Dépistages : à chaque âge, les bons rendez-vous
Quels cancers peut-on dépister, à quel âge et avec quels examens ? En France, trois programmes nationaux de dépistage organisé concernent les cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus. Un programme pilote est également en cours pour le cancer du poumon. Pourtant, la participation reste insuffisante. Pourquoi et comment lever les freins ?
Les Français : mauvais élèves du dépistage ?
À mi-chemin entre la prévention et le diagnostic, le dépistage joue un rôle crucial dans la prise en charge des cancers. En permettant l’identification précoce de la maladie, il constitue la première étape essentielle du parcours de soins.
Pourtant, les programmes nationaux de dépistage organisé des cancers du sein, du col de l’utérus et colorectal peinent encore à atteindre les niveaux de participation attendus. Malgré les bénéfices démontrés d’un diagnostic précoce, le recours au dépistage reste insuffisant.
Quelques chiffres
45,7 % de participation
au dépistage organisé du cancer du sein en 2024 et 2025 auxquels s’ajoutent 10 % des femmes (de 50 à 74 ans) qui ont fait l’objet d’un dépistage dans le cadre d’une approche de dépistage sur prescription individuelle.
Sources : INCa et Santé publique France
30,7 % de participation
au dépistage organisé du cancer colorectal sur la période 2024-2025.
Sources : INCa et Santé publique France
60,9 % de participation
dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus. En 2024, environ 60 % des femmes ont effectué un frottis du col de l’utérus au cours des trois dernières années.
Sources : INCa et Santé publique France
Quels sont les freins ?
Défiance vis-à-vis des autorités de santé, difficultés d’accès aux radiologues pour pratiquer une mammographie, freins culturels et émotionnels, tabous autour du cancer du côlon-rectum… : le désintérêt pour le dépistage national serait multifactoriel.
Pour la docteure Suzette Delaloge, ce phénomène serait également lié à « l’immense confiance des Français dans le système curatif, une confiance que d’autres populations, par exemple en Angleterre, n’ont pas autant ». Même si le cancer fait peur, les Français seraient suffisamment convaincus de l’efficacité des traitements et pas suffisamment de celle de la prévention et du dépistage qui ne leur apparaissent pas comme une priorité... et encore moins dans un contexte social, économique et environnemental difficile. Cette position minimise les conséquences des traitements, les difficultés liées à l’après-cancer et aussi le fait qu’un cancer a davantage de chances d’être effectivement soigné, à condition qu’il soit détecté tôt.
Crédit photo : Laurent Villeret
‘En matière de dépistage, l’échange et la discussion avec le médecin traitant sont déterminants.’
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