, nécessite une prise en charge la plus personnalisée possible. |
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‹ Jessica ZUCMAN-ROSSI |
Les travaux de Jessica Zucman-Rossi (Inserm U 674, Paris), dont certains en collaboration avec l’équipe Cartes d’Identité des Tumeurs® de la Ligue, visent à réduire cette complexité en classifiant les tumeurs en fonction des altérations qui les caractérisent. Ces classifications des cancers du foie permettront à terme d’adapter la surveillance des patients à risque, de mieux diagnostiquer la maladie mais également de mieux la traiter par une prise en charge thérapeutique personnalisée. En 2012, les recherches de Jessica Zucman-Rossi ont révélé quatre nouveaux gènes n’ayant jamais été décrits dans les tumeurs du foie, ce résultat s’inscrit dans le cadre du projet international ICGC.

Une approche originale : l’étude de la mécanique des tumeurs
L’étude des propriétés mécaniques des cellules tumorales constitue aujourd’hui un domaine en plein développement. Les forces qui s’exercent au sein des tissus biologiques atteints impactent la croissance et le développement des tumeurs ainsi que leur capacité à essaimer dans l’organisme et former des métastases.
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Le projet de recherche post-doctoral conduit par Etienne Boulter (Ircan-Inserm U1081, CNRS UMR 7284 –Nice, Jeune chercheur soutenu par la Ligue) se focalise sur CD98, une protéine essentielle à la mécanotransduction cellulaire, c’est-à-dire le processus de transformation des stimuli mécaniques en signal chimique. Une approche originale qui pourrait déboucher sur la mise en évidence d’une cible thérapeutique pour le traitement de tumeurs cutanées (carcinomes basocellulaires et carcinomes spinocellulaires). |
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‹ Etienne BOULTER |
Pour une prise en charge éclairée
Parfois le soin blesse et les effets secondaires néfastes de certains traitements du cancer peuvent être ressentis de longues années après la guérison. Un des enjeux majeurs de la prise en charge thérapeutique des cancers, surtout chez le jeune, est de réduire l’agressivité des traitements vis-à-vis des organes et des tissus sains du patient.
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L’évaluation des risques à distance constitue un exercice ardu lorsque les effets délétères des traitements, voire l’occurrence d’une maladie secondaire, peuvent survenir plusieurs décennies après le traitement. Florent de Vathaire (Inserm U 1018, Villejuif, Equipe labellisée Ligue & appel à projets en recherche épidémiologique) et son équipe ont développé une expertise très pointue dans le domaine de l’étude des effets iatrogènes à long terme des traitements des cancers. Leurs recherches se fondent sur l’étude de plusieurs cohortes dont principalement la cohorte franco-britannique Euro2K. Ces travaux trouvent des applications concrètes aux bénéfices directs des patients en faisant évoluer les pratiques en radiothérapie, par exemple. |
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‹ Florent DE VATHAIRE |
A retenir
- Deux jours pour faire le point sur les avancées dues aux programmes de soutien à la recherche de la Ligue nationale contre le cancer.
- Dix-sept chercheurs, responsables d’équipes confirmés et jeunes scientifiques, bénéficiant du soutien de la Ligue pour le financement de leurs travaux dans les domaines de la recherche fondamentale et de la génomique, de la recherche clinique, de la recherche épidémiologique, de la recherche en sciences humaines et sociales.
- Date : Les 24 et 25 janvier 2013








