Cancer, roman et cinéma : toute une histoire

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Parce que la maladie touche à l’intime et à l’essence même de la vie et de la mort, elle ne pouvait pas échapper à la littérature et au cinéma. Le cancer y occupe toutefois une place à la fois tardive et très particulière. Si sa version fictionnelle biaise parfois avec la réalité, elle n’en est pas moins un révélateur des passions humaines.

 

Pour que le cancer devienne sujet de roman, puis de cinéma, encore fallait-il qu’il existe ! Si la question ne se pose guère pour le cinéma – la création de la Ligue est contemporaine de l’envolée du 7e art –, le constat est beaucoup plus surprenant pour la littérature. Le cancer est absent des œuvres romanesques jusqu’à la fin du XIXe siècle. Pourtant, son existence est connue depuis Hippocrate (460-377 av. J-C), qui donne les premières descriptions scientifiques des tumeurs.

Une aussi longue absence

Comment alors expliquer ce blanc de vingt-trois siècles ? Il n’existe pas de réponse avérée, mais on peut risquer quelques hypothèses. Tout d’abord, dans des sociétés où l’individu compte moins que la collectivité, la maladie s’incarne dans l’épidémie qui frappe une société ou un pays, avant d’atteindre certains de ses membres. La peste par exemple – qui inspire la terreur en Occident jusqu’au XVIIIe siècle (comme à Marseille en 1720) – est ainsi très présente dans la littérature. Les exemples ne manquent pas, depuis Œdipe roi de Sophocle – contemporain d’Hippocrate – jusqu’à La Peste d’Albert Camus, en passant par Les Animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine. La peste, comme la variole, le choléra, le typhus, la syphilis… sont des maladies transmissibles, donc collectives. Malgré une incidence sans doute déjà élevée, le cancer reste une maladie individuelle – et souvent mal identifiée –, qui ne menace pas la société.

Et moi, et moi, et moi…

Pour que le cancer émerge comme objet littéraire, il faut d’abord que la maladie devienne l’affaire de l’individu. Et, pour cela, il est indispensable que l’homme commence à se penser lui-même comme sujet et thème principal de son oeuvre. Dans Les Essais, et plus encore dans son Journal de voyage en Italie, par la Suisse et l’Allemagne en 1580 et 1581, Montaigne décrit abondamment les effets de sa gravelle (coliques néphrétiques), dont son père mourut avant lui. Deux siècles plus tard, Jean-Jacques Rousseau – ce grand hypocondriaque qui se croit atteint de toutes sortes de maladies, dont il entretient longuement ses amis comme ses protectrices – écrira « Je suis né infirme et malade », un thème qui irrigue toute son œuvre.

La tuberculose tient le premier rôle

Mais le cancer doit encore patienter pour entrer en littérature. Au XIXe siècle, et jusqu’au milieu du XXe, la tuberculose joue en effet les premiers rôles. De La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils à La Montagne magique de Thomas Mann, en passant par Les Misérables de Victor Hugo (le personnage de Fantine) ou les Scènes de vie de bohème d’Henry Murger, la tuberculose devient une maladie « romantique », quoique mortelle. Pour l’historien Patrice Pinell (voir interview page 44), elle doit ce statut au fait qu’elle touche la jeunesse, alors que le cancer est perçu avant tout comme une maladie de la vieillesse. Contrairement à d’autres pathologies (la syphilis, la folie, l’alcoolisme…), il ne permet pas non plus de mettre en scène les questions sociales ou de stigmatiser les « vices » des classes populaires.

Et si c’était faux ?

Lorsque le cancer entre enfin en littérature, puis au cinéma, il apparaît vite comme un miroir déformé de la réalité. Premier constat et première déformation : on ne guérit pas du cancer. Jusqu’au film La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli (six César en 2012) – où un jeune couple se bat pour sauver son petit garçon d’une tumeur au cerveau –, les œuvres s’achevant par une guérison se comptent sur les doigts d’une main. Cette situation, qui ne correspond pas à la réalité médicale d’aujourd’hui, s’explique aisément. D’une part, les guérisons demeurent rares jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, ce qui justifie alors le pessimisme des auteurs. D’autre part, et surtout, la mort du personnage est bien souvent un ressort essentiel de la dramaturgie. Imagine-t-on Love Story – le bestseller mondial d’Erich Segal (1970), puis le film d’Arthur Hiller (la même année) qui firent couler des torrents de larmes – avec une Jennifer (Ali MacGraw au cinéma) qui survit à sa leucémie, fonde une famille avec Oliver (Ryan O’Neal) et devient professeur de musique au Radcliffe College, au fin fond du Massachusetts ? C’est un peu comme si Marguerite Gautier guérissait de sa tuberculose et reprenait sa vie de courtisane…

Vous avez dit cancer ?

