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Nouveaux cas de cancer du poumon : quelle situation en France en 2020 ?

Le Collège des Pneumologues des Hôpitaux Généraux mène tous les 10 ans, depuis l’année 2000, une étude épidémiologique observationnelle multicentrique sur les nouveaux cas de cancer bronchique primitif en France (KPB-CPHG).

Le Collège des Pneumologues des Hôpitaux Généraux mène tous les 10 ans, depuis l’année 2000, une étude épidémiologique observationnelle multicentrique sur les nouveaux cas de cancer bronchique primitif en France (KPB-CPHG). 82 centres ont participé à cette étude en 2020, près de 9 000 patients ont été inclus représentant environ 20 % des nouveaux cas annuels. Les résultats, publiés dans la Revue des Maladies Respiratoires (1) et présentés lors du 26e Congrès de Pneumologie de Langue Française (Lille, janvier 2022) montrent une évolution des caractéristiques de la maladie et confirment sa progression très préoccupante au sein de la population féminine, notamment chez les femmes jeunes.

Réalisée en 2020 pour la troisième fois, l’étude offre une vue panoramique de l’évolution des cancers bronchiques au fil des deux dernières décennies. Plusieurs évolutions notables sont à relever :

  • L’âge au diagnostic (67,8 ± 10,3) est significativement plus élevé qu’en en 2010 et 2000 ;
  • La proportion des non-fumeurs augmente : elle est de 12,6 % en 2020 contre 10,9 % en 2010 et 7,2 % en 2000. 
  • Anticipée depuis plusieurs années en raison de la croissance du tabagisme chez la femme, l’évolution la plus préoccupante concerne la proportion de femmes parmi les nouveaux cas, celle-ci a plus que doublé en 20 ans et s’élève en 2020 à 34,6 % ; le nombre de cas masculins plafonne. 
  • Le diagnostic reste tardif avec une majorité de patients, environ 60 %, au stade IV. 
  • La prise en charge thérapeutique a évolué : plus de la moitié des patients (56,3 %) ont bénéficié d’un diagnostic moléculaire contre seulement un tiers (30,5 %) en 2010. 
  • La chirurgie à visée curative représentait 20,3 % des premières stratégies thérapeutiques, la radiothérapie 28,5 %, la chimiothérapie 58,4 %, les thérapies ciblées 5,6 % et l’immunothérapie 30,7 %.

(1) D. Debieuvre, C. Locher, L. Falchero et al., Revue des Maladies Respiratoires Actualités, vol 14, n°1, janvier 2022, 24-24. Doi : 10.1016/j.rmra.2021.11.038

 

Et outre-Atlantique ?

Publiés à peu près au même moment que l’étude du CPHG, les chiffres du cancer de la Société Américaine du Cancer (2) livrent des données dont on peut extraire un cliché de la situation actuelle du cancer du poumon aux Etats-Unis. Le cancer du poumon féminin est également un problème de santé publique aux Etats-Unis où il s’impose depuis quelques années comme la première cause de mortalité par cancer chez la femme. Toutefois, l’incidence de la maladie a baissé chez l’homme (5 % par an) et la femme (4 % par an) entre 2014 et 2018. La mortalité par cancer du poumon chez l’homme a diminué de 30 % depuis une vingtaine d’années. Cette amélioration est attribuée au recul très significatif du tabagisme outre-Atlantique ainsi qu’au progrès du diagnostic précoce. De fait, la part des diagnostics précoces a augmenté de 4,5 % par an entre 2014 et 2018. 

(2) Cancer Prevention & Early Detection Facts & Figures 2021-2022, American Cancer Society

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