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Cancers pédiatriques : pourquoi certaines leucémies touchent uniquement les enfants

Une collaboration de recherche européenne menée par l’équipe labellisée par la Ligue de Thomas Mercher (Inserm U1170, Gustave Roussy, Villejuif) et celle de Jürg Schwaller (Université de Bâle, Suisse) explique pourquoi certaines leucémies aiguës de mauvais pronostic frappent spécifiquement les très jeunes enfants.

Une collaboration de recherche européenne menée par l’équipe labellisée par la Ligue de Thomas Mercher (Inserm U1170, Gustave Roussy, Villejuif) et celle de Jürg Schwaller (Université de Bâle, Suisse) explique pourquoi certaines leucémies aiguës de mauvais pronostic frappent spécifiquement les très jeunes enfants (1). Les mécanismes mis en évidence pourraient ouvrir la voie au développement d’une thérapie ciblée.

Chaque année, 2500 enfants et adolescents sont diagnostiqués d’un cancer en France. Les cancers de ces jeunes se différencient de ceux de l’adulte en de nombreux points dont leur localisation ou encore leur vitesse de développement. 30 % des cancers affectant les enfants et les adolescents sont des leucémies. Parmi ces dernières, les leucémies aiguës myéloïdes ou LAM affectent 75 à 80 enfants âgés de moins de 15 ans en France et près de 800 enfants en Europe chaque année. Malgré l’amélioration des traitements au cours des dernières décennies, la survie globale des jeunes touchés par une LAM plafonne autour de 60 %, avec un taux de rechute qui est la cause la plus fréquente de décès. Un type particulier de ces LAM, appelées leucémies aiguës mégacaryoblastiques (ou LAM7), affecte les cellules à l’origine des plaquettes sanguines et se caractérise par un très mauvais pronostic.

Une spécificité du très jeune enfant

Les mécanismes qui font qu’une cellule normale peut se transformer et engendrer une LAM7 restent mal connus. Le travail réalisé par la collaboration européenne menée par Thomas Mercher a mis en évidence que ces LAM7 sont diagnostiquées chez des enfants en moyenne beaucoup plus jeunes, moins de 24 mois, que ceux affectés par les autres sous-types de LAM pédiatriques (en moyenne vers 6 ans). Pour comprendre l’origine de cette différence, les chercheurs ont analysé les caractéristiques des cellules leucémiques humaines et développé un modèle permettant l’étude d’une altération génétique particulière identifiée dans 30 % des leucémies. Leurs résultats montrent que cette altération est suffisante pour induire des leucémies agressives rapidement si elle est activée dans des cellules hématopoïétiques* du fœtus. En revanche, son activation dans des cellules adultes est faiblement associée au développement d'une leucémie. Par ailleurs, lorsque cette altération est « bloquée » dans le modèle étudié, les cellules cancéreuses peuvent à nouveau se différencier en cellules du sang normales. Ces résultats pourraient ouvrir la voie au développement de nouvelles approches thérapeutiques ciblées afin d'améliorer le traitement des jeunes patients.

(1) CK Lopez, E. Noguera, V. Stavropoulou et al., Cancer Discovery, 2019.

*Les cellules hématopoïétiques engendrent par un processus de maturation progressif (l’hématopoïèse) les différents éléments figurés du sang : globules rouges, plaquettes, globules blancs.

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