Autre différence : les cancers de la littérature ou du cinéma ne sont pas tout à fait ceux de la vraie vie. Certains sont surreprésentés. C’est le cas de la leucémie, du cancer du sein ou des tumeurs au cerveau. D’autres, à l’inverse, sont beaucoup moins présents, comme le cancer du poumon. Le cas de la leucémie est intéressant. Cette forme de cancer est, à l’évidence, l’héritière du « romantisme » de la tuberculose. Outre Love Story, déjà cité, on la trouve par exemple dans Christa T (1968) de la grande romancière d’origine est allemande Christa Wolf ou dans Oscar et la Dame rose* (2002) d’Éric-Emmanuel Schmitt. Côté cinéma, elle est au centre du film L’Arbre de Noël (1969), de Terence Young, mais aussi de Ma Vie pour la tienne (2009), de Nick Cassavetes, de Maintenant ou jamais (2012), de Ol Parker, ou d’Alabama Monroe (César du meilleur film étranger 2014), de Felix Van Groeningen. Une prégnance qui s’explique évidemment par le fait que la maladie touche des enfants et des jeunes adultes. Le cancer du poumon – l’une des localisations les plus fréquentes – n’a pas ces honneurs culturels. Côté cinéma, tout juste peut-on évoquer Docteur Françoise Gailland (1976) de Jean-Louis Bertuccelli, dans lequel Annie Girardot joue le rôle d’un médecin hyperactif qui remet toute sa vie en cause et se recentre sur sa famille après l’annonce de son diagnostic. Côté roman, on peut bien sûr citer L’Écume des jours, de Boris Vian. Dans un univers décalé et poétique, Colin, amoureux fou de Chloé, va perdre sa bienaimée lorsqu’un nénuphar commence à pousser dans son poumon, métaphore du cancer ou peut-être de la tuberculose, qui sévissait encore lors de la parution du roman (1947).

Le temps de l’annonce

Si l’on oublie ces accommodements avec la réalité – on n’ose pas parler de licence poétique –, littérature et cinéma rendent compte de la plupart des aspects de la maladie. Cela commence par l’attente du diagnostic et l’annonce, ou non, de la maladie. Dans Cléo de 5 à 7 (1962), d’Agnès Varda, une jeune chanteuse un peu frivole (Corinne Marchand) erre dans Paris en bus et en taxi, en attendant son rendez-vous de 19 h pour l’annonce du résultat de ses examens. Elle cherche du soutien auprès de proches et ne le trouvera finalement qu’auprès d’un inconnu. Un thème repris dans That’s Life (1986) – le seul film sombre de Blake Edwards –, dans lequel Julie Andrews attend les résultats d’une biopsie de la gorge, qui va bouleverser la vie de son couple avec Jack Lemmon. Sur un mode plus léger, personne n’a oublié Woody Allen dans Hannah et ses sœurs (1986). Hypocondriaque, son personnage – ou est-ce Woody lui-même ? – est persuadé d’être atteint d’une tumeur au cerveau. Lors d’un scanner, il imagine déjà un sombre pronostic. Sur le même registre, Nanni Moretti, dans Journal intime (1993), règle ses comptes avec les médecins, alors qu’il est aux prises avec un lymphome de Hodgkin, que des sommités de la Faculté ne parviennent pas à diagnostiquer et encore moins à traiter. Encore plus radical : dans Le Bruit des glaçons* (2010), de Bertrand Blier, c’est le cancer lui-même, personnifié par Albert Dupontel, qui sonne à la porte de l’écrivain raté Jean Dujardin pour lui annoncer sa maladie, qui va désormais littéralement « lui coller à la peau »… Lorsque le cancer est confirmé, il faut alors l’annoncer – ou pas – à ses proches. Dans Le Temps qui reste (2005), de François Ozon, Romain (Melvil Poupaud), atteint d’un cancer généralisé, refuse les traitements, choisit de cacher la maladie à son ami et à son entourage, pour n’en parler qu’à sa grand-mère (Jeanne Moreau).

