Cacher sa tristesse

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FH52

Bonjour,

Mon mari a un cancer du poumon métastasé (foie, cerveau et os) ; cancer qui était là depuis 2-3 ans mais qui était passé sous les radars. Mon mari se bat, avec courage, détermination, gentillesse. Il ne se plaint jamais. L'autre jour, comble de l'indécence, c'est lui qui m'a consolée. Je m'adresse à tous ceux qui accompagnent un être cher à travers la maladie... comment faites-vous pour cacher votre chagrin ? 

Parfois ça va, j'avance, mais parfois je regarde mon mari amaigri, et j'ai les larmes qui montent. 

je vois me mari se forcer à manger, malgré le dégoût, la fameuse dysgueusie, qui fait des projets, qui est tellement courageux. Je l'aime tellement. J'ai tellement peur pour lui et je me demande comment il fait pour ne pas être trop angoissé. Il semble plus fort, non il est plus fort que moi. Mais je ne voudrais pas qu'il me cache son chagrin, ses peurs, etc. Chaque jour, il me remercie d'être là, de l'aider, etc. alors qu'il n'a pas à me remercier, c'est tellement normal...

Comment faites-vous pour cacher votre tristesse ? 

Bien cordialement,

 

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Vinie-1406

Bonjour Madame,

Comme je vous comprends dans votre tristesse. 
Décembre 2024, annoncera officiellement un cancer à mon mari suspecté depuis fin septembre de cette année 2024. 

J’ai été une piètre femme, puisque au moment suspect j’ai été prise d’angoisses et de peurs et je n’ai fait que pleurer, pleurer et pleurer et encore pleurer.

Autant dire que cela n’a pas dû l’aider dans l’attente de l’annonce. 
Puis l’annonce … puis 2025 … le KO

Opération chimio … j’ai sombré, perdu mon travail, j’ai retrouvé de suite un autre boulot … que je perdrais au bout d’un mois .

Émotionnellement, c’était l’horreur   

Fin 2025, l’espoir reprend. On vit  

Puis depuis vendredi on apprend un lésion suspect au foie … en plus placé dans le segment le plus complexe.

Je ne peux que vous comprendre dans votre réaction, vos peurs et vos angoisses .

Pour cette lésion, il va être opéré et cette fois j’ai décidé de relativiser.

Ce serait mentir que dire qu’à la nouvelle je n’ai pas craqué  non ce WE a été dur, lundi aussi . Hier j’étais pleine d’espoir à y croire. À me dire que c’est cette potentiellement une métastase mais opérable et traitable  ça n’empêchera pas une guérison  

Hier pleine de vie, d’espoir, de certitude, on a même ri .. Et aujourd’hui, j’ai le coeur lourd, j’ai mal dans la poitrine, cette douleur lourdeur qui est là depuis cette nuit et j’ai peur pour autant j’y crois qu’il va guérir. J’ai besoin 

Je n’envisage tellement pas ma vie , de vieillir sans lui. Je n’ai que 43 ans, lui 48 … alors même si aujourd’hui je suis mal vraiment et bien je souris.

Puis je m’accroche beaucoup aussi à l’avancée de la médecine. 
À défaut de guérir cela peut être chronique. 
Et une maladie chronique contrôlée par le corps médical n’empêche pas les années de passer je me dis. 

Je me sens seule, très seule … on oublie beaucoup la douleur des aidants proches. 


Courage à vous. 








 

 

 

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FH52

Bonjour,

je vous remercie de votre message... Vous avez 43 ans, et moi 42... Notre fille a 8 ans.

Oui on oublie beaucoup la douleur des aidants. Et aussi, quelle leçon de vie... On trouve de vrais amis dans des personnes que l'on connaissait de loin. On découvre un aspect moins reluisant de proches, qui fuient... J'ai une amie de fac, depuis plus de 20 ans. Quand je lui ai écrit ce que nous traversions, sa réponse a été : "Oh je suis désolée, je ne sais pas quoi te dire". et depuis, plus rien. 

Et puis il y a les proches qui deviennent moins proches... Parce que ba entendre parler de mauvaises nouvelles, c'est pas amusant. 

Moi aussi, je décide de sourire malgré tout mais en ce moment, c'est plus dur. Je ne sais pas comment mon mari adoré voit réellement les choses. 

Voilà. 

Comme vous, je m'accroche à l'espoir que cela devienne une maladie chronique mais avant cela, il faut stopper la progression du cancer. pour l'instant, la métastase au cerveau ne fait aucun effet, celle du foie non plus. Mais là, rdv aujourd'hui chez le radiothérapeute puis scanner mi-février (ce qui m'angoisse au plus haut point). 

Bon courage à vous et dites-vous que lorsque l'on opère, c'est déjà ça !!! 

