Bonjour,
Notre situation est similaire. Mon conjoint a été diagnostiqué d'un cancer du côlon stade 4 en Octobre. Nous avons un petit garçon de 7 ans. Dès le début, on lui a expliqué que son papa avait un cancer et qu'il allait être en chimiothérapie pour essayer d'endormir la maladie le plus longtemps possible. Et oui notre fils m'a vu triste, il m'a vu pleurer et être en colère. Je ne suis pas surhumaine. Nous avons le droit de ressentir ces émotions. Je ne dis pas qu'il faut tout dire à nos enfants. Je ne dis pas tout à mon fils. Il faut choisir ses mots. Mais notre vie est tellement pleine d'incertitudes. Nous portons énormément sur nos épaules. Parfois ça craque c'est comme ça.Vous protégez votre fille. Vous essayez de lui offrir une vie stable dans ce chaos. Vous vous inquiétez pour elle. Vous l'accompagnez. Mais on ne peut pas protéger nos enfants de tout malheureusement. De mon côté, j'essaie de garder une certaine stabilité. Je gère le quotidien. J'ai repris le travail. Je continue de sortir avec mon fils (il est très énergique en plus) et on s'adapte à la maladie. Des temps de lecture à 3 avant d'aller au lit, des jeux de société, une petite balade, des legos, un film au lit. Quand mon conjoint est en meilleure forme, il prend un peu le relais avec notre fils à la maison pour passer du temps à deux. Ses grands-parents paternels et sa tante sont aussi des confidents pour lui. Ils prennent le relais avec lui pour le sortir de la maison de temps en temps. Et en cas de besoin, on peut voir une psychologue (on a consulté au moment du diagnostic). Je me dis que si aujourd'hui on arrive à lui offrir un cadre sécurisant, on le protège pour son futur. Ma psy m'a dit que cette épreuve lui permettra probablement d'aborder sa vie d'adulte avec plus de maturité et plus de solidité. Donc tout ce texte pour vous dire qu'il faut se faire confiance. Bon courage à vous.
Bonjour,
Mon mari a un cancer du poumon stade 4, diagnostiqué par hasard en novembre dernier. Notre fille avait 7 ans, elle en a 8 aujourd'hui.
J'ai fait le choix de lui dire la vérité. Et de toute façon, impossible de le lui cacher.
Le cancer a fait perdre plus de 20 kg à son papa. On vit un ascenseur émotionnel régulier.
En fin de semaine dernière, on a appris que mon mari avait une hépatite liée à l'immunothérapie et là… sincèrement, j'ai craqué. C'était d'une violence. On m'avait tellement vanté cette molécule miracle, c'était mon seul espoir et là d'un coup, plus d'espoir. Pendant deux jours, j'étais mal au possible, j'avoue. Et ma fille m'a vue ainsi.
Mes parents m'ont violemment reproché de ne pas protéger ma fille, que je n'avais pas le droit de lui faire ça. Ma mère est allée jusqu'à me dire que j'allais lui gâcher toute sa vie… Ce fut très violent à entendre. Etre un boulet, pire malfaisante pour ma fille…
Oui c'est vrai que j'aurais dû prendre du recul mais d'un coup, j'apprends que notre seule lueur d'espoir est éteinte. J'aime mon mari, c'est dur quand même. Ma tante qui était venue passer une semaine chez nous m'a rassurée, me disant que non, je n'étais pas une mauvaise mère, que ma fille allait plutôt bien compte tenu du contexte.
Le Dr Marceau m'a dit qu'il y avait d'autres molécules ou des thérapies ciblées, ce qui m'a redonné une petite forme d'espoir. Et je me suis reprise. Et j'ai parlé à ma fille. Je lui ai expliqué que j'avais pleuré car j'étais très inquiète mais qu'elle me connaissait : je suis sensible, très sensible et inquiète, mais que je suis au fond un roc et que je serai toujours là, toujours là pour elle.
Je m'adresse à ceux qui ont des enfants encore jeunes, qui vivent l'horreur du cancer au jour le jour. Comment faites-vous ?
Est-ce que ma fille va avoir sa vie gâchée à cause de la maladie de son papa et à cause de mes pleurs (attention, je ne pleure pas tout le temps devant elle !!! on rit, on essaye de vivre une vie la plus normale possible).
Ma psy me dit que ma fille a reçu tant d'amour de la part de son papa (et encore aujourd'hui) que même s'il mourrait, ma fille a les bases, un socle et qu'elle pourra, malgré la douleur, avancer et être heureuse. C'est aussi cela qui me porte. Que ma fille soit heureuse. Elle aime tellement son papa…
Je suis preneuse de vos conseils.
Bien à vous