Une histoire vraie

À l’autre extrémité du cycle, plusieurs œuvres se penchent sur la fin de vie. Cris et chuchotements (1972), d’Ingmar Bergman, sublime ce thème difficile, transposé dans une riche et rigide famille suédoise de la fin du XIXe siècle. Aucun spectateur n’oubliera la scène christique où la domestique Anna, à moitié nue, tient dans ses bras Agnès, qui se meurt à petit feu. Toujours au cinéma, mais dans un registre différent, Maurice Pialat affronte le sujet dans La Gueule ouverte (1974), qui décrit la fin de Nathalie Baye, entourée de ses proches, et Gus Van Sant reprend, dans Restless (2011), une sorte de « Love Story » du XXIe siècle. Parce qu’il touche au plus intime, ce thème est souvent traité sur le mode autobiographique. Dans Une mort très douce (1964), Simone de Beauvoir raconte les derniers moments de sa mère, atteinte d’un cancer de l’intestin, qu’elle veille durant trois mois avec sa sœur Poupette. L’occasion, pour son œil aiguisé, d’observer aussi le pouvoir médical à l’œuvre, les conditions de travail des infirmières, et de s’interroger sur la religion et l’acharnement thérapeutique. De son côté, Philip Roth oublie les facéties de Portnoy, pour retracer dans Patrimoine (1992), sous-titré « Une histoire vraie », la dernière année de son père Herman qui, à 86 ans, lutte contre une tumeur au cerveau. Enfin, Marc Bernard, dans La Mort de la bien-aimée (1972), évoque à la fois le décès de sa femme Else et sa vie aux côtés d’une compagne exceptionnelle, qui avait trouvé le courage de fuir le joug nazi. Plus récent (le film sort en juillet 2015), Fantasia*, du réalisateur chinois Wang Chao, traite lui aussi d’une famille face à la maladie du père, atteint d’une leucémie. Irruption de la modernité dans un thème universel : la question de la prise en charge des dépenses médicales est au cœur du scénario, dans une Chine qui est encore loin de connaître le niveau de protection sociale de la France.

Une autre vie que la mienne ?

Comme dans la vie, le cancer sert aussi de révélateur. Cela commence avec La Mort d’Ivan Ilitch (1886), de Léon Tolstoï, où le personnage éponyme est un juge en pleine force de l’âge, mais atteint d’un cancer. La souffrance et l’approche du décès le forcent à regarder sa vie en face, à en mesurer l’inanité et à connaître ainsi une rédemption qui le réconcilie avec lui-même. Cent trente ans plus tard, deux autres juges, eux aussi victimes d’un cancer, sont au centre D’autres vies que la mienne (2009), d’Emmanuel Carrère à mi-chemin du portrait et du roman. Juliette y laisse sa vie à 33 ans et son collègue Étienne reprend ses dossiers de surendettement, sur lesquels il s’épuise à défendre les plus faibles contre la toute-puissance des organismes de crédits. La métaphore est parfois beaucoup plus radicale. Dans Mars (1976), Fritz Zorn (un pseudonyme qui signifie « colère ») fait ainsi de son cancer – qui l’emportera à 32 ans, quelques semaines après la parution de son unique livre – à la fois le sujet de son œuvre et une maladie sociale, le reflet de son éducation et de ses névroses dans une famille de la grande bourgeoisie genevoise. Le véritable nom de l’auteur ne sera connu qu’après sa mort. Il s’appelait en réalité Angst (« peur »)… Et comment ne pas citer Le Pavillon des cancéreux (1968), d’Alexandre Soljenitsyne, où les patients et les soignants de ce service de cancérologie d’un hôpital d’Ouzbékistan sont une métaphore de l’URSS qui sort à peine de la chape de plomb et de terreur du stalinisme (le roman se déroule en 1955).

La métamorphose

Dans ce grand questionnement de l’individu face au cancer, ce sont toutefois les héritiers d’Ivan Ilitch qui l’emportent, et le thème de l’épreuve est généralement traité de façon positive. Dans Le Journal d’un curé de campagne – le livre de Georges Bernanos (1936) comme le film de Robert Bresson (1951) –, le cancer de l’estomac du jeune prêtre d’Ambricourt, dans le Pas-de-Calais, participe de sa mystique. Persuadé que « tout est grâce », il va jusqu’au bout de son sacerdoce, face à des habitants rétifs ou tourmentés, et des supérieurs manquant de compréhension. Sur un mode plus laïc, Françoise Sagan reprend ce thème de la rédemption dans Un Chagrin de passage (1993). Son héros, jeune architecte frappé par un cancer du poumon, se tourne vers les femmes qui l’ont aimé pour retrouver le sens d’une vie qui s’échappe. L’œuvre la plus emblématique reste toutefois Vivre (1952), du grand réalisateur japonais Akira Kurosawa. Obscur fonctionnaire dans une administration de la mairie de Tokyo, où il rédige des formulaires, veuf et communiquant difficilement avec son fils et sa belle-fille, Kenji Watanabe apprend qu’il a un cancer de l’estomac. Se rendant compte de l’inanité de sa vie, il se met à courir les bars et à boire, sans y trouver de réconfort. Il rencontre alors une jeune femme, ancienne collègue, qui travaille désormais dans une fabrique de jouets. Séduit par sa vitalité, il décide de consacrer ses derniers mois à un projet qu’il avait ignoré en tant que fonctionnaire : il utilisera sa position pour mener à bien la construction d’un parc de jeux pour les enfants du quartier.