Bonne chance et je compatis... je vis la même chose que vous et traverse aussi ce sentiment de solitude

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Vinie-1406

J’espère que vous aurez des nouvelles qui vous donnera force, courage et espoir. 
Et non une nouvelle écrasante. 

J’imagine aussi que pour vous mi février vous paraît loin. 
Je vis cela actuellement, nous rencontrons le chirurgien du foie que le 9/02 … je trouve cela si loin … 
J’aimerai qu’il l’opère dès demain … mais bien entendu, ils n’ont pas qu’un seul patient, qu’une seule urgence. 
Je me dis qu’ils savent ce qu’ils font. Et puis je trouve que quand même, ils ont pris en compte l’urgence.
j’essai au max de relativiser. 
Bon hier j’ai pas réussi. 
C’est ça qui est fou d’un jour à l’autre on peut être dans un état si différent. 
Même dans la même journée d’ailleurs … comme aujourd’hui pour moi. 
Ce matin super, toute confiante et d’un coup pendant  2/3 heures comme un nuage sombre, tristesse. 
puis de nouveau espoir. 

N’hésitez pas à donner des nouvelles. 
 

Plein de courage. Prenez soin de vous aussi. 
Courage à votre homme 🍀



 

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FH52

Bonjour,`

Comme je partage ces fluctuations d'humeur, entre optimisme (raisonné) et tristesse. Je vis en Normandie et on dit qu'ici, dans la journée, on a les 4 saisons... comme mon moral !

Je vous souhaite plein de courage et penserai à vous pour le rendez-vous du 9 février. 

Bonne journée et prenez soin de vous...

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koublaikan

Bonsoir, 

Ce que vous traversez est tellement éprouvant et je comprends tellement vos angoisses !

 Mon conjoint est dans une situation  similaire avec un cancer du poumon stade 4 métastasé aux os .  Dans les premières semaines j'était dans une angoisse totale, physiquement oppressée, triste en permanence tout en étant incapable de pleurer. Je ne dormais pas et je faisais des rêves horribles. Je pensais même à l'organisation de ses obsèques ! 

Je me suis dit que je n'allais pas pouvoir l'aider correctement dans ces conditions et je suis allée voir une psychologue qui m'a aidée.  Je n'ai malheureusement pas de baguette magique pour me préparer aux mauvaises nouvelles . Vinie décrit parfaitement sa situation entre moments d'espoir et profond désespoir et effroi.  

Je m'efforce aussi à faire des choses pour moi et à être dans la joie avec lui dès que je le peux, même pour regarder une série à la télé, ou faire une balade. 

On m'a aussi parlé des bienfaits de "la pleine conscience", de la sophrologie ou de l'acupuncture . Mais il faut prendre ce qui est bon pour soi. 

Et puis je crois que la médecine peut réserver de bonnes surprises, nous offrir du temps et du bon temps.

 C'est ce que je vous souhaite de tout coeur. Donnez des nouvelles. 

 

 

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FH52

Merci beaucoup de votre message. Je vois une psy de temps en temps, mais elle est très, trop cash. La dernière fois que je l'ai vue, j'étais à peine assise, qu'elle m'a demandé : "les médecins lui donnent combien encore à vivre ?" J'étais refroidie, j'ai répondu qu'elle n'avait pas à me parler comme cela et que de toute façon, personne ne savait... mon mari pouvait répondre ou pas au traitement, etc., 

J'aimerais parfois une bonne fée, qui me rassure, qui me dit que ça va aller. Mais le temps des contes de fées est terminé. Je suis trop vieille pour cela. Ce qui est terrifiant avec le cancer c'est qu'on vit dans l'incertitude permanente. 

Je suis comme vous, comme Vinie, ma vie oscille entre moments d'espoir et profond désespoir et effroi. 

Je ne suis pas spécialement acuponcture, je suis trop à fleur de peau pour recevoir des piqûres, aussi petites soient-elles ! Je trouve du réconfort en regardant ma fille jouer, grandir, évoluer, malgré les lourdes épreuves sur ses petites épaules... et en profitant des léchouilles de mes chiens et de mon chat. 

Hier, ma fille et moi regardions des photos et elle a été surprise de voir son père en randonnée... c'est comme si elle ne se souvenait plus de lui en forme... pourtant, cela ne fait que quelques semaines qu'il est très fatigué puis très malade (chimio, etc.) Cela m'a fendu le coeur. Son père, mon mari, est, était un homme fort, très actif, très sportif... La maladie abîme tout...

 

Bon courage à vous et merci. Et merci aussi aux chercheurs qui oeuvrent pour faire progresser la recherche. J'aimerais tellement retrouver mon mari en forme...

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