La face sombre du cancer

Mais il arrive parfois que l’issue fatale pousse à basculer du côté obscur. Dans L’Ami américain (1977), de Wim Wenders – tiré du roman Ripley s’amuse (1974), de Patricia Highsmith –, un paisible encadreur et restaurateur de tableaux (Bruno Ganz) apprend qu’il est condamné. Pour mettre sa femme et son jeune fils à l’abri du besoin, il accepte un contrat de tueur à gages. Mais ce n’est finalement pas la maladie qui emportera le tueur amateur. Dans le même registre, on s’en voudrait de ne pas citer la série américaine Breaking Bad (première saison en 2008 et quinze Emmy Awards). Après un diagnostic de cancer en phase terminale – qui ne l’empêchera toutefois pas de tenir cinq saisons –, un brillant professeur de chimie se reconvertit dans la fabrication et la vente de méthamphétamine, une drogue hautement addictive… Même si tout cela est de la fiction, pas question de finir sur une note aussi négative. On conclura donc ce survol avec un vieux cow-boy. Dans Le Dernier des géants (1976), de Don Siegel, John Wayne, atteint d’un cancer en 1964, joue son dernier rôle au cinéma (il mourra en 1979). Dans une étonnante mise en abyme, il y incarne justement un cow-boy atteint d’un cancer et qui rentre à Carson City, où il trouve du réconfort auprès de la patronne d’un hôtel (Lauren Bacall). Mais, plutôt que de se laisser gagner par la déchéance physique, il choisit d’affronter la mort droit dans les yeux, dans un dernier duel…

* La Ligue contre le cancer a apporté sa caution pour ces trois œuvres. 

 

 

PATRICE PINELL, Directeur de recherche émérite à l’Inserm, Patrice Pinell est docteur en médecine, sociologue et historien. Il est notamment l’auteur de Naissance d’un fléau. Histoire de la lutte contre le cancer en France (1890-1940)

« Toute maladie peut devenir métaphore. »

Quelles maladies occupent la place principale en littérature ?

J’en citerai trois. D’abord la tuberculose, profondément liée à la jeunesse et au romantisme – le poète tuberculeux –, avec ce double mouvement de l’exaltation des humeurs, puis de la consomption, autrement dit de l’individu qui se consume. Dans la littérature, c’est à la fois la maladie de la « grisette » et celle des classes riches, comme dans La Montagne magique (1924), de Thomas Mann, où Hans Castorp est en même temps attiré et fasciné par elle. Ensuite, la syphilis. D’un côté, elle est valorisée par ceux qui, comme Maupassant, disent exécrer la société bourgeoise, de l’autre, elle donne lieu à toute une littérature moralisante, insistant sur la dimension mortifère de la sexualité. Enfin, la folie, très présente par exemple dans tout le cycle des « Rougon-Macquart » d’Émile Zola, qui s’inspire beaucoup de la théorie de la dégénérescence de Bénédict-Augustin Morel, très en vogue dès le second Empire. Derrière la folie, il y a des éléments déclencheurs : l’alcool, la débauche, mais aussi une hérédité familiale.

Vous ne citez pas le cancer…

Le cancer n’apparaît que tardivement en littérature, avec La mort d’Ivan Ilitch de Tolstoï, à la fin du XIXe siècle. Contrairement à une idée reçue, la raison ne tient pas à un quelconque tabou. Dès sa création en 1918, la Ligue contre le cancer parle au contraire très ouvertement du cancer dans ses campagnes d’information et de mobilisation. Les débuts timides du cancer en littérature tiennent d’abord au fait que – contrairement à la tuberculose, maladie de la jeunesse –, c’est une pathologie de la vieillesse. Or la vieillesse n’est pas un objet littéraire. En outre, le cancer est souvent associé – à l’époque – à la « mauvaise mort », une mort annoncée et synonyme de déchéance, contrairement aux maladies cardiovasculaires.

En littérature, le cancer est aussi une métaphore…

Mais toute maladie peut devenir métaphore ! Dans son épître aux Galates, Paul, évoquant le mensonge, parle ainsi de la parole qui « dévore comme un cancer ». On parle des fièvres révolutionnaires, tandis que les nazis – la peste brune – évoquent le bacille juif… Au-delà de ces associations directes, le cancer va aussi devenir le support d’une rédemption. Alors que les maladies des siècles précédents disparaissent progressivement des pays développés, il devient le symbole de l’épreuve, celle qui amène à s’interroger sur le sens de sa vie et à faire des choix. C’est sous cet aspect qu’on le retrouve souvent dans la littérature du XXe siècle.       

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